Immigration autrement. Extraits de mon livre "Franco-algérien"

Le
Si Miliani
Le bas de la ville inquiète . Non pour l’image de misère qu’il affiche,
mais pour l’échec de la cohabitation des communautés qu’il souligne. Le
refus de vivre «avec»les belges, de se fondre dans la société civile, la
volonté de rester «à coté» s’affichent ouvertement . La tradition, qui
fait obstacle à l’intégration espéré, s’alimente à deux sources. Au bled, l’émigré
cherche invariablement à se démarquer du cliché de sa « modernité ». L’imagerie
sulfureuse du chrétien, de la laïcité, du porc dans l‘alimentation, de l’alcool,
de la débauche, de la famille cassée ou éclatée, des filles occidentalisées,
du coran délaissé, suscite au « pays » crainte et défiance à l‘égard de l‘émigration.
En signe d‘allégeance aux siens l’émigré se fait zélateur de la coutume et
du passé familial . D’un autre coté, la femme, et surtout la mère vénérée
par le fils sublimé (dispensé des corvées ménagères réservées aux filles),
reste gardienne de la maison et de la tradition. C’est elle qui ordonnance
la vie domestique, l’accueil des invités, les cérémonies religieuses, les
mariages, la vie familiale . Invisible, elle est partout. Pas sans
intérêt. Quand la femme porte le voile, l’homme reste sur le chemin des
ancêtres et consent à la dévotion. Le féminisme européen titillé par la
condition de la femme musulmane incrimine le machisme des hommes alors que
le nœud du problème n‘est qu’en petite partie chez l’homme et moins encore
en Belgique. Ce n’est pas le voile ‘’ostentatoire’’ ici dénoncé qui pose
problème , mais, bien plutôt, la «mentalité village», conséquence directe du
regroupement familial et de la densité sociale. A l’inverse, la « mentalité
village » conteste le voile de l’assimilation et lui oppose le voile
protecteur de la tradition . Ainsi, 50% des filles portent foulard ou voile
traditionnels à partir de 12 ans et 50% de celles qui ne les portent pas
conviennent de les porter après mariage. C’est mon choix disent-elles. Ou,
leur fait-on dire …Le dialogue n’est plus possible.



La jeunesse éveillée, en voie d’intégration, se
contente de jouer les faire valoir des partis politiques en quête d’électorat.
Les meilleurs ânonnent le bréviaire des anciens politiciens. Elle est
incapable d’idéologiser son intronisation en termes de progrès et de lutte
politique comme s‘il fallait toujours bien séparer le milieu familial des
valeurs de la société civile de peur de compromettre ou de trahir les siens.
On ne se bat pas pour un projet de société, mais bel et bien pour hisser en
bloc l’immigration et son cadre social dans le pays d’accueil. On se bat
contre le rejet des autres, pas pour l’intégration des siens. Le
renoncement ne s’exerce pas à l’égard de la tradition mais de l’intégration,
de la vie citoyenne.



La citoyenneté n’est, en vérité, qu’une arme de
conquête, pas ce lieu de rencontre et d‘échange républicain apte à rendre la
vie conviviale. Et quand l’Islam en France devient l’Islam de France et, qu’au
même moment, la chrétienté dans les pays musulmans devient une religion
maudite, expurgée de ses terres d’origine par massacres et assassinats avec
le soutien enflammé ou silencieux des mosquées, on entre au cœur d’un abcès
explosif d’incompréhension. Les laïcs compatissants ne réalisent pas, qu’en
dépit de la tolérance qui les anime, ils ne sont aussi, aux yeux des
islamistes, qu’un appendice de la chrétienté ou d’un agnosticisme vomi dans
les pays musulmans. Désarmés par un trop long silence, les laïcs sont
maintenant pris de court face à la réplique des nouveaux belges « je suis
belge et ma vie perso ne vous regarde pas » , ou, en France, par le «
arrêtez de me parler d’intégration, je suis Français, point barre ». A force
d’avoir répété aux immigrés que le communautarisme est le moindre mal,
plaisant et légitime, on a fini par légitimer le ghetto et encourager le
parasitisme. Paradoxalement, la critique la plus vive contre les nouveaux
arrivants vient des plus anciens immigrés qui ont connu le travail miséreux
pendant la colonisation, la guerre 39-45 ou le ramassage d’une main d’œuvre
bon marché destinée aux chantiers de reconstruction de l’après-guerre. Dans
la difficulté de s‘établir, les nouveaux arrivants en mal d’image s’en font
des ergots. « Nous sommes dans l’album de famille », affirment-ils, « voyez
le film, les indigènes » ! . Les anciens, eux, ça les irritent ; ils sont d’un
autre monde et se souviennent que l’Empire colonial les brimait et qu’il
fallait l’abattre.



