La fondation
Apache Software Foundation, à laquelle le monde de Java doit de nombreuses implémentations open source, est actuellement en conflit avec
Sun, le fondateur du langage.
Avant de rentrer dans les détails du problème, il est important de résumer le contexte. Tout d'abord, rappelons ce qui se cache derrière Java :
- Java : un langage de programmation 100% objet, avec sa syntaxe propre, proche du C++, et sa philosophie (les spécifications du langage)
- Java Core Library : des bibliothèques de fonctions intégrées au coeur du langage
- Java Virtual Machine : une machine virtuelle permettant de faire fonctionner les programmes écrits dans le langage Java (implémentations spécifiques à l'environnement d'exécution : Windows, Mac, Linux, PDA...)

En raison de sa
licence propriétaire, ce langage est depuis longtemps boudé des développeurs pour Linux, puisque ce dernier ne contient que du code sous licence libre.
Aussi, la fondation Apache a lancé en mai 2005 le
projet libre Harmony, visant à proposer une alternative open-source complète à la plate-forme de Sun (et pouvant donc notamment être intégrée à Linux).
Afin d'être crédible auprès des utilisateurs,
Harmony doit cependant obtenir la certification J2SE (Java 2 Standard Environnement) qui garantit officiellement une compatibilité complète avec les spécifications de Java. Techniquement, cette certification s'obtient en utilisant un kit de test de compatibilité, appelé JCK (Java Compatibility Kit).
Une licence trop restrictive au goût d'ApacheJusque là, aucun problème en apparence. Pourtant, la Fondation Apache vient d'écrire une
lettre ouverte à Sun, dans laquelle elle lui demande de modifier la licence du JCK, trop restrictive selon elle, en raison des droits de propriété intellectuelle qu'elle impose, et dans laquelle elle demande à Sun de lui fournir sous 30 jours une version acceptable de la licence, où une explication publique de pourquoi elle ne peut le faire.
Accusée de ne pas respecter ses engagements, et de vouloir favoriser ses solutions au détriment des alternatives, Sun a rapidement
réagi sur son blog et déclare avoir pris note de la requête. Cependant, l'éditeur explique qu'il travaille avec de nombreux collaborateurs, et que dans ce contexte, il faut parfois "
accepter d'être en désaccord ". Affaire à suivre...