Films racistes / Films antiracistes

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Le #16584141
Films racistes / Films antiracistes
Posted août 19, 2008

Nous republions ici un article paru sur notre ancien blog, que le lobby
avait censuré, puis supprimé d'autorité en janvier 2008, sans autre forme
de procès. La liste des films ci-dessous est naturellement très loin d'être
exhaustive. Nous n'y avons pas intégré les analyses cinématographiques
publiées dans Le Fanatisme juif et dans La Mafia juive.

On a coutume de dire qu'en démocratie, les médiats constituent le "quatrième
pouvoir", après le pouvoir exécutif (le gouvernement), le législatif
(l'Assemblée) et le judiciaire. L'importance qu'a prise la télévision dans
notre univers quotidien vient sans doute démentir aujourd'hui l'ordre bien
établi des juristes et des politologues. La vérité est que les médiats, et
notamment la télévision, occupent une place essentielle dans le formatage
des esprits et la formation des opinions de nos contemporains. Point n'est
besoin de s'appesantir sur ce sujet. Et sur le petit écran, le cinéma est
encore le support le plus populaire pour faire passer un message dans les
masses, invitées de préférence à regarder les "coups de c?ur" des
programmes-télés, qui vont invariablement au film le plus chargé
d'humanisme et d'idéologie.

Le métissage

Le cinéma planétarien célèbre les vertus de la démocratie multiculturelle et
du métissage : il s'agit, sous une forme ou sous une autre, d'amener le
spectateur à concevoir un monde sans frontière et de lui inculquer la
tolérance envers "l'autre". Dès les années 50, un cinéaste cosmopolite
entendait sensibiliser le public au racisme de la société américaine. La
porte s'ouvre (USA, 1950) raconte l'histoire survenue au Dr Brooks, un
interne noir dans un hôpital. Il accueille un jour deux truands, Ray et
John Biddle, blessés au cours d'un hold-up. John meurt, et Ray accuse le Dr
Brooks de l'avoir tué? "Plaidoyer antiraciste qui suscita quelques remous à
l'époque", nous apprend le Guide des films de l'historien Jean Tulard
(2002). Le film est de Joseph Mankiewicz.

Les premiers films mettant en scène des couples mixtes sont pourtant si
surprenants qu'il a fallu traiter le sujet à part entière. En 1967, le
réalisateur américain Stanley Kramer a été l'un des premiers à faire
l'apologie du métissage aux Etats-Unis, à travers le film Devine qui vient
dîner ce soir. Kramer imagine une jeune beauté présentant son mari à ses
parents. Vous l'avez deviné, celui-ci est un noir, sympathique, cultivé,
intelligent, et dont le naturel désarmant et la gentillesse viennent à bout
de la méfiance instinctive et vicieuse des bourgeois blancs américains. Le
film remporta évidemment dix nominations aux Oscars. Il semblerait que la
production se soit tarie dans les années qui suivirent, mais il serait
nécessaire de pousser les recherches plus avant pour s'en assurer.

Police frontière (USA, 1982) est l'histoire d'un officier de l'immigration
américaine, qui surveille les clandestins du côté d'El Paso. Il est un jour
confronté à une situation cornélienne quand le bébé d'une jeune Mexicaine
est kidnappé pour être vendu à un couple stérile. On imagine que le film de
Tony Richardson entend nous apprendre la fraternité universelle.

L'idéal planétarien se manifeste avec beaucoup de succès dans le cinéma de
science-fiction. Steven Spielberg, dans E.T, l'extraterrestre (1982), nous
apprend à accueillir l'autre, l'étranger, ce qui est une très bonne chose
dans l'absolu. Star Trek, ce feuilleton-culte où toutes les minorités
ethniques sont représentées, est évidemment tout imprégné d'esprit
planétarien. Quelques détails permettent aux initiés de se repérer dans les
principes de la société Vulcain. Les scénaristes du feuilleton télévisé
sont Leonard Nimoy et William Shatner. Les méchants sont curieusement
représentés sous les traits d'hommes blancs, tandis que les gentils forment
une humanité multi-ethnique.

Il est certain, en tout cas, que ce type de message de sensibilisation a
connu un regain d'intérêt dans les années 1990. Dans Love Field (USA,
1993), Michelle Pfeiffer joue le rôle d'une belle blonde qui adore les
Noirs. Nous sommes en 1963, aux États-Unis, et le président Kennedy vient
d'être assassiné. Bouleversée, Lurene décide d'aller aux obsèques à
Washington, malgré l'opposition de son mari, qui joue le rôle du crétin de
service. Dans le car, elle fait connaissance avec un Noir et sa petite
fille. Mais celui-ci reste froid et distant. Le comportement de cet "homme
de couleur" lui semble louche, et l'enfant paraît avoir été kidnappé. A une
halte, elle décide alors d'appeler la police, juste avant de se rendre
compte de son erreur : cet enfant est bien sa fille, et si l'homme l'a
enlevée, ce n'était que pour la libérer d'un horrible orphelinat après la
mort de sa mère. S'étant amourachée de la petite, la belle blonde décide de
ne pas les abandonner, et fuit avec eux. La police est maintenant à leurs
trousses, convaincue que ce "nègre" a kidnappé à la fois un enfant et une
jeune femme blonde qui s'apprêtait à le dénoncer. La scène de violence
raciste a un peu tardé, mais elle est finalement arrivée, comme prévue :
tandis que la voiture volée est tombée en panne, notre Noir se fait
copieusement tabasser par trois sales cons de Blancs sur une route de
campagne. La belle blonde va alors le soigner dans une grange, et lui
offrir son corps. A partir de là, les jeux sont faits. A un motel où
l'attend son mari, jaloux et fou de rage, la bagarre éclate entre les deux
hommes. Le Noir, bon et débonnaire, aura évidemment le dessus sur le Blanc,
coincé, mesquin et "frileux", comme dirait Alain Minc. La fuite en avant ne
durera pas éternellement, on pense bien, mais tout rentrera dans l'ordre,
après les arrestations. La jolie blonde va divorcer, et se mettre en ménage
avec le Noir. Ce très beau film est signé Jonathan Kaplan. Ce réalisateur,
qui avait hésité entre la carrière de cinéaste et celle de rabbin, signe
ici un chef-d'?uvre antiraciste.

La mixité ethnique a été banalisée dans les années 90, et utilisée le plus
souvent comme aspect secondaire du film, auquel le public n'est pas censé
prêter attention. Les films de Quentin Tarantino, par exemple, ?uvrent dans
ce sens : dans Pulp Fiction (USA, 1993), on assiste aux délires meurtriers
d'un duo de choc, un Blanc et un Noir. Le chef du gang est un Noir ; sa
femme est une blanche complètement shootée. Dans Jackie Brown (1997), le
principal personnage est un Noir, trafiquant d'armes, dont la femme est une
petite blonde, là encore complètement camée. Dans Reservoir Dogs (1992),
les personnages sont des chiens enragés qui s'entre-dévorent dans un
impressionnant carnage. Ils sont tous blancs, et plus ou moins tarés.

En 1995, dans Liaison interdite, Paul Seed met en scène un soldat noir
américain pendant la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci souffre du mépris de
ses compagnons d'armes : ce sont des Blancs arrogants, méchants et
racistes. Avec un ami, il est affecté aux cuisines du mess des officiers,
où il rencontre Esther, une mère de famille dont le mari est parti au
front. Très vite, ils se sentent attirés l'un par l'autre. Mais leur
relation est mal vue : elle est anglaise et blanche, et il est américain et
noir.

Independance day, de Roland Emmerich (USA, 1995) a fait sourire : une
immense soucoupe volante envahit le ciel, libérant un nombre infini de
petites soucoupes qui prennent position au-dessus des plus grandes villes
du monde. Un informaticien new yorkais décrypte les signaux émanant des
étranges voyageurs. Ils ne sont pas du tout amicaux, et ils se préparent à
attaquer la terre. Les deux héros qui vont sauver la planète sont un Noir,
et un Juif hassidique. Ce n'est plus la peine de se cacher puisque le
public ne voit rien !

Men in black (USA, 1997) est un film qui nous apprend à accueillir
l'étranger, tous les étrangers, et mêmes les extra-terrestres. Nous ne le
savons pas, mais ils sont déjà nombreux à vivre parmi nous et à avoir pris
une forme humaine. Les membres d'une agence spéciale ultra-secrète sont
ainsi chargés de veiller à la régulation de ces flux migratoires d'un
nouveau genre et de garder secret l'existence de ces extra-terrestres afin
de ne pas alarmer la population. Nos deux super-agents spéciaux ? un Noir
et un Blanc ? sont ici amenés à traquer un Alien hostile, qui ne résistera
pas à l'efficacité de ce tandem de choc. Bien que les deux soient aussi
compétents l'un que l'autre, le Blanc est tout de même un peu fatigué.
C'est donc le Noir qui va continuer la lutte et profiter des faveurs de sa
nouvelle co-équipière ? blanche. Le film a été réalisé par Barry
Sonnenfeld, sur un scénario de Ed Solomon et une musique de Danny Elfmann.
Il a en outre été produit par Steven Spielberg. Tous sont des
extra-terrestres déguisés en êtres humains et des agents de la "Matrice".

