Dossier Galileo : le GNSS à l'européenne

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Début 2007, et malgré le lancement d'un premier satellite de test, Giove A, en décembre 2005, qui a commencé à émettre, l'avenir de Galileo semble singulièrement compromis. A un an de son échéance initiale, le projet est presque au point mort et les industriels qui devaient assurer les deux tiers du financement n'ont pas réussi à créer la dynamique et le cadre nécessaires à son développement.

GPSPlusieurs possibilités s'offrent alors : en premier lieu, abandonner le projet, ce qui serait un coup très dur pour la crédibilité de l'Europe en tant que puissance technologique et politique et qui obligerait à revenir à la dépendance initiale face aux Etats-Unis, qui ont déjà bien oeuvré pour faire capoter le projet, évoquant des risques d'interférence avec leur système GPS, craignant également que Galileo ne puisse servir à diriger des missiles de puissances hostiles contre eux et offrant des garanties sur le fait qu'ils ne couperont plus le signal.

Les conséquences seraient également économiques, puisque il est estimé que plus de 100.000 emplois seront générés  par Galileo et que les opportunités du marché d'équipements et de services doivent représenter 10 milliards d'euros annuels, d'ici la prochaine décennie.


La voie du financement intégralement public
Mais une autre voie est aussitôt explorée, celle d'une prise en charge complète de l'ensemble du projet sur fonds publics. C'est ce qui va être discuté les mois suivants, au sein de débats houleux pour déterminer si Galileo vaut la peine d'être maintenu et pour décider où trouver les fonds supplémentaires, l'Europe n'ayant initialement prévu que de fournir 1,5 milliard d'euros sur les 3,4 milliards d'euros estimés pour l'ensemble du projet.

drapeau europeenC'est au mois de juin 2007 que l'idée d'un financement sur les fonds collectifs de l'Union européenne a été envisagée, parmi d'autres propositions, comme une participation exclusive des Etats-membres associés au développement du projet, avec des droits proportionnels sur l'exploitation future.

La décision concernant le budget de Galileo est votée en septembre 2007. La Commission européenne valide un prélèvement sur les fonds non exploités issus de la politique agricole commune, ce qui ne va pas sans quelques grincements de dents de la part des Etats qui souhaitaient bénéficier d'un retour de ces aides.

Si l'on sait maintenant où trouver l'argent ( il faudra encore plusieurs mois pour faire approuver ce schéma de financement ), il convient aussi d'organiser les industriels européens en conséquence. Pour éviter de se retrouver face aux blocages des années précédentes, un découpage de la mise en oeuvre en six lots est décidée, afin d'assurer un partage équitable des responsabilités et en imposant aux maîtres d'oeuvre une participation significative de PME européennes pour la sous-traitance.


Une relance sur fond de coopération et de concurrence
EGNOSPendant ce temps, les Etats-Unis et l'Europe se sont mis d'accord sur une coopération et une complémentarité des signaux GPS et Galileo, qui correspond en fait à un prolongement du système EGNOS ( European Geostationary Navigation Overlay Service ), un processus permettant d'améliorer la qualité des signaux GPS au-dessus de l'Europe ( un traitement comparable, WAAS, concerne les Etats-Unis ) par une correction depuis des stations au sol.

D'autre part, la Russie apporte la dernière touche, sous forme de trois satellites, à sa constellation Glonass, concurrente de Galileo, en vue d'un lancement commercial en 2009. L'ex-président Vladimir Poutine a suivi personnellement les évolutions de Glonass, mais il resterait quelques doutes quant à ses performances.

Enfin, les derniers développements de Galileo ( avril 2008 ) ont permis de valider la position de l' ESA en tant que superviseur du projet, suite à l'approbation donnée par le Parlement européen, permettant de lancer les appels d'offres pour les six lots concernés.

Signe positif pour la suite, le lancement réussi du deuxième satellite de test, Giove B, le dimanche 27 avril 2008, va permettre d'obtenir une validation technique avant le lancement des premiers satellites de la constellation Galileo, à partir de 2010, pour un lancement commercial désormais prévu en 2013.
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