[Arte] Rithy Panh ~ 'S-21, LA MACHINE DE MORT KHMERE ROUGE'
Le
yoki
-> Ce lundi soir, 22h15, à l'occasion de la 'commémoration' du 30e
anniversaire du génocide perpétré par les communistes au Cambodge (17 Avril
1975 - 7 janvier 1979), Arte diffuse le documentaire "S21 - La machine de
mort kmere rouge.
* Fiche Arte :
http://www.arte-tv.com/fr/semaine/2...day=3,week,year 05.html
Bourreaux et rescapés du régime de Pol Pot se retrouvent vingt-cinq ans
après devant la caméra de Rithy Panh, dans l'ancien camp d'extermination
S21. Une réflexion implacable sur la mécanique totalitaire.
17 avril 1975. L'extension de la guerre du Viêt-Nam, les bombardements
américains et une guerre civile de cinq ans ont eu raison de la neutralité
du Cambodge. Sous la direction de Pol Pot, les Khmers rouges accèdent au
pouvoir. Populations déplacées, habitants chassés des villes, religion
interdite le pays devient un gigantesque camp de travail. Des
combattants adolescents deviennent les "matons" du camp d'extermination
S21, Tuol Sleng, à Phnom Penh. Ils extorquent des aveux, torturent,
exécutent ceux qu'on leur désigne comme les ennemis du parti : des hommes,
mais aussi des femmes et des enfants. Sur quelque 16 000 prisonniers
détenus à Tuol Sleng entre 1975 et 1979, sept survivront. Vingt-cinq ans
plus tard, Van Nath, un peintre qui doit sa survie au fait qu'il réalisait
des portraits de Pol Pot, tente de déverrouiller les mémoires en
interrogeant ses anciens bourreaux. La confrontation a lieu dans l'ancien
camp S21, transformé en musée du génocide
LES PETITS PLUS ~ L'humain et l'inhumain
Auteur de nombreux documentaires sur le Cambodge - notamment La terre des
âmes errantes, Grand Prix au Cinéma du réel en 2000 - et de longs métrages
de fiction (Les gens de la rizière, Un soir après la guerre), Rithy Panh
poursuit son travail de mémoire sur le génocide qui a eu lieu dans son
pays. Pendant plus de deux ans, avec l'aide de Van Nath, il a provoqué
rencontres et discussions entre victimes et bourreaux (commandants de
sécurité, tortionnaires, infirmiers), interrogeant inlassablement les
archives du camp. En réactivant les mémoires, il fait peu à peu émerger
tous les mécanismes de l'horreur : les gestes inhumains jusqu'à l'absurde -
"rejoués" par les bourreaux dans tout leur caractère répétitif et
violent -, les aveux inventés, la machine totalitaire de l'endoctrinement
et de la terreur. L'horreur n'est jamais montrée directement, sauf
peut-être dans les peintures de Van Nath. Elle est suggérée, de manière
persistante, par l'expression d'un regard, les photographies des victimes
fichées par le régime, les litanies du parti débitées sans hésitation,
vingt-cinq ans plus tard, comme si le passé refaisait irruption. Au plus
près de l'humain et de l'inhumain, ce qui a pour effet d'accentuer notre
malaise. Avec ce film qui saisit aux tripes, Rithy Panh réussit non
seulement à montrer une mémoire douloureuse en train de se construire, mais
nous pousse également à nous forger une conscience active de l'expérience
du génocide et du totalitarisme. Il parvient en même temps à établir, sans
aucun doute possible, des faits qui continuent d'être niés ou atténués. Son
film restera une référence.
* Entretien avec le réalisateur :
http://www.cinemasie.com/interviews/rithypanh/FR/
Extrait : "Certes en Allemagne on peut voir que malgré tout le travail sur
la mémoire qui a été fait il y a toujours des goupuscules nazis, mais c'est
justement pour ça qu'il faut vraiment travailler autour de la mémoire, pour
moi c'est essentiel. Moi je n'ai pas fait ce film parce que je suis fasciné
par l'horreur, je ne suis pas comme ça, je veux préserver la mémoire, leur
dire « L'évidence est là, vous ne pouvez pas nier ». Et il faut le faire
aujourd'hui, les survivants vieillissent et là vie a une fin. Tant qu'ils
sont là des deux côtés, il faut enregistrer, il faut archiver, c'est très
important pour les générations qui viennent. [] Le film essaie de
répondre à la question que tout le monde se pose : « Pourquoi ai-je dû
souffrir tout ça. Quand on voit ça, on sait quand même qu'il y avait une
idéologie derrière, les Khmères Rouges. C'est l'utopie communiste."
