Combien cela va-t-il coûter ?On l'a vu, le projet de portail de services et d'accès à Internet est crédité de 19 millions d'euros. Ce budget concerne le développement des techniques et l'équipement des trains, estimé à 250.000 euros par rame. Mais il faut également tenir compte du coût de la liaison satellite, correspondant à 80 millions d'euros pour une exploitation courant de 2008 à 2012.
Actuellement, le modèle économique n'est
pas encore validé. La période d'essai qui s'étendra jusqu'au mois de mars 2008 sera l'occasion d'évaluer différentes possibilités grâce à deux enquêtes qui y seront menées. Le choix d'une expérimentation menée sur le TGV Est Européen n'est pas anodin car il permettra également d'évaluer les attentes des voyageurs d'Allemagne, du Luxembourg et de Suisse et, pourquoi pas, d'exporter la technologie et son modèle commercial vers d'autres pays.

Selon les données du moment, la SNCF privilégie un modèle ouvert à tous ( 1ère et 2e classe ) qui pourrait tourner
autour de 3 € de l'heure pour l'accès à Internet et de
6 à 7 € pour la location d'un film. Il n'est pas envisagé de répercuter le prix du service sur les billets de train. Celui-ci sera donc uniquement à la charge des voyageurs souhaitant profiter du portail.
Gratuit pendant la phase de test, le portail aura vocation à devenir un service commercial. Si pour l'instant, l'offre vidéo ne comporte que des courts-métrages et des journaux d'information, la possibilité de visionner des films récents est à l'étude. De même, des services utilitaires ( achat de places de spectacle, location de véhicules ) seront progressivement intégrés.
Avec quelle configuration ?Chaque rame pouvant accueillir jusqu'à
50 connexions simultanées, les projections tablent sur 25 à 30 utilisateurs par voyage ( pour une rame de 350 passagers ) avec une répartition homogène des usages et donc de la consommation en bande passante du réseau WiFi.
Pour ce qui est du lien satellite, une optimisation est prévue pour une utilisation diurne réservée à la clientèle et aux mises à jour légères ( flux d'information actualisé toutes les 15 mn, météo deux fois par jour, etc ) et nocturne pour le téléchargement de contenus lourds, comme les offres vidéo, par exemple.
Typiquement, et du fait du coût de la connexion par satellite, l'idée est d'utiliser au maximum des
contenus locaux stockés sur des serveurs à bord du train et de n'utiliser la connexion que pour l'usage Internet des clients et la mise à jour périodique des contenus.

La transmission des données a également fait l'objet d'un développement technique particulier, reposant sur un protocole spécialement créé pour l'occasion, le
CRMA (
Code Reuse Multiple Access ) dérivé du standard CDMA (
Code Division Multiple Access ) couramment employé dans les réseaux de téléphonie mobile.
Enfin, l'architecture logicielle assurant les échanges entre les divers éléments et développée par Capgemini fonctionne sous
Linux ( FreeBSD notamment ), pour des questions et de coût et surtout de contraintes techniques. Le matériel informatique, durci et dont les composants répondent aux normes ferroviaires de résistance aux vibrations et aux instabilités électriques a été sélectionné par Alstom et utilise de "faibles" configurations ( processeurs cadencés à 630 MHz, 1 Go de RAM ) mais adaptées à l'environnement.