Le jeu politicien est étonnant . «
Bruxelles c’est la cage aux singes », venait se moquer voilà 20 ans le
Docteur Albert, un voisin marrant qui ne faisait pas dans la demi mesure.
Derrière la bonhomie de l’imagerie officielle et le laisser-aller d’apparence
libérale, force est de constater que l’économie souterraine de l’immigration
et l’opacité du traditionalisme familial amplifient tentaculairement l’appontement
et la croissance migratoire. Une nouvelle route commerciale est même née en
Europe, qui pose aussi problème au Maroc traditionnel . On estime
actuellement que trois millions d’émigrés rentrent chaque année au Maroc
pour y passer leurs vacances . L’essor affiché du nord marocain résulte
directement des transferts venus d’Europe, supérieurs d’évidence aux seuls
revenus du travail. Parallèlement, l’opposition régionaliste reprend de la
vigueur, comme un retour de bâton que la Monarchie naïve ne voit pas venir.
Mais, pour ces mises en scène et ces tartufferies de la démocratie et du
nationalismeté que de noyades tragiques de migrants clandestins à la
traversée du détroit de Gibraltar, martyrs anonymes d’un voyage innommable
de la nuit !



c/ Echec de l’intégration, échec de la décolonisation



L’échec de la décolonisation apparaît dans l’absence quasi
totale de règles nouvelles relatives aux flux migratoires. Depuis l’indépendance
des pays ex-colonisés, la traite négrière fonctionne en roue libre, sans
obstacles.

En Europe, un vide de main-d’œuvre s’était formé : plus de 25 millions d’hommes
ont été tués ou blessés pendant la guerre mondiale 39-45, puis , 6 à 7
millions de prisonniers de guerre allemands soumis au travail obligatoire
jusque 1950 ont été progressivement libérés. Ce n’est pas rien. Il a fallu
compenser. Une armée de plus de 12 millions de travailleurs immigrés a alors
été levée, pour combler le vide démographique lors de la reconstruction d’après-guerre,
puis, pour faire face aux besoins de la guerre concurrentielle que se
livrent impitoyablement aujourd’hui les entreprises et les pays au plan
mondial.



Au regard de ce constat banal, c’est la montée
de la nouvelle problématique de l’immigration qu’il faut analyser. L’intégration
en Europe, préoccupation devenue essentielle, oppose ainsi plus que jamais,
l’identité des uns à celle des autres. Dans ce conflit, la
communautarisation devient le mode de régulation des rapports sociaux. La
gauche s’y fait impopulaire. Elle imagine être dans le vrai combat de l’immigration
en attaquant la fracture sociale et la société duale au niveau du petit
peuple laborieux forcé par tous d’ouvrir les portes de l’intégration dans
son espace, au grand plaisir d’un libéralisme bourgeois pour qui le coût de
la main-d’œuvre et les avantagecquis sociaux sont à réduire prioritairement.

Mais, le schéma dual de la gauche offensive, pour être crédible, supposerait
une volonté simultanée d’accueil des uns et d‘intégration des autres . Or,
personne n’y consent vraiment puisque le problème de fond n’est jamais posé
clairement. Même si ma Commune s’investit considérablement dans la lutte
contre les inégalités en faveur des populations nouvelles. Pour jouer l’apaisement,
on voit ainsi le bourgmestre défiler dans la rue derrière des troupes
musicales marocaines à l’occasion des fêtes musulmanes, quand fêter Noël
dans le quartier devient quasiment une provocation.

Malheureusement pour les bonnes volontés de gauche,
les centres de profit sont ailleurs. Les modifications migratoires mises e
oeuvre derrière les transformations sociales ont en objectif de moins en
mois caché de phagocyter le milieu d‘accueil. Ce n’est plus de l’immigration
de misère, mais une colonisation de peuplement tapie dans l’ombre, dont il s’agit.
La communautarisation ouvre un champ de bataille, une poudrière, en
banlieues en France, aux centres villes en Belgique. La pire pour les
générations à venir tant elle s’édifie sur d‘incommensurables contradictions
sociales et culturelles.



Schématiquement, le ghetto social n’a pas la
problématique du ghetto ethnique . Le premier proteste et mobilise contre l’exclusion
et la précarité . Il est conflictuel, mais intégrateur . Une génération
suffit à l’effacer. Le ghetto ethnique, en revanche, dresse une communauté
étrangère, appuyée sur l’économie souterraine et le commerce extérieur,
contre l’organisation sociale du pays d’accueil bâtie elle sur l’économie
locale . Il est antagonique, insoluble et plus violent dans la défense de
son territoire.

