Ah, les bons vieux jeux à l'ancienne (pléonasme), les prises de tête à n'en plus finir, les lancers de manettes à travers la pièce... comme tout cela peut manquer au joueur qui a connu des temps pas si lointains ou finir un jeu n'était pas qu'une question de temps. Oui, cela peut étonner les plus jeunes ou les moins habitués, il fut une époque où le jeu vidéo se plaisait à torturer ses aficionados en lui proposant des titres qui faisaient friser la crise de nerf tant la difficulté se révélait ardue. Mais voilà, à l'époque, les limites de la technique pouvaient justifier cela tant la capacité de contenu et les approximations de jouabilité étaient criantes.

Alors faire un jeu "à l'ancienne" de nos jours tenait à peu près autant de l'anachronisme le plus total que tenter de filer une Master System premier jus à un gamin de 10 ans. Le risque de se retrouver le bec dans l'eau était énorme. C'est donc à ce dilemme qu'ont été confrontés les développeurs de Tecmo lorsqu'ils se sont lancés une première fois dans l'aventure Ninja Gaiden en 2004 : faire un jeu dans la tradition de ses illustres ainés et en même temps utiliser les nouvelles technologies sous la main pour lui donner des allures de jeune premier.

Quand en plus on se dit que la version PS3 est une refonte de cela, on prend alors toute la mesure de ce qu'a pu être la tache des différentes équipes qui ont planché dessus. C'est ainsi tout l'esprit old school des jeux vidéo que l'on retrouve dans Ninja Gaiden Sigma dans sa version PS3. Car si la difficulté est présente, on n'y perd pas non plus ses petits avec l'histoire, la progression ou le gameplay. Vient alors la grande question : jeu à l'ancienne dépassé ou inversion avant-gardiste de la mode des jeux à venir ?