Piratage logiciel D'après eux, les pays africains doivent resserrer et améliorer les lois concernant la propriété intellectuelle si ils souhaitent vraiment bénéficier de nouvelles innovations en la matière.

Ainsi, lors d'une réunion de travail à Nairobi rapportée par nos confrères de l'AFP, les représentants officiels de l'industrie du logiciel comme ceux de Microsoft, ceux du gouvernement et des groupes de médias ont discuté à propos du piratage grandissant et des conséquences que cela engendre sur les économies locales. Abed Hlatshwayo, directeur de la lutte anti-piratage de Microsoft pour l'Afrique de l'est et du sud, a indiqué que le manque à gagner du piratage dans ces régions était évalué à 12,4 milliards de dollars, soit environ 9,8 milliards d'euros.

" Nous ne pouvons pas voir notre travail piraté. (...) Nous avons besoin que les choses changent de manière à ce que nous puissions tous contribuer à la croissance de nos économies à travers une base de travail effective sur les droits de la propriété intellectuelle, proposant plus d'éducation, encourageant une meilleure gestion financière au niveau des entreprises et un renforcement " des activités logicielles légales, a t-il indiqué.


De la difficulté d'imposer le logiciel authentique
Selon différentes études, une réduction de 10 % du piratage en Afrique et au Moyen-Orient pourrait propulser la croissance des entreprises logicielles et aboutir à des revenus d'environ 22,5 milliards de dollars, soit 17,8 milliards d'euros d'ici 2009. Seulement, les experts indiquent que ce ne sera pas chose aisée à mettre en place :

" Les gens ne veulent pas dépenser leur argent pour quelque chose qui est facilement disponible " précise James Kusewa, directeur de développement pour Dimensions Data, un éditeur logiciel de l'est de l'Afrique. " C'est difficile, mais les compagnies logicielles ont besoin de convaincre les gens de prévoir un budget Informatique et d'acheter les logiciels par des moyens prévus à cet effet pour mieux se rendre compte de la valeur d'un logiciel authentique, incluant les mises à jour de sécurité, les mises à jour de produits, la garantie, le support technique...tout ce qu'ils ne peuvent pas faire avec des copies piratées. " a t-il indiqué à l'AFP.

D'après des études menées par l'industrie, le piratage est si important dans certains pays qu'il est presque impossible de trouver une copie légale d'un logiciel. Ainsi au Zimbabwe, il est estimé à 90% le nombre de logiciels acquis illégalement. Le Bostwana et le Nigéria sont aux alentours de 82 % tandis que le Kenya fait un peu mieux avec 80 % de logiciels pirates. Toujours selon les experts, ces applications proviendraient de pays dans lesquels les lois sur le copyright sont relativement laxistes comme les Emirats Arabes Unis, le Pakistan, l'Inde, la Malaisie, la Chine ou bien encore l'Indonésie.