"Du passé faisons table rase". A défaut de tirer un trait sur l'histoire
d'avant 1789, on pourra la traficoter un peu, tout doucement, afin
d'accoutumer le public a accepter l'univers cosmopolite et pluriel de la
société de demain. Il en est ainsi pour Les Mystères de l'Ouest (Wild wild
West, USA, 1999) : En 1869 aux Etats-Unis, des savants de renom ont
mystérieusement disparus. Le président Grant demande alors aux agents West
et Gordon de résoudre cette énigme. Un divertissement invraisemblable, dans
lequel le réalisateur Barry Sonnenfeld a eu la bonne idée de prendre un
acteur noir pour héros (Will Smith).

Le cinéma "anglais" connaît aussi cette tendance multiculturelle. Dans Dirty
Pretty things (Grande-Bretagne, 2002), Stephen Frears raconte l'histoire de
Okwe, un Nigérian clandestin, chauffeur de taxi le jour et veilleur de nuit
dans un hôtel. Celui-ci découvre un trafic d'organes humains qui se déroule
dans l'hôtel, mais aussi l'amour d'une jolie jeune femme blanche qui va lui
faire aimer la vie en Angleterre.

Dans Les larmes du soleil (USA, 2003), le réalisateur noir Antoine Fugua
dépeint une guerre civile entre tribus noires en Afrique. Une unité de l'US
Army est chargée de récupérer une jeune Américaine dirigeant un centre de
soins hospitaliers. Celle-ci, on s'en doute, est pétrie de principes
humanitaires ; à tel point qu'elle refuse de suivre Bruce Willis et son
commando de choc, si les blessés africains ne sont pas emmenés eux aussi.
Bruce Willis va donc désobéir aux ordres, et ira jusqu'à faire massacrer la
moitié de son unité pour sauver les Africains sous son autorité. Un
dialogue du film fait comprendre au spectateur que si les Américains
agissent ainsi, c'est pour "se racheter" de tous les crimes de l'homme
blanc commis dans l'histoire. Mais c'est oublier un peu trop facilement
qu'une bonne partie des Noirs vendus à l'époque de l'esclavage l'avaient
été par d'autres Noirs, qui n'avaient cure de vendre leurs frères de race à
des Blancs. Et si le réalisateur Antoine Fuga avait rappelé le rôle
accablant des commerçants juifs dans la traite des Noirs, sans même parler
des esclavagistes musulmans, dont le commerce dans l'Océan indien a duré
quatorze siècles, il n'aurait de toute manière jamais pu produire son film.

Voici un film catastrophe : Le jour d'après (USA, 2004). Après les volcans,
les tornades et les météores, le réchauffement de la planète provoque un
raz-de-marée suivi d'une vague de froid. Le film est plat et ennuyeux, mais
la fin est révélatrice de l'état d'esprit du réalisateur. En effet, les
peuples du Nord sont obligés d'émigrer vers le sud. Le président américain
déclare alors : "Les Américains, mais aussi de nombreux peuples sont
aujourd'hui les hôtes de ce que l'on appelait autrefois le Tiers-Monde,
nous étions dans le besoin et ils nous ont laissé entrer chez eux, ils nous
ont accueillis ; je leur exprime toute ma gratitude pour leur hospitalité."
Le message du réalisateur Roland Emmerich est donc clair : il faut que nous
laissions entrer tous les immigrés chez nous, car il est possible que
demain, dans un avenir? disons incertain, nous ayons besoin d'eux nous
aussi. Rappelons que Roland Emmerich est aussi le réalisateur
d'Independance Day, le film dans lequel la Terre est sauvée de la
catastrophe par un Noir et un juif hassidique. Sacré Roland !

La production française dans ce domaine est exemplaire : Dès 1988, dans
Romuald et Juliette (1988), Coline Serreau nous montre une histoire d'amour
interraciale. Romuald (Daniel A.) est le jeune PDG d'une importante
entreprise, qui tombe amoureux de la femme de ménage, une antillaise mère
de cinq enfants. Le scénario n'est évidemment pas très crédible, mais il
reflète bien la volonté d'inculquer la "tolérance" et l'ouverture à
l'autre.

Dans Itinéraire d'un enfant gâté (France, 1988), Claude Lelouch raconte
l'histoire d'un homme (J.-P.Belmondo) qui a soudainement abandonné sa
famille pour aller vivre en Afrique. Il réapparaît, deux années plus tard,
pour reprendre ses affaires. Ici encore, on se rend compte que le mariage
des Blanches avec des Noirs et des Sémites est une véritable obsession chez
les réalisateurs juifs.

Dans L'Union sacrée (France, 1989), deux flics sont obligés de faire équipe
dans une enquête sur un réseau islamiste, qui se finance par toutes sortes
de trafics. Le Juif Simon Atlan (Patrick Bruel) et l'Arabe Karim Hamida
(Richard Berry) se détestent cordialement. Et pourtant, face à
l'intolérance et au fanatisme des méchants islamistes, ils vont peu à peu
se lier d'amitié. Dans ce film, le Juif est un peu fou et sympathique,
tandis que le flic arabe est sérieux et efficace.

Le commissaire, joué par Bruno Kremer, parle à ses hommes dans un langage
direct : "Vous devez vous comporter comme des croisés, chargés de défendre
le monde occidental ! Avec ces salauds-là, tous les coups sont permis !" Il
faut comprendre ici que, contre les méchants islamistes qui menacent notre
belle démocratie multiculturelle, ce sont les Français de souche qui
doivent une fois encore aller au casse-pipe. Les islamistes sont évidemment
dépeints comme des bêtes féroces. Ecoutons l'un de ces dangereux tarés,
dont le réalisateur a surpris la conversation à la terrasse d'un café : "On
va transformer la vie de ce pays en cauchemar. Aujourd'hui on tape ici,
demain là-bas. Il n'y a pas d'innocents qui comptent."

Simon est séparé de Lisa, son épouse. C'est une goy, une petite française
bien mignonne qui adore les juifs, mais qui n'a pu supporter la vie avec
Simon, trop gosse dans sa tête. Lisa ne le supporte plus ; en plus, comme
elle l'explique à Karim, sa belle-mère a fait circoncire son fils alors
qu'elle-même n'a jamais imposé le baptême à l'église. Lisa s'occupe de
vernissages et d'expositions dans une galerie d'art. Quand un attaché
d'ambassade, un certain Rafjani se présente dans l'exposition de tapis
qu'elle a organisée, elle n'hésite pas à le sermonner sur le droit des
femmes dans son pays. Elles sont comme ça, les Françaises : moralisatrices,
donneuses de leçon, et surtout, ouvertes à tous les vents de l'Orient.
C'est comme ça qu'on les aime ! Et Lisa, qui a quitté le juif, va en effet
tomber sous le charme de Karim.

Mais il se trouve que ce Rafjani est aussi le chef du réseau islamiste ?
comme par hasard. Le quartier général de ce réseau mafieux a enfin été
repéré par nos deux super-flics. C'est un pseudo centre culturel. Les
islamistes, qui sont vraiment des gens très méchants, y torturent un pauvre
kabyle en lui fourrant un entonnoir dans la bouche et en lui versant deux
bouteilles de whisky dans le gosier. A l'intérieur, apprend-on, "c'est un
véritable arsenal ; on se croirait à Beyrouth". Se retrouvant face à
Rafjani, notre flic Karim n'hésite pas à lui lancer au visage : "J'ai honte
d'appartenir à la même race que toi !" C'est comme ça qu'on les aime, les
musulmans : divisés, pleins de ranc?ur et de honte, et prêts à
s'entre-tuer ! Rafjani, qui doit être expulsé du territoire, est vraiment
plein de haine : "Je me vengerai, dit-il, même si je dois mettre Paris à
feu et à sang. Allah Akbar !"

Autre scène : Lisa, notre petite Française bien mignonne, dîne au restaurant
avec Karim. Simon, qui est toujours amoureux d'elle, arrive de manière
impromptue : "Tu te tapes ma femme en cachette !" Toujours impulsif, Simon
décide de jouer la partie à la roulette russe : "Tu gagnes, tu gardes ma
femme". Très courageusement, il place le canon du revolver sur sa tempe et
tire : clic. Karim refuse de jouer à ce jeu stupide et se lève. Le juif
tire alors en l'air, et là, le coup part : "T'es mort, dégage !". Karim, ne
partira pourtant pas la tête basse et, très dignement, giflera Simon avant
de s'en aller. Et l'on note que, dans ce duel terrifiant pour la femme
blanche, le juif et l'Arabe savent rivaliser avec panache.