Pour comprendre la signification
des émeutes de banlieues, journalistes, éducateurs, intellectuels et
politiques sont allés scruter l’abîme qui sépare les cultures, les
attitudes, les comportements. A la suite de leurs investigations, les
spécialistes viennent proclamer que le gros problème est celui de la
différence identitaire, du rejet et donc de l’effort de rapprochement et de
médiation à faire. Ils ont évidemment raison. Mais, au lieu d’aller aux
solutions, ils ne font qu’approfondir le fossé en clamant le mal sans le
soigner. Leur objectif ne vise toujours, en effet, qu’à refouler ou évacuer
la problématique identitaire en évitant, avec mille contorsions, de la
prendre par le cou, de la considérer en tant que traite négrière et
processus de dérèglement de la décolonisation. Ainsi, les spécialistes ne
font-ils que remblayer le fossé par une mauvaise terre sans maîtriser la
communautarisation tenue pour un épiphénomène de l’évolution générale, une
fièvre passagère du samedi soir.

Sans forcer le trait, il me semble que les
techniques d’intégration mises en œuvre face à l’immigration sont encore
largement inspirées des vieilles méthodes psychanalytiques de rééducation
appliquées aux opposants politiques en URSS au temps de la guerre froide. D’abord,
faire prendre conscience à l’émigré de sa différence et de son infériorité,
ensuite le rendre fautif et coupable de sa condition et enfin, l’amener
docile sur le bon chemin de la reconstruction identitaire. En somme, broyer
ou, mieux, tuer l’émigré dans l’immigré. Voilà un objectif d’intégration à
peine voilé levier du communautarisme radical . Mais, à la faveur du nombre
et de la densité, la psychanalyse reste désarmée. C’est, comme disent les
marxistes, une science bourgeoise centrée sur l’individu et non sur la
réalité sociale. Dans la morne plaine sociale, les émeutes de banlieues, les
rebellions contre l‘ordre, les incivilités, les atteintes à la propriété et
aux personnes témoignent que l’intégration républicaine ou nationale, c’est
surtout l’identité assassinée, castrée, droguée, blessée. Ah, la belle
victoire des académies que ce meurtre de l’homme, la fleur au fusil !

La question de l’intégration de l’immigré reste donc, non pas, a
priori, de le vêtir par force ou par persuasion d’une nouvelle identité ,
mais de lui permettre d’exprimer la sienne et de s’y accomplir dans la
collaboration et la cohabitation consensuelles des cultures.



Si l’octroi de la nationalité et l’intégration ne sont
pas l’objectif assigné sous cape, il serait alors opportun de poser plus
clairement, les règles de cohabitation des populations étrangères en séjour
simplement provisoire. L’urgence est, en conséquence, de reconsidérer cette
volonté extravagante d’imposer, même aux immigrés en séjour provisoire, les
exigences statutaires de la naturalisation, laissant faussement croire dans
les ghettos et les banlieues, que les deux notions d’intégration et de
cohabitation recouvrent les mêmes champs de droits et de devoirs, les mêmes
conventions d’obligations sociales. L’absence de règles migratoires et de
statut sont bien la cause première du grave dérapage des rapports sociaux.

En
France, on ne comprend pas encore qu’il est important, non seulement de
clarifier la différence des deux notions, mais de combattre aussi le
«ni-intégration-ni-cohabitation» qui déstabilise les immigrés et affaiblit
la qualité de leur lien social . Cette clarification implique d’ouvrir
autre chose que des parkings de la misère, zones franches ou partage du
temps de travail vides de sens social. Par exemple, « aider à implanter, au
cœur des quartiers populaires, des îlots de production et d’artisanat,
fourmilières de petits ateliers hyperactifs libres, à forte intensité de
main-d’œuvre, véritables greffons de tissu social, créateurs de sens et de
valeur ajoutée, ouverts dans une perspective de revitalisation de l’économie
urbaine et régionale . J’avais ainsi plaidé en faveur de ce micro modèle
économique (« Le Soir » du 27/7/87) au vu de ce qui se passait à Bruxelles,
bien avant les premières émeutes de 1991, singulièrement lorsqu’on atteint
des seuils de pauvreté quasi-asiatiques et que se rompent les dernières
chaînes de solidarité sociale. Michel Rocard m’avait écrit son doute à
propos de l’exemplarité du quartier du Sentier à Paris . Malheureusement,
seuls la drogue, la délinquance et les trafics de l’économie souterraine, et
l’explosion de l’assistanat social, ont, depuis, atténué l’ampleur du
problème, mais au prix de grandes tensions communautaires. Il est vrai, que
l’immigration, vingt ans après, n’est plus qu’en petite partie celle du
travail et de la misère.

On voit bien pourtant, que la précarisation de l’économie et l’abaissement
des conditions sociales accélèrent fatalement les migrations. Et comme les
emplois ouverts aux immigrés ne parviennent pas à contrebalancer le dumping
international, ils se traduisent au final par une montée rapide des
étrangers dans les statistiques du chômage, confirmant par ailleurs le fait
que le coût du travail précaire s’accroît du lourd fardeau des budgets
sociaux et, de surcroît, ne corrige pas et même amplifie le cercle vicieux
du dépérissement national dus aux délocalisations spéculatives effectuées
sans arbitrage ni régulation.



