Nouvelle gamme de super-ordinateurs Cray Opteron

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La puce pour serveurs Opteron d'Advanced Micro Devices pourrait être pour le fabricant de super-ordinateurs Cray l'occasion de se replacer dans la guerre commerciale que les poids-lourds de la spécialité se livrent.

La puce pour serveurs Opteron d'Advanced Micro Devices pourrait être pour le fabricant de super-ordinateurs Cray l'occasion de se replacer dans la guerre commerciale que les poids-lourds de la spécialité se livrent.


Un passé chargé d'histoire
CrayEn introduisant deux nouvelles familles de super-calculateurs basées sur l'architecture Opteron, le fabricant américain Cray espère non seulement relancer ses ventes, mais aussi et surtout diminuer ses coûts, et par voie de conséquence le montant de la facture qu'il adresse normalement à ses clients. Cray est devenu dans le monde informatique synonyme de performances et prix élevés, ce qui, en ces temps d'incertitude économique, a un peu pénalisé l'un des précurseurs en matière de calcul. Fondée en 1972 par Seymour Cray, la firme, initialement basée dans le Wisconsin, a développé son premier bébé pendant quatre ans, avant de dévoiler le Cray-1 en 1976. Ce super-calculateur à architecture vectorielle, mu par un processeur 64-bit cadencé à 83MHz, et doté de 8Mo de mémoire vive, pouvait alors effectuer quelque 166 millions de permutations par secondes, soit peu ou prou ce qu'un ordinateur personnel de la fin des années 90 serait un jour capable de faire. Le joujou pesait alors plus de 5 tonnes, coûtait environ 700.000 dollars US, et nécessitait du fréon (un gaz à effet de serre, mais qui s'en souciait alors ') pour son refroidissement. En 1985 sortait le Cray-2, premier ordinateur à passer le cap du gigaflop (un milliard de permutations par secondes) ; il emportait deux ou quatre processeurs cadencés à 283MHz et supportait jusqu'à 4Go de mémoire vive. Il fonctionnait sous Unix, et un exemplaire est toujours exposé au Musée des Arts et Métiers, à Paris*.


Et pour demain '
Une fois clos ce petit voyage au pays des souvenirs, on peut remarquer qu'au fil des ans, Cray s'est fait rejoindre, puis dépasser, par des concurrents aux dents aiguisées. Sun Microsystems, IBM, puis quelques firmes nippones (Fujitsu et NEC, notamment), ont investi ce secteur peu médiatique, mais ô combien lucratif, des super-ordinateurs. Ceux de Cray, particulièrement chers et lourds à mettre en oeuvre, pâtissaient de cette rivalité, au point que la firme passa en 1996 sous la tutelle de Silicon Graphics, lequel ne l'emporta pas en Paradis, puisqu'il fut mis en faillite dix ans plus tard. Revendu entre temps à la petite firme Tera Computing de Seattle, il donnera finalement son nom à la nouvelle entité, afin de capitaliser sur sa notoriété. Pour Cray, la survie passe désormais par la mise en cohérence de sa gamme de produits. Elle compte actuellement quatre modèles, aux architectures à peine compatibles, et Cray aimerait n'en faire qu'une, autour des processeurs Opteron d'AMD.

Le Cray XT4, dévoilé cette année, et enfin commercialisé, se verra rejoint l'an prochain par le XMT. Ces deux modèles sont directement issus du projet "Ranier", dévoilé il y a deux ans. Pour finaliser l'opération, Cray devra cependant espérer que l'administration américaine, par la voix de la DARPA (Defense Advanced Research and Development Agency), respecte ses engagements en matière de financement. Il faut dire que Cray s'est essentiellement tourné vers les militaires pour assurer sa survie, ce qu'il paie encore aujourd'hui par un relatif manque d'indépendance.

Le XT4 dérive de deux lignes de modèles : le XT3 développé pour le super-ordinateur de recherche Red Storm du Sandia National Laboratory, et le XD1 hérité du rachat par Cray d'OctigaBay. Le XT3 rassemble en amas (ou en grappe) des dizaines de systèmes de bas niveau, sous la houlette d'une puce SeaStar conçue par Cray. L'information transite par un réseau à grande vitesse, et sa célérité devrait faire un bond en avant sur le XT4, avec la conjugaison des processeurs Opteron (et de leur technologie HyperTransport) et de la nouvelle puce SeaStar2. L'héritage technologique d'OctigaBay se retrouve surtout dans l'implantation de puces à usage spécifique (FPGA, pour Field-Programmable Gate Arrays), auxquelles on confie des opérations simples et répétitives, dont le résultat est ensuite versé au processeur principal.

Cray pense déjà à l'après-XT4/XMT, avec son projet "Baker", qui combinera une puce SeaStar3 (nom de code : "Gemini") à l'HyperTransport 3.0 d'AMD, et pourrait permettre de diviser par dix les coûts de revient. Un bon moyen de se relancer face à ses concurrents.


* Source : Wikipédia
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