Mais les méchants islamistes entendent bien liquider ces deux flics trop
consciencieux. Ici a lieu une scène d'anthologie du cinéma français. Le
restaurant kasher de la mère de Simon est mitraillé en plein jour, comme à
Chicago ! Lisa, grièvement blessée, va mourir à l'hôpital. Au cours de la
cérémonie funèbre qui a lieu à l'église, Simon, plein de haine et de
vengeance, n'y tint plus et sort précipitamment. La cérémonie religieuse
catholique est évidemment perturbée (c'est comme ça qu'on les aime !) et
Simon s'enfuit. La scène qui suit nous montre Simon priant à la synagogue,
avec la kippa et le châle de prière sur la tête. On entend aussi son père
prier pour lui dans le restaurant : "Donne-lui la force, donne-lui la
rage !" Po po po !

Le diplomate islamiste est finalement expulsé sans que Simon ait pu assouvir
sa vengeance. Devant les caméras de télévision, Rafjani tente encore de se
faire passer pour une victime, se plaignant de la dureté de traitement que
lui a réservé "la patrie de Voltaire et d'Anatole France, protectrice des
opprimés" (ces islamistes sont d'une perfidie !). Fort heureusement, tout
ne finit pas si bien pour ce salaud d'islamiste, puisque l'on voit sa
voiture exploser dans la nuit, avec la Tour Eiffel illuminée en arrière
plan. Le film se termine sur ces quelques lignes qui apparaissent à
l'écran : "Simon et Karim ont sans doute rêvé cette vengeance. La loi du
talion ne sera jamais une réponse à la violence. Cette histoire est une
fiction. La réalité est toute aussi cruelle." C'est beau, non ?
Apparaissent alors les visages du juif et de l'Arabe regardant au loin
comme les statues d'un couple de prolétaires soviétiques. Bref, c'est du
grand cinéma. C'est signé Alexandre Arcady, qui ne s'est pas foutu de nous.
Aïe aïe aïe !

En 1989, Gérard Oury nous propose Vanille-fraise : Deux agents secrets ont
pour mission de faire sauter un navire chargé d'une cargaison de
missiles. "Il est noir, expert en explosif (et vachement sympa), nom de
code : Vanille. Elle est blanche, et nageuse de combat, nom de code :
Fraise !

En 1993, Matthieu Kassovitz signe le film Métisse : Lola est une "sublime
métisse antillaise" qui a deux amants. L'un est blanc, juif et rappeur, et
l'autre est noir, fils de diplomate et étudiant en droit. Elle leur fixe un
jour un rendez-vous commun pour leur apprendre qu'elle attend un bébé.
Entre les deux hommes, c'est d'abord la guerre. Mais le racisme entre le
Juif et le noir n'est pas bien méchant, et bientôt, ils vont faire une vie
à trois : le Juif, le Noir musulman et la métisse chrétienne. "Une comédie
tonique qui n'a pas peur ni du poids des traditions, ni du choc des
cultures", selon un grand hebdomadaire "PC".

Le film Un, deux, trois soleil, de Bertrand Blier (France, 1993) est un
modèle du genre : C'est la vie ordinaire et sombre de Victorine (Annouk
Grinberg, épouse du réalisateur), gosse de banlieue. Sa mère est folle, son
père alcoolique, et son premier amour a été assassiné par un beauf. Elle
calme sa violence, rencontre Maurice, qui lui fait deux enfants. Le flic
blanc, un imbécile, est marié à une mama noire qui lui donne des petits
métis. L'institutrice blanche ne rêve que de se faire culbuter par ses
grands élèves blacks et beurs. Jean-Pierre Marielle laisse sa porte ouverte
la nuit pour les petits voleurs noirs, et leur offre à dîner avec ces
mots : "Tu es la chance de mon pays. Quand tu seras grand, épouse une
Française, bien blanche."

Trop de bonheur (France, 1994) montre la vie de quatre adolescents dans le
midi de la France à l'approche de l'été : Valérie, Mathilde, Kamel et son
copain Didier. Ils se réunissent pour une soirée avec quelques autres dans
la villa de Mathilde en l'absence de ses parents. Kamel aime Valérie.
Musique, danse, alcool, émois affectifs, trahison, violence. Lorsqu'ils se
retrouvent quelques années plus tard, à peine se reconnaissent-ils. Kamel
vit maintenant avec Mathilde. Ce film qui porte l'estampille cosmopolite
est signé Cédric Kahn.

En 1997, le réalisateur Robert Guédiguian présente Marius et Jeannette : A
Marseille, Jeannette vit seule avec ses deux enfants, qu'elle a eu de deux
lits différents. La grande fille lui a été laissée par un salaud qui l'a
quittée : un con de blanc. Quant au fils de 12 ans, c'est un petit métis
d'Africain qui travaille très bien à l'école. Son père, qu'elle regrette,
parce qu'il était adorable, est malheureusement mort sur un chantier.
Jeannette rencontre Marius. C'est un grand gaillard taciturne qui est
vigile dans une usine désaffectée. Tous les personnages du film sont des
braves gens du petit peuple qui, pour certains, ne cachent pas leurs
sympathies communistes. Le film a naturellement été récompensé par un César
pour la meilleure actrice en 1998.

Bernard Stora est le réalisateur du film Un Dérangement considérable
(1999) : "Depuis l'enfance, Laurent Mahaut consacre toute son énergie à la
réalisation de son rêve : devenir footballeur. Embrasser la carrière
professionnelle permettrait en effet à ce joueur surdoué de mettre sa mère,
Rose, et ses deux demi-frères, Djamel et Nassim, à l'abri du besoin".

C'est encore Bernard Stora qui signe le scénario du téléfilm Une autre vie
(2004) : le jeune Malien Ismaël Traoré, est venu étudier la médecine à
Marseille, au grand désespoir de son oncle qui a arrangé son mariage. A
l'hôpital, il rencontre Marta, une jolie blanche, et délaisse sa jeune
femme africaine. Chez Bernard Stora, l'apologie du métissage semble être
une obsession : alors que dans le roman d'Emmanuel Roblès, le médecin est
un Blanc, Stora l'a remplacé par un Noir, pour sensibiliser le public à
cette question : un téléfilm qui trouve bien sa place dans "La semaine de
l'intégration" sur FR3.
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Le #16584121
Dans La Tresse d'Aminata (1999), Dominique Baron met en scène une
adolescente sénégalaise adoptée enfant par une famille bretonne.

Le Pacte des Loups (France, 2000), raconte l'histoire de la bête du
Gévaudan : une bête mystérieuse sévit dans les montagnes du Gévaudan en
1766, et fait de nombreuses victimes, sans que quiconque parvienne à
l'identifier et à la tuer. Les gens ont peur. C'est un monstre surgi de
l'enfer ou une punition de Dieu, on ne sait pas trop. L'affaire prend
rapidement une dimension nationale et porte atteinte à l'autorité du roi.
Le chevalier Grégoire de Fronsac est alors envoyé dans la région pour
tenter de mettre un terme au massacre. Il est accompagné de l'étrange et
taciturne Mani, un Indien de la tribu des Mohawks. Il est ceinture noire de
kung fu et met de sérieuses raclées aux paysans du coin, probablement très
racistes : un film de Christophe Gans.

Dans La ville est tranquille (France, 2001), se croisent les destins de
plusieurs personnages : Michèle, ouvrière à la criée aux poissons sur le
port de Marseille, est mariée à un chômeur alcoolique. Une fois sa dure
journée de travail achevée, elle doit encore s'occuper du bébé de sa fille
toxicomane, une adolescente qui se prostitue pour payer ses doses
d'héroïne. Viviane, bourgeoise d'âge mûr et professeur de chant, est
dégoûtée par le cynisme de son époux. Elle tombe amoureuse d'un de ses
anciens élèves, le jeune Abderamane? Le réalisateur est aussi celui de
Marius et Jeannette, film dans lequel on retrouvait aussi cette obsession
du métissage de la race blanche : il s'agit de Robert Guédiguian.

Fatou la malienne (France, 2001) a 18 ans. Elle est née en France de parents
maliens, et vient d'avoir son bac. Elle travaille dans un salon de coiffure
afro de Paris. Elle est jolie, gaie, pleine de vie et d'ambition. La
famille malienne est parfaitement intégrée, comme on l'imagine. Le papa
travaille comme épicier. L'appartement est très propre est très bien
décoré. Les costumes africains de toutes les couleurs sont splendides :
c'est comme au théâtre. Hélas, les parents de Fatou décident de la marier à
son cousin qu'elle n'aime pas, et elle se retrouve littéralement séquestrée
au sixième étage, à côté de l'appartement de ses parents, sans avoir aucune
possibilité de fuir. Mais Fatou va s'en sortir grâce à sa copine Gaëlle,
une jeune Française qui n'a pas froid aux yeux et qui s'éclate avec ses
copains arabes. C'est comme cela qu'on les aime ! Gaëlle va donc délivrer
sa copine Fatou et l'emmène chez elle en Bretagne, ouvrir un salon de
coiffure. Ainsi, la Bretagne s'enrichira de nouveaux petits Bretons. Le
film de Daniel Vigne, présenté par Fabienne Servan-Schreiber, a évidemment
reçu un 7 d'or en 2001. "Une réussite" selon l'Express ; "remarquable"
selon France Soir ; "bouleversant" selon Télé 7 Jours.

