Dossier DiBcom et la TV Mobile

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CSA logoLorsque le CSA ( Conseil Supérieur de l' Audiovisuel )  a annoncé les noms des 16 chaînes faisant partie du premier lot de canaux attribués à la TMP ( Télévision Mobile Personnelle ) en mai 2008, on pouvait penser que le projet était en bonne voie après quelque retard déjà accumulé.

On notait bien à ce moment le flou concernant le rôle précis de chacun, et notamment pour savoir qui prendrait en charge initialement le coût de la création du réseau de diffusion broadcast ( voir la différence entre diffusion broadcast et diffusion unicast ) et on se demandait quel modèle économique attribuer à la TV Mobile.

Le CSA avait son idée et préconisait un accès par abonnement, comme dans le cas de la TV Mobile diffusée via les réseaux cellulaires par les opérateurs mobiles, et anticipait déjà qu'il faudrait attendre le premier semestre 2009 pour voir venir.


Des tensions grandissantes en 2008
Tout au long du second semestre 2008, l'inquiétude est montée graduellement en voyant les obstacles s'accumuler, à commencer par les désaccords entre diffuseurs de chaînes et opérateurs mobiles, chacun voulant que l'autre prenne en charge le gros du coût du réseau, qui représente un chantier de plusieurs centaines de millions d'euros, avec des contraintes réglementaires de couverture qui ne permettent pas spécialement de lambiner.

Ces tensions ont incité le gouvernement à s'intéresser à la question pour tenter de débloquer la situation, d'autant plus que, parallèlement, des portions de fréquences issues du dividende numérique ( passage de la diffusion de la télévision de l'analogique au numérique ) ont été attribuées à la TMP.

Or, ces fréquences font l'objet de fortes convoitises de la part de divers acteurs ( opérateurs, diffuseurs de télévision ) qui souhaiteraient les utiliser pour leurs besoins propres. Si personne n'arrive à s'entendre pour développer la TMP, la réservation des fréquences n'a plus lieu d'être et c'est tout un marché naissant qui pourrait ne jamais voir le jour.


2009, la recherche d'une solution concertée
nathalie-kosciusko-morizet.jpgNe voyant toujours rien venir début 2009, le gouvernement, par l'intermédiaire de la Secrétaire d'Etat à l'Economie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, a nommé un médiateur pour tenter de mettre d'accord opérateurs mobiles et diffuseurs, avec l'appui du CSA, prêt à faire quelques concessions sur les conditions de couverture du réseau...tandis que l'espoir d'un lancement reculait d'autant et était repoussé à 2010.

Malgré les efforts, les opérateurs sont restés de marbre, considérant que la diffusion de TV Mobile via les réseaux cellulaires était bien suffisante pour alimenter leur modèle économique jusqu'en 2011 au moins et ne voyant pas la nécessité d'investir dans un réseau DVB-H avant cette échéance.

Le médiateur a donc commencé à imaginer des solutions alternatives : confier la construction du réseau à TDF, utiliser la variante DVB-SH utilisant une communication satellite, faciliter l'adoption de la technologie DVB-H en imposant son intégration dans les terminaux mobiles, réaliser un déploiement en deux temps... Dans le même temps, d'autres acteurs se disent prêts à soutenir le développement de la TMP si ceux qui ont été choisis se désengagent.


Début 2010, toujours pas d'avancée significative
Nous voici début 2010 et l'horizon de la TMP ne s'est guère éclairci. Pourtant, de nouveaux arguments sont entrés en ligne de compte. Les opérateurs mobiles doivent désormais faire face à une explosion du trafic data généré par les clés 3G+ et les smartphones et il apparaît que les capacités des réseaux pourraient être saturées beaucoup plus rapidement que prévu.

Les opérateurs français se disent confiants tout en reconnaissant une hausse très nette de la consommation data, qui va encore s'accentuer en 2010. Or, les usages de TV Mobile pèsent lourd dans ce trafic et la possibilité de les dériver sur un réseau broadcast DVB-H pourrait devenir de plus en plus séduisante.

Par ailleurs, les expérimentations se poursuivent pour valider les schémas techniques du DVB-SH qui pourrait éventuellement finir par remplacer le modèle de la diffusion en DVB-H tel que prévu initialement.

C'est là une partie de l'argumentation de Yannick Lévy, président de DiBcom, dans une tribune libre parue au mois de décembre 2009 et que nous reproduisons ci-après. Nous en avons profité pour lui demander de préciser certains points avancés dans celle-ci.

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