Le double échec de l’identité
nationale des uns et de l’intégration des autres, mais, aussi, le risque de
transformer les pays plus ouverts en bassin d’accueil des populations
immigrées mal installées ou menacées dans d’autres pays , dépassent la
réflexion de l’homme politique incapable d’agir au-delà de l’homéopathie
des budgets sociaux d’intégration. L’anticolonialisme revanchard et le
nationalisme d’exclusion chauffent leurs troupes. Dans les deux camps mon
idéal de cohabitation est occulté, bafoué. Comment dire aux uns et aux
autres qu’ils se font prisonniers d’une migration à contre sens de l’indépendantisme
et que tous payeront par leurs enfants l’antinomie politique instituée.
Que là est pourtant bien le dilemme occulté totalement par les responsables
politiques qui, là-bas, donnent l’envie de fuir le pays d’origine , et qui,
ici, attirent l’immigration avec un miroir aux alouettes et soignent la mal
vie des banlieues par des jeux d‘apparence: le chômage, les petits boulots,
la formation périmée, la famille en déclin, la mal bouffe, les aides
sociales, la dépersonnalisation La traite négrière refuse de dire son
nom.



S’ajoute, enfin, un problème idéologique
largement masqué par la crise économique dans une Europe à la fois en mal de
main-d’œuvre et en proie au chômage. Le Droit laïcisant occidental, en
refoulant les défenses religieuses de la société-nation vers la sphère
privée , donne à croire aux forces culturelles étrangères qu’il leur ouvre
un espace de liberté inconditionnelle sur une terre sans croyance. La
mondialisation accentue cette opinion : ainsi, l’ultralibéralisme abat les
frontières, l’Inde et la Chine envahissent les marchés et la compétition
économique ne cesse de clamer son besoin urgent de chair à canon.

La désinformation à cet égard nourrit la conviction dans la
population musulmane que sa mystique, même sans support scientifique, est
apte à amener les européens vers une forme plus ouverte de relations
sociales, et que seule la haine raciste d’un petit nombre s’oppose encore à
l’entrée sanctifiante de la religion dans la vie civile, sociale et
nationale en Europe. Dans leur élan, les islamistes affirment à tort que la
laïcité s’oppose à la religion, alors qu’elle la facilite et même la défend,
à la condition ( jugée inadmissible par eux) de respecter les autres
religions et l’agnosticisme. De l’autre côté, les laïcs ne voient pas que la
faille de l’ouverture en France (la tolérance) et le respect imposé des
identités religieuses créent un effet levier de communautarisation des
immigrés et fatalement de séparation et d’affrontement.

Les conditions conflictuelles de l’irrédentisme islamique sont installées.
Malheureusement, les pays d’émigration musulmane ne voient pas dans leur
jubilation stupide que la main tendue aujourd’hui aux immigrés et le flot de
bonnes paroles prodiguées par les gouvernants européens cachent mal le
glaive millénaire tenu dans l’autre main par les bouffons et les caviars.

Ainsi, le discours aveugle des humanistes, des
écolos et des laïcs ne fait qu’aiguiser des conflits historiques calamiteux
au lieu de les désarmer. Ce n’est pas l’identité qu’il faut réduire ou
dépecer, ce sont les conditions statutaires de l’immigration qu’il faut
clairement définir. Le mélange des genres est déplorable et contribue à
pénaliser les pays d’émigration.

A travers l’immigration, j’ai, à la fois sous les yeux, un
impensable contre-exemple de la relation Nord-Sud et la preuve manifeste que
le chemin de la décolonisation est détourné. L’identité communautaire est en
conflit frontal avec l’intégration laïque et citoyenne. Je hais, cette
double injustice des guerres de territoires et des haines culturelles sur
fond d’identité, le non sens de cette sociologie aveugle du passé, l’indignité
des politiciens qui ne font des hommes que du bétail à consommer.



En France et en Belgique, un malaise
profond s’est installé au cœur de la société. Le malaise n’est pas que celui
des bavures policières mises en cause par les lobbies de l’immigration.
Interpellée, la gauche instrumentalise l’extrême droite pour se détourner de
la mécanique brisée de la décolonisation . Devant les pirouettes
politiciennes, on devine que la fin des idéologies proclamée par les
intellectuels de service, chiens de garde de la pensée unique, est une
mystification, un leurre grossier. Jamais, en effet, un grand projet de
société mobilisateur et fédérateur n’a autant manqué, qui empêcherait que l’état
de droit ne devienne une pénalisation de la vie collective et citoyenne.