En 2003, le réalisateur Olivier Lang signe un épisode de la série Docteur
Dassin, généraliste, intitulé Des secrets trop bien gardés : "Dassin est
confronté à un couple peu ordinaire : un Français de cinquante ans,
entraîneur sportif, et une Africaine de dix-huit ans, qui vit dans une
dépendance à son mari que Dassin trouve suspecte".

Dans L'Homme qui venait d'ailleurs (France, 2004), François Luciani raconte
l'histoire de Pierre, un médecin antillais, qui reprend le cabinet d'un
confrère dans un village charentais. Nous sommes en 1893, et personne n'a
jamais vu un homme de couleur. Evidemment, notre médecin est tout ce qu'il
y a de plus sympathique. Il est libéral, grand, généreux, il porte bien, il
est plein de bonté et de sagesse. En face de lui, François Luciani nous
montre des Blancs méfiants, incultes, qui ne lui arrivent pas à la
cheville. Comme les clients boudent son cabinet, il n'y tient plus : "-
Mais pour qui se prennent-ils ces gens-là, dans leur pays de froid et de
pluie !" Un jour, dans un zoo ambulant, il voit des frères de race enfermés
dans une cage derrière un panneau où est inscrit "cannibales". Les Blancs,
évidemment, ricanent bêtement, méchamment. Son sang ne fait qu'un tour,
mais la fâcherie ne va pas durer bien longtemps, car il a grand c?ur. Déjà,
la plus jolie femme du pays semble éprise de lui. Dans une autre scène, la
bonne de notre médecin nous apprend qu'à l'usine, le contremaître, a
l'habitude de se taper toutes les ouvrières, et quand celles-ci tombent
enceintes, elles sont obligées de partir. "- Ce n'est pas la pitié qui les
étouffe, tous ces gens qui vont à la messe le dimanche", lâche-t-elle. La
religion catholique, évidemment, est la religion des salauds et de
l'hypocrisie. Autre scène encore : une épidémie s'étend dans le village ;
lorsque le brave médecin se rend compte de son importance, il entre dans la
salle du conseil municipal où s'interrogent les quelques notables. Bien
entendu, le racisme des méchants l'empêche de siéger au conseil. Il
s'impose néanmoins par sa supériorité naturelle, et s'exclame : "-
Messieurs bravo ! A force d'avarice et de bêtise, vous êtes parvenus à vous
mettre à dos une épidémie de choléra !" Mais qu'importe, l'important est
qu'il ait trouvé un c?ur tendre dans cet océan de bassesse. Nous avons ici
assurément l'estampille cosmopolite. François Luciani est d'une famille de
rapatriés d'Algérie, tout comme le réalisateur-acteur Roger Hanin. Il a
réalisé ici un très beau film contre l'intolérance.

Dans le même esprit, la série télévisée française PJ (Police judiciaire)
reflète assez bien la volonté obsessionnelle de sensibilisation des masses
par des histoires toujours très "politiquement correctes". Un épisode de ce
feuilleton plante le décor : une cité de banlieue. Des coups de feu sont
tirés sur un groupe de "jeunes" qui écoutent de la musique un peu trop
fort. Un des flics - une fliquesse - est une militante d'extrême-droite.
C'est seulement par la suite que l'on découvre qu'elle a un fils qu'elle
cachait, et qui est métis. Le père est en fait un Antillais, membre du
service d'ordre du FN ! Ce scénario pour le moins "capilotracté", est signé
Alain Krief.

En 2004, le cinéaste Edouard Molinaro nous a offert Les C?urs des hommes :
Un avion sanitaire, en provenance du Congo, vole vers Paris, avec à son
bord des enfants qui doivent être opérés. Une équipe de médecins français
tombe sous le charme de ces adorables gamins qui sont la France de demain.
Dans Si j'avais des millions, le scénariste Philippe Niang paraît lui aussi
obsédé de mettre en scène la mixité ethnique, puisqu'il récidive dans Un
bébé noir dans un couffin blanc. On verra dans un autre chapitre que les
noms asiatiques sont parfois trompeurs.

En 2005, Claude Berri nous a offert L'un reste, l'autre part, (avec un
casting ethnique : Daniel Auteuil, Pierre Arditi, Charlotte Gainsbourg,
Nathalie Baye et? curieusement, Miou-Miou). "Deux amis de longue date,
Daniel et Alain, la cinquantaine, mariés tous deux depuis une quinzaine
d'années, vont rencontrer l'amour. Pour Daniel, ce sera Judith (on se marie
dans la communauté) au moment où le fils qu'il a eu de sa première femme
Anne-Marie, devient tétraplégique à la suite d'un accident de moto. Alain,
lui, rencontre Farida, une jeune Sénégalaise qu'il a engagé comme vendeuse
dans sa boutique d'art africain." En 2005 encore, la série télévisée "bien
française" Plus belle la vie nous montre systématiquement des jeunes femmes
blanches avec des Noirs, tandis que les jeunes hommes blancs jouent le rôle
des homosexuels. Les scénarios sont signés Olivier Szulzynger.

La série télévisée P. J. (Police judiciaire) ? une série "bien française" ?
présentait ce vendredi 19 août 2005 un épisode sur l'antisémitisme : Un
cocktail molotov a été lancé dans une synagogue. C'est Agathe qui se charge
du dossier, ce qui lui permet de renouer avec sa religion. Les suspects
défilent alors dans les locaux de la police. Un jeune Arabe insolent laisse
entendre ? incroyable ! ? que "les chambres à gaz n'ont pas existé". Folle
de rage, la fliquesse se jette sur lui avant d'être retenue par ses
collègues. Un deuxième suspect standard arrive ensuite dans les locaux pour
être interrogé. C'est un colosse noir, qui ne laisse pas lui non plus une
bonne image de la jeunesse immigrée. Le troisième homme est un blanc
d'extrême-droite, qui paraît plus humain, et même presque sympathique en
comparaison des deux autres. Les Français de souche n'étaient pas habitués
à tant d'égards, il faut le dire, mais les temps évoluent : en ce tout
début de XXIe siècle, la communauté s'est rendue compte que
l'extrême-droite française, diabolisée depuis longtemps par le système
médiatique, représente un danger moindre que ces bandes d'immigrés
fanatisés que l'on a fait entrer sur le territoire. Pourtant, ce ne sont
pas ces personnes qui seront les coupables, mais un quatrième suspect, un
jeune Juif en rébellion contre ses maîtres de la communauté loubavitch.

Un de ces rabbins est d'ailleurs interrogé dans les locaux de la police.
C'est en effet un religieux qui donne le sentiment de vivre sur une "autre
planète", récusant toute conception du bonheur offert par la société
libérale occidentale. Entre les mains de pareil spécimen réactionnaire,
notre jeune juif épris de "fun" et de liberté a alors craqué. Ce scénario
répondait en fait à quelques affaires du même ordre qui avaient défrayé
l'actualité du moment. En août 2004, effectivement, un incendie avait été
perpétré dans un centre social juif parisien. L'affaire avait fait grand
bruit, comme d'habitude, dès lors que l'on marche sur le pied d'un
représentant de la sainte communauté. Mais il s'était avéré que le coupable
n'était autre qu'un juif marginal et déclassé, que l'on s'empressa de
qualifier de "malade mental". Enfin, tout n'est pas perdu dans cet épisode
qui finit même plutôt bien, puisque l'autre petite fliquesse est
enceinte : "? C'est Karim ? ? Non, non, répond-elle. Je ne te le dirai pas.
Mais il y a un point commun avec Karim." Ce feuilleton tout imprégné
d'idéologie est signé Gilles-Yves Caro, sur un scénario de Brigitte Coscas.

Autre feuilleton : Joséphine, ange gardien, La Couleur de l'amour (France,
2005). "Engagée comme employée agricole dans la ferme des Revel, Joséphine
fait la connaissance du propriétaire Thomas, qui va épouser Aminata, une
jeune Sénégalaise rencontrée sur internet. Malgré ses efforts, Aminata ne
parvient pas à se faire accepter par Claudine, sa belle-mère". On imagine
que cette dernière est un tantinet raciste, bornée et bigote. Ce téléfilm
est signé Laurent Lévy. Pour TV Grandes Chaînes, c'est assurément "un
épisode plein de bonne humeur et de générosité", qui mérite d'être frappé
d'un "coup de c?ur" de la critique.

Les films racistes anti-blancs

La marque de fabrique planétarienne se reconnaît aussi à un certain racisme
plus ou moins larvé dans le scénario mais toujours très visible à l'écran.

