Les pirates informatiques redoublent d'imagination pour piéger leurs proies. Voici leur dernière trouvaille.
Une nouvelle méthode de piratage informatique est en train de faire son apparition. Inspirée du
"phishing", elle met en oeuvre des codes malicieux écrits en
JavaScript, et les professionnels de la sécurité informatique ont baptisé cette nouvelle famille de vermine
"JS/Wonka".
A la base, il s'agit de transposer certains caractères contenu dans une
URL (Uniform Ressource Locator), ou adresse Internet, ou de les remplacer par d'autres caractères
Unicode.
JavaScript a la particularité de convertir automatiquement les
caractères accentués dans leur équivalent non-accentué (par exemple,
pour passer de "é" à "e") et vice-versa, sans augmenter sensiblement
les besoins en ressources système. L'opération passe presque
complètement inaperçue, et ne demande pas une grande finesse d'écriture
pour être exploitée.
La plupart du temps, cette particularité du JavaScript est mise à profit par les pirates grâce aux
IFRAMES (
Inline Frames),
qui permettent aux navigateurs Internet, notamment Internet Explorer,
d'ouvrir certains liens sous forme de fenêtres de dimensions
inférieures à celles de la fenêtre principale.
Une fois l'URL "trafiquée" introduite dans la barre d'adresse suite à
un clic malencontreux sur un lien non sûr, le mal est fait, car
derrière cette adresse se cache un site qui n'a rien à voir avec celui
que l'internaute piégé comptait visiter...
En général, la redirection se fait en plusieurs étapes, profitant des
réseaux à haut débit et de la vitesse naturelle des navigateurs
Internet récents. Une fois le piège refermé, plusieurs symptomes
peuvent apparaître: filtre anti-popup désactivé apparemment sans
raison, résultats de recherches sur votre moteur favori assez éloignés
de ce qui était attendu, spywares en tous genres qui se jettent sur la
machine touchée, la liste est longue.
La plupart des navigateurs Internet sont sensibles à ces failles
JavaScript, y compris ceux renommés pour leur haut niveau de sécurité,
comme
Mozilla Firefox ou
Opera. Le problème provient pourtant moins de la nature des failles en question que de leur recrudescence. Selon la firme
WebSense, on dénombrait en
septembre dernier plus de
10.000 sites pirates employant ces méthodes pour piéger les internautes.
Il semblerait qu'un véritable réseau de piratage se soit constitué, car
certaines adresses sont enregistrées sous le nom de propriétaires
identiques, alors qu'elles sont supposées n'avoir aucun lien entre
elles.
Les trois-quarts de ces sites se trouveraient aux Etats-Unis. WebSense
met à disposition des internautes soucieux de leur sécurité
une liste de codes JavaScript (PDF) identifiés comme étant frauduleux.