Pendant ce temps, nationalistes bouffons et démocrates caviars, ivres de
conquêtes, chantent sous les vieilles lunes de leur gloire les richesses d’un
Eldorado imaginaire qu’ils vont ouvrir à leurs enfants.
Questions / Réponses high-tech
Vidéos High-Tech et Jeu Vidéo
Téléchargements
Vos réponses
Gagnez chaque mois un abonnement Premium avec GNT : Inscrivez-vous !
Trier par : date / pertinence
anarcho-terroriste
Le #17534691
Le bas de la ville inquiète . Non pour l'image de misère qu'il affiche,
mais pour l'échec de la cohabitation des communautés qu'il souligne. Le
refus de vivre «avec»les belges, de se fondre dans la société civile, la
volonté de rester «à coté» s'affichent ouvertement . La tradition, qui
fait obstacle à l'intégration espéré, s'alimente à deux sources. Au bled,
l'émigré
cherche invariablement à se démarquer du cliché de sa « modernité ».
L'imagerie
sulfureuse du chrétien, de la laïcité, du porc dans l'alimentation, de
l'alcool,
de la débauche, de la famille cassée ou éclatée, des filles occidentalisées,
du coran délaissé, suscite au « pays » crainte et défiance à l'égard de
l'émigration.
En signe d'allégeance aux siens l'émigré se fait zélateur de la coutume et
du passé familial . D'un autre coté, la femme, et surtout la mère vénérée
par le fils sublimé (dispensé des corvées ménagères réservées aux filles),
reste gardienne de la maison et de la tradition. C'est elle qui ordonnance
la vie domestique, l'accueil des invités, les cérémonies religieuses, les
mariages, la vie familiale . Invisible, elle est partout. Pas sans
intérêt. Quand la femme porte le voile, l'homme reste sur le chemin des
ancêtres et consent à la dévotion. Le féminisme européen titillé par la
condition de la femme musulmane incrimine le machisme des hommes alors que
le noud du problème n'est qu'en petite partie chez l'homme et moins encore
en Belgique. Ce n'est pas le voile ''ostentatoire'' ici dénoncé qui pose
problème , mais, bien plutôt, la «mentalité village», conséquence directe du
regroupement familial et de la densité sociale. A l'inverse, la « mentalité
village » conteste le voile de l'assimilation et lui oppose le voile
protecteur de la tradition . Ainsi, 50% des filles portent foulard ou voile
traditionnels à partir de 12 ans et 50% de celles qui ne les portent pas
conviennent de les porter après mariage. C'est mon choix disent-elles. Ou,
leur fait-on dire .Le dialogue n'est plus possible.



La jeunesse éveillée, en voie d'intégration, se
contente de jouer les faire valoir des partis politiques en quête
d'électorat.
Les meilleurs ânonnent le bréviaire des anciens politiciens. Elle est
incapable d'idéologiser son intronisation en termes de progrès et de lutte
politique comme s'il fallait toujours bien séparer le milieu familial des
valeurs de la société civile de peur de compromettre ou de trahir les siens.
On ne se bat pas pour un projet de société, mais bel et bien pour hisser en
bloc l'immigration et son cadre social dans le pays d'accueil. On se bat
contre le rejet des autres, pas pour l'intégration des siens. Le
renoncement ne s'exerce pas à l'égard de la tradition mais de l'intégration,
de la vie citoyenne.



La citoyenneté n'est, en vérité, qu'une arme de
conquête, pas ce lieu de rencontre et d'échange républicain apte à rendre la
vie conviviale. Et quand l'Islam en France devient l'Islam de France et,
qu'au
même moment, la chrétienté dans les pays musulmans devient une religion
maudite, expurgée de ses terres d'origine par massacres et assassinats avec
le soutien enflammé ou silencieux des mosquées, on entre au cour d'un abcès
explosif d'incompréhension. Les laïcs compatissants ne réalisent pas, qu'en
dépit de la tolérance qui les anime, ils ne sont aussi, aux yeux des
islamistes, qu'un appendice de la chrétienté ou d'un agnosticisme vomi dans
les pays musulmans. Désarmés par un trop long silence, les laïcs sont
maintenant pris de court face à la réplique des nouveaux belges « je suis
belge et ma vie perso ne vous regarde pas » , ou, en France, par le «
arrêtez de me parler d'intégration, je suis Français, point barre ». A force
d'avoir répété aux immigrés que le communautarisme est le moindre mal,
plaisant et légitime, on a fini par légitimer le ghetto et encourager le
parasitisme. Paradoxalement, la critique la plus vive contre les nouveaux
arrivants vient des plus anciens immigrés qui ont connu le travail miséreux
pendant la colonisation, la guerre 39-45 ou le ramassage d'une main d'ouvre
bon marché destinée aux chantiers de reconstruction de l'après-guerre. Dans
la difficulté de s'établir, les nouveaux arrivants en mal d'image s'en font
des ergots. « Nous sommes dans l'album de famille », affirment-ils, « voyez
le film, les indigènes » ! . Les anciens, eux, ça les irritent ; ils sont
d'un
autre monde et se souviennent que l'Empire colonial les brimait et qu'il
fallait l'abattre.