Dans La chaleur de la nuit (USA, 1967), un officier de police de
Philadelphie, spécialiste des affaires criminelles, est envoyé dans une
petite ville du Sud pour aider la police locale à élucider une affaire de
meurtre d'un industriel. Petit problème : il est Noir, et ces abrutis de
Blancs ne peuvent le supporter. Mais Virgile Tibbs, qui est le spécialiste,
découvre rapidement que les flics blancs font fausse route. L'homme est
tranquille, consciencieux, d'une rare intelligence, et reste toujours calme
devant le racisme immonde de ces petits Blancs arrogants qui ne lui
arrivent pourtant pas à la cheville. Mais tout stupides qu'ils sont,
ceux-ci se rendent bien compte finalement qu'ils ne peuvent se passer de
lui. A plusieurs reprises, il faudra bien aller le chercher à la gare et le
supplier de rester. Rapidement, son enquête va le mener vers le plus gros
fermier de la région. Celui-ci est soupçonné d'avoir commandité
l'assassinat de cet industriel dont le projet était de monter une usine et
d'y embaucher des centaines de gens de couleur. Les jeunes de cette petite
bourgade "frileuse" ne l'entendent pas de cette oreille, et vont traquer
Virgile Tibbs dans une folle course poursuite. C'est évidemment dans une
usine désaffectée que va se régler l'affaire, à coup de chaînes à vélo et
de barres de fer. A quatre contre un, c'est plus sûr. Ils sont comme cela,
les Blancs : vils, lâches et méprisables. Fort heureusement, le chef de la
police arrive à point nommé, et sauve Virgile d'une mort certaine. Ce
shériff, plein de préjugés au début du film, scelle l'entente entre les
deux communautés. Le film a naturellement été récompensé par cinq Oscars.
Il en aurait peut-être eu un sixième, si "Virgile" était reparti à
Philadelphie avec la veuve de l'industriel assassiné. C'était pourtant une
très jolie Blanche. Mais le réalisateur Norman Jewison, en 1967, ne voulait
pas aller trop loin et craignait peut-être à ce moment-là une réaction de
ces couillons de Blancs imprévisibles !

Le film Ces Garçons qui venaient du Brésil, raconte l'histoire d'un chasseur
de nazis, Ezra Liberman qui, dans les années 70, met à jour un complot
organisé par un groupement d'anciens nazis émigrés au Paraguay. L'horrible
Docteur Mengele, ancien médecin-bourreau d'Auschwitz, en est le chef. Il
vit dans une luxueuse villa, suffisamment isolée pour pouvoir continuer ses
activités perverses sur la génétique, et semble régner sur un troupeau de
domestiques amorphes qu'on dirait réduits à l'état d'esclaves : c'est
l'homme blanc dans toute sa suffisance. Les nazis semblent tenir le haut du
pavé sous le régime militaire du Paraguay, organisent ouvertement des
réceptions dans de somptueux palaces. Ils mettent sur pied un mystérieux
complot meurtrier qui sera finalement déjoué grâce à la ténacité du
justicier Liberman. Le film est de Franklin J. Schaffner (USA, 1978).

Dans A double tranchant (USA 1985), un directeur d'un grand journal
californien est accusé d'avoir sauvagement tué sa femme pour toucher
l'énorme héritage. Persuadée de son innocence, une célèbre avocate accepte
de prendre sa défense. Pourtant, au cours du procès, certains éléments la
font douter, et notamment le comportement d'un des témoins, qui présente
les caractères d'un dangereux psychopathe : il est blond, avec le type
nordique. Il paraît dangereux et tente même de s'en prendre à l'avocate
dans le parking. Ce ne sera pourtant pas lui le coupable, mais bien son
propre client, le directeur de presse, qui avait su perfidement la séduire.
Lui aussi est un blond au type nordique, mais l'avocate n'obtiendra la
preuve de sa culpabilité que par hasard, après avoir gagné le procès et
fait innocenter son client. Elle décide alors de le dénoncer, et d'avouer
publiquement par la même occasion l'ignominie du procureur. En effet, lors
d'une affaire remontant à plusieurs années, celui-ci avait escamoté une
pièce du dossier qui aurait pu empêcher un autre inculpé d'être condamné à
dix ans de prison. Le malheureux injustement emprisonné est un Noir. Les
Noirs sont gentils, les Blancs sont méchants, et le film est signé Richard
Marquand.

Dans Recherche Susan désespérément (USA, 1985), une jeune femme un peu
coincée se transforme en punkette délurée, à la faveur d'une amnésie. Le
scénario indigent n'a ici guère d'importance. On note simplement que dans
une société "ouverte", "libérée" et très multiculturelle, le saxophoniste
noir dans son appartement tient la place d'une icône démocratique, et que
le rôle du sale con revient immanquablement à un homme aux cheveux blonds.
Est-ce un hasard ? Le film est de Susan Seidelman.

Dans Cry Freedom (GB, 1987), Richard Attenborough nous montre l'Afrique du
Sud des années 1970, où le régime d'Apartheid est imposé aux Noirs par les
Afrikaners : le directeur d'un journal libéral prend fait et cause pour les
Noirs et se lie d'amitié avec un de ses principaux leaders, Steve Biko.
Celui-ci est assassiné en prison par des Blancs tous plus vils les uns que
les autres. Les Noirs, en revanche, sont tous émouvants, dignes et
respectables. Leurs manifestations pacifiques sont durement réprimées par
une police impitoyable. Un film qui donne honte d'être blanc, et c'est
exactement le but recherché.

Dans la même veine, le réalisateur Chris Menges a réalisé Un Monde à part,
(USA, 1988), qui retrace les tensions en l'Afrique du Sud en 1963. Les
Blancs sud-africains sont naturellement racistes, et la police peinte sous
le jour le plus antipathique possible : haineuse, bornée et obsédée par un
ennemi insaisissable. L'?uvre de Menges a naturellement reçu le Grand prix
du jury à Cannes en 1988. Dans L'Arme fatale II, (1989), Richard Donner
nous dépeint aussi les Sud-Africains blancs comme d'ignobles trafiquants de
drogue.

Avec Mississipi Burning (USA, 1988), Alan Parker s'inspire d'une histoire
vraie des années 60. Le FBI américain enquête sur la disparition de trois
jeunes hommes appartenant à une association défendant les "droits
civiques". Ceux-ci - un Noir et deux Juifs - ont été tués par des racistes
du Ku Klux Klan. Dans cette petite ville du Sud des Etats-Unis, les petits
Blancs sont lâches, vils, mesquins ou franchement abjects. Leurs femmes
obéissent docilement, mais ne rêvent que de fuir de pareils individus.

Dans La Main droite du diable, Costa-Gavras (USA, 1988) dénonce les milices
d'extrême-droite aux Etats-Unis. Un animateur de radio un tantinet
provocateur et "libéral" est abattu dans un parking. Celui-ci est juif, et
ses assassins ont signé "ZOG" (Zionist occupational government) à la bombe
à peinture. Les policiers du FBI enquêtent sur une milice d'extrême-droite
du middle-West. Une jolie jeune femme est chargée de les infiltrer. Gary
tombe vite amoureux d'elle et laisse voir ses penchants de psychopathe.
Celui-ci insiste par exemple pour qu'elle l'accompagne à la chasse avec ses
amis. C'est une chasse un peu particulière, puisqu'il ne s'agit pas moins
que d'une traque humaine contre un jeune Noir lâché la nuit dans la forêt.
L'homme sera naturellement abattu sous les yeux de la jeune femme. Gary
pensait sans doute faire plaisir à sa nouvelle conquête, mais celle-ci est
littéralement éc?urée par ce à quoi elle a assisté. Néanmoins, ses
supérieurs du FBI avec qui elle reste en contact insistent pour qu'elle
continue l'infiltration dans le réseau d'extrême-droite. Un camp
para-militaire révèle toute l'importance de l'organisation : ils détiennent
les armes les plus sophistiquées et font preuve d'une grande détermination.
Tous seront finalement arrêtés. Mais le combat contre cette pieuvre est
loin d'être terminé, car l'on sait que ces réseaux sont soutenus par de
puissants personnages, et des hommes politiques de tout premier plan qui
cachent bien leur jeu et agissent en sous main !

Music box (USA, 1989) est un film qui revient sur les atrocités de la
Seconde Guerre mondiale : Michael Laszlo est un réfugié hongrois installé
aux États-Unis depuis 37 ans. Il est un jour accusé de crimes de guerre.
Les dépositions des témoins étaient en effet restées bloquées pendant
quarante ans dans les archives des Nations-Unies. Il est veuf, mais sa
fille, avocate, est là pour le défendre. Bien entendu, elle ne croit pas un
instant à ces histoires sordides, et décide d'assurer la défense de son
pauvre père. "Ce sont les communistes qui sont derrière tout ça !"
tente-t-il de la rassurer. Il doit pourtant bien lui avouer qu'avant de
quitter sa Hongrie natale après la guerre, il avait été policier sous le
régime fasciste, mais "fonctionnaire dans un bureau", c'est tout. Sa fille,
cependant, commence à avoir des doutes sur le rôle joué par son père
pendant la guerre : "Ils ont une photographie de ta carte de membre des
sections spéciales avec ta signature. C'est le gouvernement hongrois qui
leur a envoyée." De plus, des témoins l'ont identifié et l'accusent de
choses horribles : "Quand je pense à tout ça, j'ai honte d'être hongroise,
papa", en vient à déclarer sa fille (C'est comme cela qu'on les aime, les
Hongrois !).

