Left Behind: grossier prosélytisme ou plaisir videoludique '

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En cette période de fêtes, « rejoice »* nous diraient les plus fervents des évangélistes américains.

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En cette période de fêtes, « rejoice »* nous diraient les plus fervents des évangélistes américains. Et au niveau videoludique, cette bonne parole s’incarne sous l’enveloppe aguicheuse – enfin, du moins dans son boîtier…– de Left Behind : Eternal Forces, un « jeu vidéo » dont nous vous avions déjà parlé précédemment.


L’Exode 20.13 VI : « Tu ne tueras point. »
Pour rappel, dans LBEF, une vieille conception chrétienne souvent métaphorisée et parfois explicitée par l’expression « Je te sauverai malgré toi ! » dans certaines productions américaines d’une finesse douteuse, est remise au (mauvais) goût du jour. Le joueur est en effet censé convertir de force les pauvres hères de New York alors que les clairons de l’apocalypse retentissent comme annoncé dans le « Livre des Révélations ».

Ainsi, le joueur se doit de faire œuvre de prosélytisme et, si dans sa très chrétienne action il est amené à occire un voire plusieurs de ces semblables / coreligionnaires, il devra faire acte de repentance en priant. Dès lors, il va récupérer des points de spiritualité. Tout un programme…


Je te tue, un merci suffira…
Vous l’auriez compris, là où un traditionnel jeu d’action met en scène diverses factions ennemies à combattre, LBEF se voulait novateur dans le gameplay implémenté par les développeurs. Annihiler ou convertir l’Autre dans un jeu vidéo, c’est tout comme, me direz-vous, le but étant de marquer des points, raser la base adverse ou conquérir tout le territoire en jeu.

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Or, si on passe sur un scénario un tant soit peu innovant (exhumer la Deuxième guerre mondiale devenait vraiment miasmatique…), c’est l’idéologie véhiculée par LBEF qui déchaîne les passions. Comme on le sait, aucune œuvre n’est innocente. Encore moins celles qui s’adressent à un public traditionnellement jeune comme celui des jeux vidéo.


Qu’est-ce que la littérature '
Adapté d’une série de livres et de bandes dessinées créées par Tim LaHaye (un évangéliste conservateur notoirement connu) et Jerry B. Jenkins, LBEF version vidéoludique se voudrait transvasif, i.e., un déplacement par contamination à l’intérieur d’une matrice. En gros, une espèce de clone uniquement différent d’un point de vue médiologique. Depuis dix ans à peu près, cette saga imprimée a été vendue à plus de 60 millions d’exemplaires dans le monde.

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Pour revenir à la polémique, l’association DefCon : The Campaign To Defend the Constitution, qui œuvre contre la montée du fondamentalisme religieux aux Etats-Unis, « un jeu brutal dans lequel des ‘born again christians’ (chrétiens littéralement ‘nés de nouveau’, comme George W. Bush, pour citer le plus notoire) doivent convertir ou tuer ceux qui n’adhèrent pas à leur idéologie, y compris des musulmans, des juifs et des catholiques. » « Dès que votre personnage a tué quelqu'un, vous devez demander la rédemption en vous agenouillant et en priant pour gagner des points », a déclaré à Reuters Clark Stevens, l'un des deux directeurs de Campaign to Defend the Constitution. « Je pense que le message sous-jacent est extrêmement clair », a-t-il conclu.


A chacun sa route, à chacun son chemin
A ce jour, la pétition lancée par DefCon contre Wal-Mart, la célèbre franchise de grande distribution qui écoule LBEF, a déjà reçu plus de 25 000 signatures. Par ailleurs, sur Amazon, un acheteur qui se décrit lui-même comme un « chrétien fondamentaliste », a commenté l’article avec les propos suivants : « ce jeu repoussant est une mauvaise parodie du message salvateur de Jésus »

Confrontation d’opinions oblige, sur Youtube, des lycéens expliquent à quel point Left Behind est un jeu « différent, basé sur une guerre spirituelle où le but est d’aider les gens » (sic). Laissons la parole au principal concerné, Troy A. Lyndon (et non l’antéchrist…), PDG de Left Behind Game Inc. : « Il n’y a pas de sang ou de gore dans Eternal Forces ».


Left behind3 smallProsélytisme peut-être, une daube, c’est certain
Quant au prosélytisme que lui reprochent certains, Troy A. Lyndon rétorque que « Left Behind n’est pas la Bible mais une histoire de fiction ». Un bon point qui achève d’établir le genre du jeu vidéo comme un médium comme un autre. Car cette polémique aurait bien pu concerner une nouvelle, un roman une pièce de théâtre, un film, un commentaire off


Quoi qu’il en soit, selon des critères purement videoludiques, Left Behind : Eternal Forces serait un « très mauvais jeu », dixit nos confrères souvent bien éclairés de Gamespot. Et rien que pour cela, il mérite nos anathèmes… Pire, une suite ainsi qu’un add-on semblent être programmés pour bientôt…


* Réjouissez-vous
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Le #146752
Roh merci Tov!! Ca fait plaisir de voir un follow-up sur ce bon jeu bien (étouffe)chrétien.
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Anonyme
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