Il y a aujourd'hui beaucoup de monde pour penser qu'après tout un
spyware n'est qu'un petit programme qui occupe un peu de mémoire et procure
beaucoup de satisfaction à un
adolescent prépubère de l'autre côté du
monde.
Et il y aura toujours beaucoup de monde pour minimiser les
problèmes liés à
la sécurité de l'information, comme il y a d'ailleurs
beaucoup de monde pour minimiser les problèmes de sécurité des biens et
des personnes.
Voilà maintenant un an que l'on peut observer le phénomène toujours
grandissant des
spywares. Ceux-çi, on l'a vu, ont notamment servi à
occuper un grand nombre de machines à une même tâche, la plupart de
temps l'envoi de
milliards de copie d'un même message, ou bien l'envoi
d'un
milliard de copies d'un même paquet (attaque par déni de service).
Les attaques par déni de service n'affectant que les entreprises, et la
plupart du temps les grandes,
peu de gens s'aperçoivent du coût en
bande passante (et donc des
spywares qui y sont liés) pour
l'entreprise, et donc pour eux.
Le pourriel quant à lui touche n'importe qui mais
semble de moins en
moins gêner, les antispam permettant de masquer le problème sous une
couche de vernis grand luxe. Le problème continue pourtant d'exister.
Ces deux indifférences étant, on constate que de plus en plus de gens
vivent en compagnies d'une multitude de
spywares en les acceptant.
Comprenez par là que de plus en plus de gens sont conscients de
l'existence de ces programmes malicieux mais que
de moins en moins de
gens prennent la peine de désinfecter leur ordinateur personnel. Il est
vrai qu'il est parfois éprouvant de retirer correctement ces
programmes, d'autant plus qu'il est fort probable que le fiston
en choppe un nouveau dimanche après-midi.
C'est donc dans ce climat de baisse de vigilance que la phase finale du combat des
spywares arrive à maturité.
Un an durant, ces petits programmes ont collecté multitude d'
informations personnelles sur vous.
Un an durant, ces petits programmes ont provoqué des attaques de déni
de service pour retenir l'attention d'administrateurs systèmes pendant
que leurs maîtres s'emparaient de la
base de données clients mal
protégée.
Un an durant que s'échangent à prix d'or ces
bases de données, et parfois légalement (voir
news).
Il est maintenant temps de subir l'attaque finale.
Certains d'entre vous en ont peut-être déjà été victime. Il s'agit,
pour le moment, de courriels. Des attaques par phishing personnalisées à
vos goûts, à vos couleurs. Il s'agit d'un courriel de
votre banque, à
votre nom, mettant en avant
votre numéro de téléphone,
votre adresse
mais aussi
votre numéro de compte. Il parait qu'il faudrait que vous
renouvelliez
votre carte bientôt (et après vérification de votre part,
c'est vrai) mais l'on aimerai vérifier que le numéro de l'ancienne est
bien celui que l'on croit. Il faudrait donc que vous répondiez pour
donner
votre numéro de carte.
Ces courriels là sont de plus en plus fréquents mais l'on peut imaginer
que dans avenir très proche ils se diversifient. On peut même imaginer,
devant les sommes collosales mises en jeux, que ces attaques par
phishing n'aient plus lieu sur Internet ...
Prudence et vigilance sont plus que jamais de mise pour
que l'information libre reste libre, pour que l'information privée reste
privée.