Un groupe de rescapés vient ensuite manifester devant sa maison avec des
pancartes, pour rendre la vie impossible à ce militant anticommuniste bien
connu. On lui casse ses carreaux avec des pierres. Un nouvel indice alarme
encore la jeune femme quand son fils vient lui répéter ingénument, les
paroles hautement criminelles de son grand-père : "Il dit que l'holocauste
est fabriqué, exagéré !"

Le procès commence enfin, et les témoins à charge se succèdent pour raconter
les atrocités commises par les fascistes hongrois, toutes plus horribles
les unes que les autres, et où l'on retient que "le beau Danube bleu était
rouge de sang" : "Michka c'était le pire. Il aimait tuer le Juif. Il
cherchait l'or et l'argent? le beau Danube bleu était rouge. C'est lui, je
le reconnais." Sa fille parvient pourtant à le tirer d'affaire, en prouvant
les liens suspects de ces témoins avec les gouvernements communistes et le
KGB. Son père est heureusement acquitté.

Ce n'est que plus tard, à Budapest, où elle est partie interroger un témoin,
qu'elle découvre dans une boîte à musique les photos atroces qui accusent
son propre père. Cette fois, la preuve était faite de sa culpabilité : "Je
ne veux plus jamais te voir, papa. Je ne veux plus jamais que mon fils te
revoit", lui lance-t-elle, le c?ur plein de haine et de dégoût. Et quand la
fille menace de tout dire à son fils, le méchant grand-père lui répond, sûr
de lui et arrogant : "Il ne te croira pas. Ils ne te croiront pas. Ils
diront que tu es folle !" C'est comme cela qu'on les aime, les famille
hongroises : déchirées, prêtes à s'entre-tuer. L'avocate envoie finalement
les clichés à la presse, et c'est en regardant la photo de son père en
uniforme de milicien, en première page du journal, que ce film se termine.
Notons que Costa Gavras (encore lui !) a bien pris soin d'intégrer des
images et de la musique du folklore hongrois tout au long du film,
probablement pour mieux en dégoûter les spectateurs.

Le film de Milos Forman, Ragtime (USA, 1991) ne présente d'autre intérêt que
d'être aussi un film moralisateur : en 1906 à New York, un pianiste noir,
qui s'est acheté une voiture, est victime de la jalousie et du racisme
d'une bande de blancs stupides.

Le fameux film de Jonathan Demme, Le Silence des Agneaux (USA, 1991),
raconte la traque par le FBI d'un dangereux psychopathe qui laisse derrière
lui des cadavres de jeunes femmes atrocement mutilés. Le très célèbre"agent
Starling", Clarisse, une jeune femme policier qui n'a pas froid aux yeux,
est sur la piste du tueur en série. Cette espèce de dangereux taré
s'appelle Billy : c'est un grand blond aux yeux bleus. Il vit seul dans une
maison sordide, et retient prisonnière dans un puits, au sous-sol de sa
maison, sa prochaine victime qui ne cesse de hurler ("Elle met la crème
dans le panier !"). Billy aime les papillons et les armes à feux. Au détour
d'une image, on peut apercevoir une énorme croix gammée sur son dessus de
lit.
téo
Le #16584111
Barton Fink (USA, 1991) : En 1941, Barton Fink est un jeune auteur qui
connaît soudainement le succès grâce à une pièce de théâtre. La première
scène du film nous met tout de suite dans l'ambiance. Il est dans les
coulisses, et assiste médusé au succès phénoménal de sa pièce : c'est le
triomphe ! Le public applaudit à tout rompre et se lève, transporté
d'enthousiasme par le sublime génie de ce petit auteur juif encore inconnu.
Mais Barton Fink est quelqu'un de timide et de renfermé sur lui-même. Sa
nouvelle notoriété lui vaut un contrat à Hollywood, qu'il commence par
refuser : "Je me couperais du peuple", dit-il. Il est en effet devenu en
peu de temps la nouvelle coqueluche de Broadway. Cependant, il ne résiste
pas à la tentation d'une gloire plus grande encore, et arrive à Los Angeles
où il rencontre un producteur truculent. Celui-ci est expéditif et haut en
couleurs. C'est un juif originaire de Minsk, qui se déclare "plus fort que
les autres youpins du coin !"

Voilà donc Barton Fink à l'hôtel, devant sa machine à écrire. Le problème
est que son voisin de la chambre d'à-côté est vraiment trop bruyant et
l'empêche de se concentrer. Et voilà que celui-ci débarque dans son
univers. Il est gros, rougeaud, brutal et alcoolique : c'est un goy ! Et
pourtant, l'intellectuel délicat et timide qu'est Barton Fink va se mettre
à apprécier cet individu simple et entier. Mais il lui faut aussi trouver
un scénario au plus vite pour le tournage d'un film. Le problème est que
Barton éprouve toutes les difficultés du monde à écrire le scénario qu'on
lui demande. C'est le blocage, pendant plusieurs semaines ! Quand son
producteur le reçoit chez lui, au bord de la piscine, Barton, tout penaud,
a bien dû lui avouer que l'inspiration n'était pas encore au rendez-vous.
Il doit alors subir les sarcasmes de l'adjoint, qui ne s'attendait certes
pas à la réaction brutale du producteur, qui le chasse sans façon avant de
renouveler sa confiance au petit génie qu'il a pris sous son aile. Son
admiration envers Barton est telle qu'il va jusqu'à lui lécher la semelle
de sa chaussure, par respect pour la noble fonction d'écrivain !

Barton rentre donc à son hôtel, rassuré. Fort heureusement, l'inspiration
arrive enfin, et Barton parvient à écrire l'ensemble de son scénario en une
seule nuit. Le résultat est tout simplement génial : Oui, Barton Fink a du
génie ! Il déborde de joie au petit matin. Jamais il n'était parvenu à un
tel degré de finesse et de perfection : "Je suis un créateur !" Le soir, il
va danser dans une boîte de jazz. Dans les jours qui suivent, il fait la
rencontre d'un grand écrivain, mais qui s'avère finalement être un individu
fort décevant, alcoolique, brutal et grossier, et qui traite durement sa
fiancée. Sur un malentendu, si l'on peut dire, Barton passe la nuit avec
celle-ci à son hôtel. Mais le lendemain matin, c'est la stupeur et l'effroi
lorsqu'il découvre le corps ensanglanté de la jeune femme dans son lit. Que
s'est-il passé ? Il n'y est pour rien, évidemment, et prévient tout de
suite son voisin. Celui-ci le croit sur parole, et s'occupe de faire
disparaître le corps.

Subitement, tout va donc très mal, d'autant que son producteur est très
déçu, vraiment très déçu de son scénario. Lorsque Barton se présente devant
lui, il est traité cette fois-ci comme le dernier des déchets et
copieusement insulté ! Tout va donc maintenant vraiment mal pour Barton. La
police ne tarde pas à enquêter sur la disparition de la jeune femme : il
s'avère en fait que son voisin, le gros rougeaud alcoolique, est en réalité
un dangereux psychopathe qui a pour habitude de décapiter ses victimes.
C'est aussi un nazi : "Heil Hitler !" s'exclame-t-il avant d'abattre deux
flics à coups de fusil dans l'hôtel en flammes. Le film se termine ainsi.
Si l'on fait le compte, tous les Blancs sont finalement des ordures dans ce
film des frères Ethan et Joel Coen. Le film a bien entendu été récompensé
par une palme d'or au festival de Cannes en 1991. John Turturro, il est
vrai, est magnifique dans son rôle d'intellectuel juif "proche du peuple".

Obsession fatale (USA, 1992) commence par une scène étonnante : dans un
pavillon d'une jolie petite banlieue proprette, un cambrioleur, qui s'est
introduit nuitamment, est surpris par le jeune couple. L'homme parvient à
s'en sortir en menaçant la jeune femme d'un grand couteau de cuisine.
L'agresseur est un Noir, les victimes sont blanches, ce qui n'est pas
normal au cinéma. On imagine que le réalisateur ne va pas en rester là, et
effectivement, dès la scène suivante, on se rend compte qu'il y a aussi des
Noirs sympas, puisque l'un des deux flics qui arrivent pour rassurer notre
joli couple est un homme de couleur. Son collègue ? un Blanc ? est aussi
quelqu'un de très sympa et de très professionnel? mais seulement en
apparence ! Car en réalité, c'est un dangereux psychopathe qui s'est épris
de la jeune femme et qui va rendre au mari la vie infernale. Il va jusqu'à
tuer son collègue noir, en même temps qu'un jeune dealer, et fera passer
son crime pour une fusillade entre les deux hommes, ce qui ne l'empêchera
pas de pleurer la mort de son ami devant les caméras de télévision. Bref,
l'agression de l'homme noir au couteau est bien oubliée à la fin du film,
où le psychopathe aux yeux bleus a une fois de plus le premier rôle. Il
faut remercier ici M. Jonathan Kaplan (encore lui !).

