En premier lieu, il est bon de préciser que les
spywares ou espiogiciels ne sont nullement des virus car ils ne visent pas à détruire les données de votre machine. Ce sont simplement des logiciels qui communiquent à votre insu vos données personnelles voire même dans le pire des cas, qui utilisent une partie de vos ressources systèmes.
Le spyware est donc un petit programme intégré dans un logiciel, souvent gratuit, dont le but est d'épier vos habitudes de travail et centres d'intérêts et de les communiquer à un tiers (créateurs et éditeurs de logiciels, sociétés marketing, régies publicitaires) qui en fait usage afin de vous proposer des services marketing ou des publicités ciblées non sollicitées. L'
adware quant à lui se borne à afficher des bannières publicitaires souvent gênantes sur votre écran lors de la navigation Internet. Certains programmes gratuits comme Kazaa, pour ne citer que le plus connu, contiennent à la fois des spywares et des adwares.

Enfin, le troisième type de logiciel espion est le
dialer, un logiciel qui contacte, sans vous demander votre avis, un autre site via une connexion téléphonique avec un numéro surtaxé ! Généralement, vous tomberez sur des dialers en parcourant des sites à caractère pornographique ou aux contenus illégaux (sites de logiciels pirates, warez, crackz).
Pour résumer, les spywares, adwares et dialers prennent places sur vos machines lors de l'installation de programmes (freewares, sharewares, CD et DVD de certains magazines) et lorsque vous naviguez sans être bien " protégé ".
Point de vue légal et fonctionnement économique des dispositifs intrusifs

D'un point de vue légal, lorsque l'utilisateur lambda installe un logiciel, la licence d'utilisation l'informe à l'avance sur la présence d'un ou de plusieurs spywares, donc il n'y a aucun problème juridique ! Cependant, il faut nuancer la chose car les clauses concernant le traitement automatisé de l'information personnelle sont bien souvent écrites en petits caractères illisibles, en anglais, traduction approximative de l'anglais vers le français, voire même absentes ! En fait, comme le précise la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL), le spyware devient en soi illégal lorsqu'il n'y a pas eu de consentement exprès, c'est-à -dire un accord qui exprime formellement la volonté de la part de l'utilisateur.
Le fonctionnement économique qui se dissimule derrière les espiogiciels est très facile à comprendre. Ce sont des sociétés (Altnet, Brillant Digital Entertainment, Cydoor…) qui rémunèrent certains éditeurs de logiciels payants ou gratuits pour y introduire leurs logiciels espions ou bannières publicitaires. Le but de ces sociétés est de glaner un maximum d'informations sur vos habitudes de navigation Internet, vous cibler géographiquement, voir l'utilisation que vous faites de votre ordinateur, les programmes que vous utilisez le plus fréquemment. Toutes ces informations collectées servent à alimenter les bases de données de sociétés (éditeurs, PME, services marketing…) et d'établir des profils ciblés, destinés à leur usage personnel ou à la revente à des tiers qui en feront usage. Tout ceci, bien entendu, pour vous vendre des services adaptés sous forme d'emails non sollicités (spams), vous inciter à la consommation de produits commerciaux ou encore à la fréquentation d'autres sites avec des fenêtres pop-up qui s'affichent au-dessus et pop-unders en dessous.
Pourquoi les spywares / adwares sont-ils acceptés par les éditeurs et sites Internet ? Tout simplement parce que les éditeurs de logiciels comme Sharman Networks, éditeur du célèbre KaZaA, Speedbit Ltd. pour son accélérateur de téléchargement Download Accelerator Plus ou encore Microsoft et son MSN Plus, vivent largement du reversement de la publicité. Ces concepteurs et éditeurs perçoivent une rétribution qui varie en fait selon le nombre d'installations des programmes. En gros, plus un programme sera utilisé et téléchargé et plus les spywares qui l'accompagnent le seront aussi. Donc, en conséquence, plus généreuse en sera la rémunération pour l'éditeur !