Centre de photographie de Lectoure : William Eggleston

Le
D. & J.P. Dubarry
EXPOSITION. --Le Centre de photographie de Lectoure organise à partir de
samedi une exposition consacrée à William Eggleston, le photographe qui a
fait entrer la photo couleur dans les musées

Scènes banales sur murs blancs
V ingt-deux photographies et un portfolio intitulé « Graceland », composé de
11 clichés. Soit un total de 33 ?uvres en couleur, encadrées sobrement de
bois clair, et pendues aux cimaises de trois salles courant sur un étage du
Centre de photographie de Lectoure. Avec cette exposition entièrement
consacrée à William Eggleston, qui débute ce samedi, celui-ci est en
ébullition.
Diantre, on a beau se trouver dans la ville où Louis Ducos-du-Hauron
inventa, en 1868, la photographie couleur, ce n'est pas tous les jours
qu'une ville du Gers peut se targuer d'accueillir l'un des monuments de
l'art photographique. « Eggleston est une référence historique. Il est celui
par qui la photographie couleur a été acceptée dans les musées à partir de
1976, après son exposition au MoMa de New York. Il est, à mon avis, bien
plus connu que des Européens tournés vers la photographie humaniste, comme
Henri Cartier-Bresson et Robert Doisneau », s'enthousiasme François
Saint-Pierre, le président du centre. Pardon pour l'offense, mais il nous
est tout de même permis d'en douter?


La demeure du King. L'une des deux parties de cette exposition est ainsi
consacrée à la maison d'Elvis Presley, à Memphis. Ce portfolio intitulé «
Graceland », du nom de la demeure du King, a été prêté à l'association par
le Fond national d'art contemporain.
Réalisé en 1983, l'artiste y a couché sur le papier des prises de vue allant
de l'intérieur de la bâtisse à une saisissante photo de la grille du portail
d'entrée donnant sur une ribambelle de magasins de souvenirs. À l'intérieur
de ceux-ci, on imagine aisément que le produit arrivant en tête des ventes
soit le fameux Elvis en plastique à poser sur le tableau de bord de votre
voiture et qui se dandine au rythme des trépidations de la route.
« L'ensemble de la série fait dans le kitsch, avec des couleurs pastel
tempérées par une composition et des cadrages très rigoureux », explique
François Saint-Pierre. La composition, une autre des caractéristiques du
parcours artistique d'Eggleston. Elle y est soignée, précise et parfois même
dérangeante avec sa propension à s'éloigner de quelques cheveux des canons
de l'esthétisme.


Univers quotidien. Deux autres pièces sont pour leur part réservées à
quelques-unes des photographies d'Eggleston acquises par le groupe Lhoist.
Celui-ci est en fait une entreprise belge centenaire spécialisée dans le
domaine de la chaux et de la dolomie, et qui collectionne l'art
contemporrain depuis 1990 : « Nous avons eu la chance de rencontrer, l'année
passée, Jacqueline d'Amécourt, conservatrice de la collection Lhoist, qui
arrive à acheter des ?uvres contemporaines des artistes les mieux cotés?
avant qu'ils ne soient trop chers. La collection est ensuite exposée au
siège de l'entreprise, à Bruxelles, et destinée aux employés. »

« Pour lui, n'importe quel sujet est valable »

Difficilement abordables au premier regard par le quidam qui se sera
aventuré dans cette exposition, les 22 photographies laissent songeur. Des
toilettes de son garage à la vue sur rue depuis un café, William Eggleston
s'attache à coucher sur le papier son univers quotidien. Des scènes banales,
en fait, pas forcément prises sur la route mais plutôt tirées de sa vie
passée à Memphis, Tennessee, dans le sud des États-Unis.
« Cet artiste a voulu remettre les choses à plat. Pour lui, n'importe quel
sujet est valable. C'est le regard qui va en fait faire la photo. Tout
devient donc digne d'intérêt », explique avec pédagogie le président de
l'association. Tout s'éclaire alors ; on comprend beaucoup mieux le coup des
toilettes posées dans un coin du garage.
Au second regard, en revanche, les photos d'Eggleston captivent. Les
couleurs, tranchées et flirtant avec la saturation, restent longtemps dans
l'?il, comme si la persistance rétinienne faisait des siennes. Tricot de
laine rouge sur ciel d'orage bleu sombre, le sourire de l'enfant tranche
avec les éléments qui se fâchent. On aurait également bien volontiers invité
cette Vénus callipyge aux longs cheveux auburn, plutôt que de la voir tendre
son billet de 20 dollars.


« Dandy de la photo ». Le vernissage de cette exposition aura lieu samedi.
Elle inaugure en fait le triptyque d'événements organisés par l'association
au cours de l'année : le Cheminement au mois de mai, puis l'été
photographique dans les villages. Samedi, William Eggleston ne sera pas
présent à Lectoure. Rien d'étonnant pour l'organisateur : « On le savait dès
le départ et nous n'avons même pas essayé de le contacter. C'est un dandy de
la photographie, très exigeant et quelque peu dans son monde. Nous
compterons en revanche sur la présence de gens qui le connaissent vraiment
bien. »
Vincent Gérard et Cédric Laty, coauteurs du film « By the ways : a journey
with William Eggleston », présenteront ainsi les images de leur rencontre
intimiste avec le photographe. Gilles Mora, spécialiste de la photographie
américaine et auteur de nombreux ouvrages sur ce sujet, sera lui aussi
présent pour une conférence posant la question d'Eggleston comme un
photographe régionaliste.
Samedi, à Lectoure, William Eggleston ne sera donc pas présent. Mais il est
fort à parier que les couleurs et les images de l'artiste risquent de rester
longtemps gravées au fond de l'?il de tous les visiteurs.
L'?il démocratique. Exposition organisée par le Centre photographique de
Lectoure, du 26 janvier au 23 mars. Ouvert tous les jours de 14 à 18 heures,
sauf le samedi. Vernissage ce samedi 26 janvier à partir de 15 h 30 avec une
après-midi consacrée à l'artiste.
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Ricco
Le #3503951
D. & J.P. Dubarry wrote:
EXPOSITION. --Le Centre de photographie de Rochefort sur Mer expose Palmer
Claude, le lieu est tenu secret pour l'instant
Il est en effet bien regrettable qu'on ne se soit pas penché sur le travail

de ce photographe régional, cette erreur est enfin réparée.
bon, moi je fais court, dans la mesure ou je ponds le texte moi même et ne
me contente pas d'un copié collé systématique et automatique
et ce Dubarry, il est comme l'armée, la " Grande Muette " bon qu' à recopier
les feuilles de chou locales


--
D. & J.P. Dubarricco

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