Dans La Firme (USA, 1993), Mitch McDeere (Tom Cruise) est un jeune diplômé
qui vient d'être recruté par la Firme, un puissant cabinet d'avocats de
Memphis. Il est d'abord séduit et fasciné par les avantages qui lui sont
offerts, mais se rend compte peu à peu que les dirigeants travaillent en
fait pour un terrible gang mafieux de Chicago. Tous les avocats présentés -
une bonne trentaine - sont blancs, catholiques et de type nordique. Ils
symbolisent l'élite américaine dans ce qu'elle aurait de plus hypocrite et
éc?urant. Le film est signé Sydney Pollack.

En 1993 encore, paraît une comédie intitulée Les Valeurs de la famille
Adams. La famille Adams est un peu spéciale : on ne sait pas trop si ce
sont des sorciers ou des vampires, mais il est certain qu'ils adorent le
démon. Ils vivent dans un manoir isolé de tout sur une colline ; ils
s'habillent de noir, ils ont les cheveux noirs et le teint cadavérique.
Leur morale est abjecte ; ils ont la passion de faire le mal, et pourtant,
ils deviennent attachants par leur excentricité. Les deux enfants sont
placés dans une colonie de vacances pendant quelque temps, avec d'autres
petits américains, où toutes les petites filles sont blondes, tous les
petits garçons sont blonds, et tous forment la majorité imbécile, lâche et
intolérante. Bientôt, nos deux petits diablotins aux cheveux noirs seront
mis en quarantaine par ce vil troupeau de blonds pétris de morale
bourgeoise. Mais nos petits Adams ne vont pas se laisser faire. Ils vont
réunir autour d'eux les autres individus opprimés de la colonie, tous ces
enfants aux cheveux noirs injustement méprisés par ces blonds arrogants.
Tous ensemble, ils vont faire un coup d'éclat dans le spectacle de fin de
séjour où assistent les parents. Les blonds en prennent alors pour leur
grade, comme il se doit. Les méchants et les affreux sont en fait les
gentils, et les salauds sont invariablement les blonds : le film est de
Barry Sonnenfeld.

Copland (USA, 1995) montre les méthodes policières peu orthodoxes de
certains flics de New York. Beaucoup parmi eux ont fui la grande ville
cosmopolite qu'ils exècrent, pour venir habiter Garrisson, une petite ville
paisible, de l'autre côté du grand fleuve Hudson, où ils peuvent vivre en
paix ? entre Blancs. On ne tarde pas à comprendre que ces flics blancs, qui
enterrent leurs morts au son d'une musique irlandaise, sont terriblement
organisés, et qu'ils n'hésitent pas à falsifier les enquêtes, ni même à
liquider les flics qui les dérangent. C'est en réalité un véritable gang
mafieux qu'ils ont mis sur pieds. Mais le petit shériff du coin, qui avait
fermé les yeux jusqu'à présent, va enfin avoir le courage de passer à
l'action. Tous ces salauds sont des flics blancs, tandis qu'en face, à New
York, la police multiraciale est vraiment super sympa. Ce film qui
porte "la marque" est signé du très rusé James "Mangold".

Dans Complots (USA, 1997), il y a les méchants, et il y a les gentils. Mais
tout n'est pas si simple, car chez les méchants, certains ne sont pas si
méchants que cela, et s'avèrent même être des gentils. Une seule
certitude : tous les méchants sont des Blancs. Et une fois de plus, de ce
côté-ci, les quotas obligatoires ne sont pas respectés. Le film est de
Richard Donner.

Le racisme du cinéma planétarien peut aussi viser d'autres communautés.
L'Arme fatale 4 (USA, 1998) met en scène un couple de flics de Los Angeles,
un Noir et un Blanc qui ont découvert un réseau d'immigration clandestine
chinois. Quatre cents pauvres hères étaient ainsi entassés dans la cale
d'un navire, mais le Black, pris de compassion, et se rappelant sans doute
ses ancêtres esclaves, décide de transgresser la loi et de recueillir une
famille oubliée dans un canot de sauvetage. Nos deux flics ont tôt fait de
remonter la filière jusqu'au chef de cette mafia qui fait entrer les
Chinois par milliers aux États-Unis. Ceux-ci travaillent ensuite de longues
années pour rembourser le prix du voyage et des faux papiers. C'est une
redoutable organisation criminelle qui fabrique aussi de la fausse monnaie.
Le film de Richard Donner est incontestablement drôle et spectaculaire. Il
est aussi un des films les plus racistes qui existe. A notre connaissance,
aucune communauté, à part la communauté blanche, n'a jamais été dépeinte
par des cinéastes juifs de manière aussi outrageante. Ce traitement vient
probablement du fait que la communauté chinoise est la seule qui fasse
reculer la communauté juive sur le plan du business et de l'organisation
communautaire.

On peut voir aussi dans le même genre le film XXL (France, 1997), qui
dépeint sous un mauvais jour les Chinois de Paris dont l'activité
commerciale fait reculer le business de la communauté juive dans le
quartier du Sentier. Ici, c'est un cafetier auvergnat et un commerçant juif
du textile qui vont nouer une alliance contre l'insupportable invasion
asiatique. L'Auvergnat (Gérard Depardieu) est bon vivant, conquérant, sûr
de lui, tandis que le Juif (Michel Boujenah) est angoissé, timide, inquiet.
Mais le spectateur doit comprendre que leurs divergences sont, somme toute,
très superficielles, et qu'ils ont des intérêts communs à défendre face à
ces pourris de Chinetoques, que l'on peut donc insulter sans crainte d'un
procès. Le réalisateur de ce film est Ariel Zeitoun.

La Ligne verte est un film de Frank Darabont, sorti sur les écrans en 1999 :
Dans le pavillon des condamnés à mort de ce pénitencier américain, en 1935,
il y a des gardiens de prisons ignobles, et des détenus pleins d'humanité.
Tout cela est en effet tout à fait plausible. Les pouvoirs surnaturels du
colosse noir, accusé du viol et du meurtre de deux fillettes, le sont
moins. Celui-ci, est doux comme un agneau, innocent et accusé à tort. Il
sera pourtant la victime des hommes, de l'injustice, et de la cruauté de
gardiens psychopathes - blancs.

Dans Dany Ballint (2001), de jeunes néo-nazis sont embrigadés par une
puissante organisation extrêmiste. Dany, leur chef, le seul type
intelligent de la bande, est en fait un Juif angoissé, en rupture avec sa
communauté. Une scène finale du scénario entend montrer contre toute
vraisemblance que ces organisations nazies sont soutenues par la grande
bourgeoisie américaine : le film est de Henry Bean ; le scénario de Mark
Jacobson.

Runaway jury (USA, 2002) est l'histoire de la manipulation des jurés par le
lobby des ventes d'armes aux Etats-Unis. Les "méchants" sont des blonds
manipulateurs, terriblement organisés et efficaces qui agissent pour le
compte du lobby des armes à feu. Espionnage, violence, chantage et
manipulation sont leur spécialité ; tout est mis en ?uvre pour gagner le
procès, mais fort heureusement, ces salauds vont perdre à la fin grâce à
l'intelligence du petit avocat Dustin Hoffman : un film de Garry Fleder,
sur un scénario de David Lieven et Brian Koppelman.

L'esprit politiquement correct américain se retrouve évidemment dans un
autre dessin animé : Pocahontas (1995), de Mike Gabriel et Eric Goldberg.
Pocahontas, jeune indienne indépendante, refuse le mari que lui a désigné
son père et s'éprend d'un aventurier anglais moins raciste que les autres,
auquel elle renoncera finalement pour rester avec son peuple. Les Anglais
sont avides, cruels et répugnants, les Indiens sont bons, sages, nobles et
respectueux. Pocahontas a été étudiée pour plaire à tout le monde : elle
est brune, sexy, le teint ambré, les yeux en amande : elle tient à la fois
de l'Indienne, de la Noire, de la Chinoise, de la Berbère et de la Gitane.
Elle revendique son "ethnicité planétaire".

Dans Terminator II, le tueur psychopathe déguisé en flic est un homme blanc
aux yeux bleus et aux traits nordiques, tandis que le génie de
l'informatique qui met au point une puce miniature destinée à bouleverser
l'humanité est un Noir repentant, qui accepte de détruire le fruit de son
labeur pour sauver l'humanité.