Le jeu politicien est étonnant . «
Bruxelles c'est la cage aux singes », venait se moquer voilà 20 ans le
Docteur Albert, un voisin marrant qui ne faisait pas dans la demi mesure.
Derrière la bonhomie de l'imagerie officielle et le laisser-aller
d'apparence
libérale, force est de constater que l'économie souterraine de l'immigration
et l'opacité du traditionalisme familial amplifient tentaculairement
l'appontement
et la croissance migratoire. Une nouvelle route commerciale est même née en
Europe, qui pose aussi problème au Maroc traditionnel . On estime
actuellement que trois millions d'émigrés rentrent chaque année au Maroc
pour y passer leurs vacances . L'essor affiché du nord marocain résulte
directement des transferts venus d'Europe, supérieurs d'évidence aux seuls
revenus du travail. Parallèlement, l'opposition régionaliste reprend de la
vigueur, comme un retour de bâton que la Monarchie naïve ne voit pas venir.
Mais, pour ces mises en scène et ces tartufferies de la démocratie et du
nationalismeté que de noyades tragiques de migrants clandestins à la
traversée du détroit de Gibraltar, martyrs anonymes d'un voyage innommable
de la nuit !



c/ Echec de l'intégration, échec de la décolonisation



L'échec de la décolonisation apparaît dans l'absence quasi
totale de règles nouvelles relatives aux flux migratoires. Depuis
l'indépendance
des pays ex-colonisés, la traite négrière fonctionne en roue libre, sans
obstacles.

En Europe, un vide de main-d'ouvre s'était formé : plus de 25 millions
d'hommes
ont été tués ou blessés pendant la guerre mondiale 39-45, puis , 6 à 7
millions de prisonniers de guerre allemands soumis au travail obligatoire
jusque 1950 ont été progressivement libérés. Ce n'est pas rien. Il a fallu
compenser. Une armée de plus de 12 millions de travailleurs immigrés a alors
été levée, pour combler le vide démographique lors de la reconstruction
d'après-guerre,
puis, pour faire face aux besoins de la guerre concurrentielle que se
livrent impitoyablement aujourd'hui les entreprises et les pays au plan
mondial.



Au regard de ce constat banal, c'est la montée
de la nouvelle problématique de l'immigration qu'il faut analyser.
L'intégration
en Europe, préoccupation devenue essentielle, oppose ainsi plus que jamais,
l'identité des uns à celle des autres. Dans ce conflit, la
communautarisation devient le mode de régulation des rapports sociaux. La
gauche s'y fait impopulaire. Elle imagine être dans le vrai combat de
l'immigration
en attaquant la fracture sociale et la société duale au niveau du petit
peuple laborieux forcé par tous d'ouvrir les portes de l'intégration dans
son espace, au grand plaisir d'un libéralisme bourgeois pour qui le coût de
la main-d'ouvre et les avantagecquis sociaux sont à réduire prioritairement.

Mais, le schéma dual de la gauche offensive, pour être crédible, supposerait
une volonté simultanée d'accueil des uns et d'intégration des autres . Or,
personne n'y consent vraiment puisque le problème de fond n'est jamais posé
clairement. Même si ma Commune s'investit considérablement dans la lutte
contre les inégalités en faveur des populations nouvelles. Pour jouer
l'apaisement,
on voit ainsi le bourgmestre défiler dans la rue derrière des troupes
musicales marocaines à l'occasion des fêtes musulmanes, quand fêter Noël
dans le quartier devient quasiment une provocation.

Malheureusement pour les bonnes volontés de gauche,
les centres de profit sont ailleurs. Les modifications migratoires mises e
oeuvre derrière les transformations sociales ont en objectif de moins en
mois caché de phagocyter le milieu d'accueil. Ce n'est plus de l'immigration
de misère, mais une colonisation de peuplement tapie dans l'ombre, dont il
s'agit.
La communautarisation ouvre un champ de bataille, une poudrière, en
banlieues en France, aux centres villes en Belgique. La pire pour les
générations à venir tant elle s'édifie sur d'incommensurables contradictions
sociales et culturelles.



Schématiquement, le ghetto social n'a pas la
problématique du ghetto ethnique . Le premier proteste et mobilise contre
l'exclusion
et la précarité . Il est conflictuel, mais intégrateur . Une génération
suffit à l'effacer. Le ghetto ethnique, en revanche, dresse une communauté
étrangère, appuyée sur l'économie souterraine et le commerce extérieur,
contre l'organisation sociale du pays d'accueil bâtie elle sur l'économie
locale . Il est antagonique, insoluble et plus violent dans la défense de
son territoire.