* A l'époque, M. Pol Pot bénéficiait pourtant du soutien de la gauche
française, cf. comment Le Monde (Jacques Ducournoy, 16 avril 1975) décrivit
le programme du FUNK : "Une société nouvelle sera créée ; elle sera
débarrassée de toutes les tares qui empêchent un rapide épanouissement :
suppression des moeurs dépravantes, de la corruption, des trafics de toutes
sortes, des contrebandes, des moyens d'exploitation inhumaine du peuple. Le
Cambodge sera démocratique, toutes les libertés seront respectées, le
bouddhisme restera religion d'Etat, l'économie sera indépendante, l'usage
de la langue nationale sera généralisé dans les services publics". A la
chute de Phnom Pen : "la ville est libérée", "l'enthousiasme populaire est
évident" (Patrice de Beer, 17 avril 1975), si ses 2 millions d'habitants
sont expulsés, c'est "de crainte qu'elle ne soit bombardée" (18 avril) et
"mettre le maximum de citadins au travail dans les champs" (30 avril).
Quand les premiers récits de massacres apparaissent, voici ce que Le Monde
en dit : "certains témoignages ne sont pas précis, d'autres se
contredisent, des personnes ont modifié leur version au fil des jours.
L'émotion, la colère ont pu pousser à des exagérations". Et quand quelques
semaines plus tard le monde entier était au courant des crimes des Khmeres
rouges, Jacques Ducournoy (18 juillet 1975) persistait dans l'éloge de Pol
Pot : "Ce peuple est à l'ouvrage jour et nuit, si l'on en croit
Radio-Phnom-Pen - qu'il n'y a aucune raison de ne pas croire en ce
domaine - tout le monde vit de la même façon, transporte, pioche,
reconstruit, repique, ensemence, récolte, irrigue, depuis les enfants
jusqu'aux vieillards. L'allégresse révolutionnaire a, parait-il, transformé
le paysage humain () Une société nouvelle est assurément en gestation
dans le royaume révolutionnaire"
anniversaire du génocide perpétré par les communistes au Cambodge (17 Avril
1975 - 7 janvier 1979), Arte diffuse le documentaire "S21 - La machine de
mort kmere rouge.
* Fiche Arte :
http://www.arte-tv.com/fr/semaine/2...day=3,week,year 05.html
Bourreaux et rescapés du régime de Pol Pot se retrouvent vingt-cinq ans
après devant la caméra de Rithy Panh, dans l'ancien camp d'extermination
S21. Une réflexion implacable sur la mécanique totalitaire.
17 avril 1975. L'extension de la guerre du Viêt-Nam, les bombardements
américains et une guerre civile de cinq ans ont eu raison de la neutralité
du Cambodge. Sous la direction de Pol Pot, les Khmers rouges accèdent au
pouvoir. Populations déplacées, habitants chassés des villes, religion
interdite le pays devient un gigantesque camp de travail. Des
combattants adolescents deviennent les "matons" du camp d'extermination
S21, Tuol Sleng, à Phnom Penh. Ils extorquent des aveux, torturent,
exécutent ceux qu'on leur désigne comme les ennemis du parti : des hommes,
mais aussi des femmes et des enfants. Sur quelque 16 000 prisonniers
détenus à Tuol Sleng entre 1975 et 1979, sept survivront. Vingt-cinq ans
plus tard, Van Nath, un peintre qui doit sa survie au fait qu'il réalisait
des portraits de Pol Pot, tente de déverrouiller les mémoires en
interrogeant ses anciens bourreaux. La confrontation a lieu dans l'ancien
camp S21, transformé en musée du génocide
LES PETITS PLUS ~ L'humain et l'inhumain
Auteur de nombreux documentaires sur le Cambodge - notamment La terre des
âmes errantes, Grand Prix au Cinéma du réel en 2000 - et de longs métrages
de fiction (Les gens de la rizière, Un soir après la guerre), Rithy Panh
poursuit son travail de mémoire sur le génocide qui a eu lieu dans son
pays. Pendant plus de deux ans, avec l'aide de Van Nath, il a provoqué
rencontres et discussions entre victimes et bourreaux (commandants de
sécurité, tortionnaires, infirmiers), interrogeant inlassablement les
archives du camp. En réactivant les mémoires, il fait peu à peu émerger
tous les mécanismes de l'horreur : les gestes inhumains jusqu'à l'absurde -
"rejoués" par les bourreaux dans tout leur caractère répétitif et
violent -, les aveux inventés, la machine totalitaire de l'endoctrinement
et de la terreur. L'horreur n'est jamais montrée directement, sauf
peut-être dans les peintures de Van Nath. Elle est suggérée, de manière
persistante, par l'expression d'un regard, les photographies des victimes
fichées par le régime, les litanies du parti débitées sans hésitation,
vingt-cinq ans plus tard, comme si le passé refaisait irruption. Au plus
près de l'humain et de l'inhumain, ce qui a pour effet d'accentuer notre
malaise. Avec ce film qui saisit aux tripes, Rithy Panh réussit non
seulement à montrer une mémoire douloureuse en train de se construire, mais
nous pousse également à nous forger une conscience active de l'expérience
du génocide et du totalitarisme. Il parvient en même temps à établir, sans
aucun doute possible, des faits qui continuent d'être niés ou atténués. Son
film restera une référence.