Dans Matrix, de Larry Wachowski (USA, 1999), les humains sont entièrement
soumis à un programme informatique qui domine toutes leurs pensées et toute
leur vie. Ils croient exister, mais ne sont en fait que des esclaves des
machines. Il ne reste plus qu'un petit nid de résistance humaine : Sion. Le
film est truffé de messages kabbalistiques : le héros, Néo, est "l'élu", le
libérateur mythique de l'humanité annoncé selon les prophéties, qui va
pouvoir sauver "Sion", ainsi que le révèle "l'Oracle". Les humains sont
peints sous les couleurs d'une société multiethnique, tandis que la
matrice, qui entend dominer l'univers, est représentée sous les traits de
l'homme blanc : les agents Smith, qui, dans leurs costards-cravates, sont
évidemment très pervers et très méchants. Une fois encore, ce sont les
Blancs qui doivent endosser les responsabilités des véritables tyrans : car
la matrice existe "pour de vrai" : c'est elle qui a fait le film.

Dans O'brother (USA, 2000), trois sympathiques lascars sont parvenus à
s'évader d'un pénitencier du sud des États-Unis. Le début du film paraît
être un hommage à la culture du sud profond, avec, au premier plan, la
cavale de nos trois fugitifs, sur un fond de musique country. Mais
l'habituel message antiraciste y trouve sa place après quelque temps : les
hommes politiques blancs passent pour des magouilleurs hargneux, racistes
et sans scrupules. Le Ku Klux Klan en prend naturellement pour son grade,
et l'on comprend que rien ne vaut une bonne société multiraciale. Le
message politique est ici habilement incarné dans un quadrige de "country
music" formé de nos trois compères et d'un "Black" à la guitare. Il faut
dire que leur musique est vraiment entraînante. On n'omettra pas de
souligner que le système électoral ? one man, one vote ? est dépeint pour
ce qu'il est : une escroquerie, où le candidat qui l'emporte est celui qui
orchestre la meilleure campagne publicitaire. Un bon point tout de même,
donc, pour les frères Joel et Ethan Coen.

Dans Panic Room (USA, 2001), une jeune femme très riche (Jodie Foster) et sa
fille emménagent dans un immense hôtel particulier au c?ur de Manhattan. La
demeure est équipée d'une chambre forte conçue pour survivre en cas
d'agression extérieure. Un soir, trois cambrioleurs pénètrent dans la
villa. C'est alors le début d'une aventure terrifiante qui va très mal se
terminer, car le magot qu'ils cherchent se trouve justement dans la pièce
où se sont réfugiées les deux femmes qui ignorent tout des projets de leurs
assaillants. Parmi les trois cambrioleurs, le colosse noir est le seul à
être un peu intelligent : c'est d'ailleurs lui qui a conçu la pièce forte.
Il est aussi le technicien et le plus scrupuleux des trois malfrats,
puisqu'il refuse toute violence dès le départ. Le chef de l'équipe, en
revanche, est un Blanc, un grand nerveux imprévisible, qui finira avec une
balle dans la tête en tentant de s'en aller. Le troisième, un autre Blanc,
très calme, s'avère en réalité être un dangereux psychopathe et un tueur
fou. A la fin du film, cette espèce de taré s'apprêtait à tuer la jeune
femme à coup de masse dans le visage. Fort heureusement, le Noir intervint
juste à temps. Et c'est aussi ce grand Noir qui, dans des conditions
difficiles, fit une piqûre à la petite fille souffrante et la sauva d'une
mort certaine. Les Blancs sont méchants, les Noirs sont gentils ; le film
est de David Fincher.

Décidément, il est dit que nous ne sortirons pas de ce schéma
culpabilisateur, et il faut se rendre à l'évidence que la répétition
calquée de ces modèles révèlent une volonté précise d'inculquer aux masses
européennes un message bien précis, dans lequel on constate que
la "tolérance" peut s'apparenter à un venin puissant et indolore qui
assoupit la victime avant de la terrasser. On pourra certes objecter que la
majorité des stars d'Hollywood sont encore des Blancs, mais il ne faut pas
perdre de vue l'objectif planétarien n'est pas de détruire totalement les
sociétés blanches, tellement utiles pour la prospérité des affaires, mais
de conduire les hommes blancs à adopter la société plurielle, dans laquelle
ils pourront garder la place qui leur revient : la deuxième. Et puis, c'est
gens-là représentent encore la grande majorité du public qui fréquente les
salles de cinéma. Il faut donc les ménager un peu, et les amener
progressivement à accepter les nouvelles normes planétariennes. De toute
manière, ainsi que le montre très bien le beau film du grand réalisateur
Steven Spielberg, Les Aventuriers de l'Arche perdue (1980), la puissance de
Yahvé est beaucoup trop grande pour que l'on puisse simplement songer à s'y
opposer.

On pourra tout de même regarder avec un certain intérêt cette comédie de
Barry Levinson : Des Hommes d'influence (USA, 1997). Rien ne va plus à la
Maison Blanche : deux semaines avant les élections, le président est
impliqué dans un scandale sexuel. Pour faire diversion, le conseiller du
président expert en manipulations (Robert de Niro) lance une rumeur sur une
guerre complètement imaginaire. Pour la mettre en scène, il contacte un
producteur de cinéma (Dustin Hoffman). Tous deux vont détourner l'attention
du public et bluffer toute la population avec des montages télévisés
complètement trafiqués. Un film réjouissant, où l'on peut constater que le
système est maintenant suffisamment sûr de sa puissance pour se dénoncer
lui-même.

Le cinéma français n'est évidemment pas en reste dans cette discipline de
flagellation de la population majoritaire. Jean-Jacques Annaud, dans La
Victoire en chantant, (France, 1976) nous offre un aperçu de la présence
française en Afrique en 1915, où une population de colons composée
exclusivement de crétins alcooliques est opposée à des Noirs pleins
d'humour.

En 1984, avec Train d'enfer, Roger Hanin lance un cinéma militant. Dans le
numéro du 11 janvier 1985, l'hebdomadaire indépendant Tribune juive, dont
le directeur, le rabbin Jacques Grunewald est connu pour ses sympathies de
gauche, commente ainsi le film de Roger Hanin : "Assassinat atroce dans un
train : un jeune Arabe est lynché et défenestré par trois recrues en
goguette. A partir de ce fait divers, acte raciste émanant de trois paumés,
Roger Hanin a construit un film dont il veut tirer une large morale,
impliquant cette fois la France profonde tout entière. Plus question de
trois garçons isolés et éméchés. C'est d'un véritable réseau néonazi qu'il
s'agit, englobant toute une ville, voire le monde entier." et Tribune juive
ajoute : "Roger Hanin assure que, Juif algérien, on lui a appris dès
l'enfance à aimer les Arabes. Apparemment, on ne lui a pas appris à aimer
les Français." Train d'enfer a bénéficié de l'aide de l'organisme d'avance
sur recette, présidé par Bernard-Henri Lévy, c'est-à-dire d'une subvention
financée par l'argent des contribuables français.

Dans Hors-la-loi, de Robin Davis (France, 1984), "quinze adolescents
d'origines ethniques diverses, s'évadent d'un centre de redressement. Il
font irruption dans un bal de village où le patron du bar, raciste, finit
par tirer dans le tas."

En 1995, dans La Haine, Matthieu Kassovitz dépeint la haine de la société
française qui tenaille trois jeunes : un Arabe, un Noir et un Juif d'une
cité de banlieue. On voit ici encore cette inclination à assimiler les
Juifs aux éléments les plus défavorisés de la société. Matthieu Kassovitz
se fait ici le porte-parole d'une frange d'immigrés rétifs aux lois et qui
hurlent leur haine du système. Les blacks et les beurs deviennent
l'incarnation d'un nouveau mythe de héros rebelle, mais reçu régulièrement
sur tous les plateaux de télévision et bénéficiant du soutien des grosses
maisons de production. C'est encore Matthieu Kassovitz qui signe en 2000
Les Rivières pourpres : dans les glaciers des Alpes, des cadavres
atrocement mutilés sont retrouvés, avec les yeux crevés et les deux mains
tranchées. Les enquêteurs vont suivre une piste qui va les mener à
l'université locale, qui s'avère être une pépinière de dangereux néo-nazis.
Là encore, le scénario est peu crédible, mais c'est amplement suffisant
pour le public à qui le film est destiné.

Avec Taxi, sorti en 1998, Gérard Pirès a eu aussi beaucoup de succès : Sami
Naceri, un fou du volant, parvient à bout d'une bande de dangereux
malfaiteurs. Ces derniers sont des Allemands de type nordique, aussi cons
que méchants. Dans Les Enfants du soleil, sorti en 2004, Alexandre Arcady
prétend raconter le drame des Français d'Algérie, alors que son film n'est
qu'une célébration de la communauté israélite. Le Français "pied noir
catholique propre sur lui" comme dit l'auteur lui-même, s'appelle Lacombe.
Comme "Lacombe Lucien", le milicien simplet et dangereux inventé par
l'écrivain Patrick Modiano pour le film de Louis Malle.
Elephant Man
Le #16584931
téo le 20.08.08 à 13h56 du côté de fr.rec.tv.programmes :

Barton Fink (USA, 1991)



C'est pas fini, vos conneries ?

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