Pour comprendre la signification
des émeutes de banlieues, journalistes, éducateurs, intellectuels et
politiques sont allés scruter l'abîme qui sépare les cultures, les
attitudes, les comportements. A la suite de leurs investigations, les
spécialistes viennent proclamer que le gros problème est celui de la
différence identitaire, du rejet et donc de l'effort de rapprochement et de
médiation à faire. Ils ont évidemment raison. Mais, au lieu d'aller aux
solutions, ils ne font qu'approfondir le fossé en clamant le mal sans le
soigner. Leur objectif ne vise toujours, en effet, qu'à refouler ou évacuer
la problématique identitaire en évitant, avec mille contorsions, de la
prendre par le cou, de la considérer en tant que traite négrière et
processus de dérèglement de la décolonisation. Ainsi, les spécialistes ne
font-ils que remblayer le fossé par une mauvaise terre sans maîtriser la
communautarisation tenue pour un épiphénomène de l'évolution générale, une
fièvre passagère du samedi soir.

Sans forcer le trait, il me semble que les
techniques d'intégration mises en ouvre face à l'immigration sont encore
largement inspirées des vieilles méthodes psychanalytiques de rééducation
appliquées aux opposants politiques en URSS au temps de la guerre froide.
D'abord,
faire prendre conscience à l'émigré de sa différence et de son infériorité,
ensuite le rendre fautif et coupable de sa condition et enfin, l'amener
docile sur le bon chemin de la reconstruction identitaire. En somme, broyer
ou, mieux, tuer l'émigré dans l'immigré. Voilà un objectif d'intégration à
peine voilé levier du communautarisme radical . Mais, à la faveur du nombre
et de la densité, la psychanalyse reste désarmée. C'est, comme disent les
marxistes, une science bourgeoise centrée sur l'individu et non sur la
réalité sociale. Dans la morne plaine sociale, les émeutes de banlieues, les
rebellions contre l'ordre, les incivilités, les atteintes à la propriété et
aux personnes témoignent que l'intégration républicaine ou nationale,
c'est
surtout l'identité assassinée, castrée, droguée, blessée. Ah, la belle
victoire des académies que ce meurtre de l'homme, la fleur au fusil !

La question de l'intégration de l'immigré reste donc, non pas, a
priori, de le vêtir par force ou par persuasion d'une nouvelle identité ,
mais de lui permettre d'exprimer la sienne et de s'y accomplir dans la
collaboration et la cohabitation consensuelles des cultures.



Si l'octroi de la nationalité et l'intégration ne sont
pas l'objectif assigné sous cape, il serait alors opportun de poser plus
clairement, les règles de cohabitation des populations étrangères en séjour
simplement provisoire. L'urgence est, en conséquence, de reconsidérer cette
volonté extravagante d'imposer, même aux immigrés en séjour provisoire, les
exigences statutaires de la naturalisation, laissant faussement croire dans
les ghettos et les banlieues, que les deux notions d'intégration et de
cohabitation recouvrent les mêmes champs de droits et de devoirs, les mêmes
conventions d'obligations sociales. L'absence de règles migratoires et de
statut sont bien la cause première du grave dérapage des rapports sociaux.

En
France, on ne comprend pas encore qu'il est important, non seulement de
clarifier la différence des deux notions, mais de combattre aussi le
«ni-intégration-ni-cohabitation» qui déstabilise les immigrés et affaiblit
la qualité de leur lien social . Cette clarification implique d'ouvrir
autre chose que des parkings de la misère, zones franches ou partage du
temps de travail vides de sens social. Par exemple, « aider à implanter, au
cour des quartiers populaires, des îlots de production et d'artisanat,
fourmilières de petits ateliers hyperactifs libres, à forte intensité de
main-d'ouvre, véritables greffons de tissu social, créateurs de sens et de
valeur ajoutée, ouverts dans une perspective de revitalisation de l'économie
urbaine et régionale . J'avais ainsi plaidé en faveur de ce micro modèle
économique (« Le Soir » du 27/7/87) au vu de ce qui se passait à Bruxelles,
bien avant les premières émeutes de 1991, singulièrement lorsqu'on atteint
des seuils de pauvreté quasi-asiatiques et que se rompent les dernières
chaînes de solidarité sociale. Michel Rocard m'avait écrit son doute à
propos de l'exemplarité du quartier du Sentier à Paris . Malheureusement,
seuls la drogue, la délinquance et les trafics de l'économie souterraine, et
l'explosion de l'assistanat social, ont, depuis, atténué l'ampleur du
problème, mais au prix de grandes tensions communautaires. Il est vrai, que
l'immigration, vingt ans après, n'est plus qu'en petite partie celle du
travail et de la misère.

On voit bien pourtant, que la précarisation de l'économie et l'abaissement
des conditions sociales accélèrent fatalement les migrations. Et comme les
emplois ouverts aux immigrés ne parviennent pas à contrebalancer le dumping
international, ils se traduisent au final par une montée rapide des
étrangers dans les statistiques du chômage, confirmant par ailleurs le fait
que le coût du travail précaire s'accroît du lourd fardeau des budgets
sociaux et, de surcroît, ne corrige pas et même amplifie le cercle vicieux
du dépérissement national dus aux délocalisations spéculatives effectuées
sans arbitrage ni régulation.