* Entretien avec le réalisateur :
http://www.cinemasie.com/interviews/rithypanh/FR/
Extrait : "Certes en Allemagne on peut voir que malgré tout le travail sur
la mémoire qui a été fait il y a toujours des goupuscules nazis, mais c'est
justement pour ça qu'il faut vraiment travailler autour de la mémoire, pour
moi c'est essentiel. Moi je n'ai pas fait ce film parce que je suis fasciné
par l'horreur, je ne suis pas comme ça, je veux préserver la mémoire, leur
dire « L'évidence est là, vous ne pouvez pas nier ». Et il faut le faire
aujourd'hui, les survivants vieillissent et là vie a une fin. Tant qu'ils
sont là des deux côtés, il faut enregistrer, il faut archiver, c'est très
important pour les générations qui viennent. [] Le film essaie de
répondre à la question que tout le monde se pose : « Pourquoi ai-je dû
souffrir tout ça. Quand on voit ça, on sait quand même qu'il y avait une
idéologie derrière, les Khmères Rouges. C'est l'utopie communiste."
* A l'époque, M. Pol Pot bénéficiait pourtant du soutien de la gauche
française, cf. comment Le Monde (Jacques Ducournoy, 16 avril 1975) décrivit
le programme du FUNK : "Une société nouvelle sera créée ; elle sera
débarrassée de toutes les tares qui empêchent un rapide épanouissement :
suppression des moeurs dépravantes, de la corruption, des trafics de toutes
sortes, des contrebandes, des moyens d'exploitation inhumaine du peuple. Le
Cambodge sera démocratique, toutes les libertés seront respectées, le
bouddhisme restera religion d'Etat, l'économie sera indépendante, l'usage
de la langue nationale sera généralisé dans les services publics". A la
chute de Phnom Pen : "la ville est libérée", "l'enthousiasme populaire est
évident" (Patrice de Beer, 17 avril 1975), si ses 2 millions d'habitants
sont expulsés, c'est "de crainte qu'elle ne soit bombardée" (18 avril) et
"mettre le maximum de citadins au travail dans les champs" (30 avril).
Quand les premiers récits de massacres apparaissent, voici ce que Le Monde
en dit : "certains témoignages ne sont pas précis, d'autres se
contredisent, des personnes ont modifié leur version au fil des jours.
L'émotion, la colère ont pu pousser à des exagérations". Et quand quelques
semaines plus tard le monde entier était au courant des crimes des Khmeres
rouges, Jacques Ducournoy (18 juillet 1975) persistait dans l'éloge de Pol
Pot : "Ce peuple est à l'ouvrage jour et nuit, si l'on en croit
Radio-Phnom-Pen - qu'il n'y a aucune raison de ne pas croire en ce
domaine - tout le monde vit de la même façon, transporte, pioche,
reconstruit, repique, ensemence, récolte, irrigue, depuis les enfants
jusqu'aux vieillards. L'allégresse révolutionnaire a, parait-il, transformé
le paysage humain () Une société nouvelle est assurément en gestation
dans le royaume révolutionnaire"

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yoki
Qu'en pense notre humaniste Dieudonné M'Bala M'Bala. Une nouvelle
"pornographie mémorielle" ??
[snip]
« Go away. »
--
Mehmet.
sà fspoubelle.
"Pnom Pen libérée!!"
joie de tous les moralistes.
--
UBU.
La conscience politique de classe ne peut être apportée à l'ouvrier que de l'extérieur.
Lénine in Que faire.