Le double échec de
l'identité
nationale des uns et de l'intégration des autres, mais, aussi, le risque de
transformer les pays plus ouverts en bassin d'accueil des populations
immigrées mal installées ou menacées dans d'autres pays , dépassent la
réflexion de l'homme politique incapable d'agir au-delà de l'homéopathie
des budgets sociaux d'intégration. L'anticolonialisme revanchard et le
nationalisme d'exclusion chauffent leurs troupes. Dans les deux camps mon
idéal de cohabitation est occulté, bafoué. Comment dire aux uns et aux
autres qu'ils se font prisonniers d'une migration à contre sens de
l'indépendantisme
et que tous payeront par leurs enfants l'antinomie politique instituée.
Que là est pourtant bien le dilemme occulté totalement par les responsables
politiques qui, là-bas, donnent l'envie de fuir le pays d'origine , et qui,
ici, attirent l'immigration avec un miroir aux alouettes et soignent la mal
vie des banlieues par des jeux d'apparence: le chômage, les petits boulots,
la formation périmée, la famille en déclin, la mal bouffe, les aides
sociales, la dépersonnalisation... La traite négrière refuse de dire son
nom.



S'ajoute, enfin, un problème idéologique
largement masqué par la crise économique dans une Europe à la fois en mal de
main-d'ouvre et en proie au chômage. Le Droit laïcisant occidental, en
refoulant les défenses religieuses de la société-nation vers la sphère
privée , donne à croire aux forces culturelles étrangères qu'il leur ouvre
un espace de liberté inconditionnelle sur une terre sans croyance. La
mondialisation accentue cette opinion : ainsi, l'ultralibéralisme abat les
frontières, l'Inde et la Chine envahissent les marchés et la compétition
économique ne cesse de clamer son besoin urgent de chair à canon.

La désinformation à cet égard nourrit la conviction dans la
population musulmane que sa mystique, même sans support scientifique, est
apte à amener les européens vers une forme plus ouverte de relations
sociales, et que seule la haine raciste d'un petit nombre s'oppose encore à
l'entrée sanctifiante de la religion dans la vie civile, sociale et
nationale en Europe. Dans leur élan, les islamistes affirment à tort que la
laïcité s'oppose à la religion, alors qu'elle la facilite et même la défend,
à la condition ( jugée inadmissible par eux) de respecter les autres
religions et l'agnosticisme. De l'autre côté, les laïcs ne voient pas que la
faille de l'ouverture en France (la tolérance) et le respect imposé des
identités religieuses créent un effet levier de communautarisation des
immigrés et fatalement de séparation et d'affrontement.

Les conditions conflictuelles de l'irrédentisme islamique sont installées.
Malheureusement, les pays d'émigration musulmane ne voient pas dans leur
jubilation stupide que la main tendue aujourd'hui aux immigrés et le flot de
bonnes paroles prodiguées par les gouvernants européens cachent mal le
glaive millénaire tenu dans l'autre main par les bouffons et les caviars.

Ainsi, le discours aveugle des humanistes, des
écolos et des laïcs ne fait qu'aiguiser des conflits historiques calamiteux
au lieu de les désarmer. Ce n'est pas l'identité qu'il faut réduire ou
dépecer, ce sont les conditions statutaires de l'immigration qu'il faut
clairement définir. Le mélange des genres est déplorable et contribue à
pénaliser les pays d'émigration.

A travers l'immigration, j'ai, à la fois sous les yeux, un
impensable contre-exemple de la relation Nord-Sud et la preuve manifeste que
le chemin de la décolonisation est détourné. L'identité communautaire est en
conflit frontal avec l'intégration laïque et citoyenne. Je hais, cette
double injustice des guerres de territoires et des haines culturelles sur
fond d'identité, le non sens de cette sociologie aveugle du passé,
l'indignité
des politiciens qui ne font des hommes que du bétail à consommer.



En France et en Belgique, un malaise
profond s'est installé au cour de la société. Le malaise n'est pas que celui
des bavures policières mises en cause par les lobbies de l'immigration.
Interpellée, la gauche instrumentalise l'extrême droite pour se détourner de
la mécanique brisée de la décolonisation . Devant les pirouettes
politiciennes, on devine que la fin des idéologies proclamée par les
intellectuels de service, chiens de garde de la pensée unique, est une
mystification, un leurre grossier. Jamais, en effet, un grand projet de
société mobilisateur et fédérateur n'a autant manqué, qui empêcherait que
l'état
de droit ne devienne une pénalisation de la vie collective et citoyenne.

Pendant ce temps, nationalistes bouffons et démocrates caviars, ivres de
conquêtes, chantent sous les vieilles lunes de leur gloire les richesses
d'un
Eldorado imaginaire qu'ils vont ouvrir à leurs enfants.
Publicité
Poster une réponse
Anonyme