La MAO est morte, et ce forum avec...

Le
voir_le_reply-to
et usenet aussi peut-être, d'ailleurs.

J'avais juste envie de poser un jalon pour marquer la fin provisoire
d'une histoire (sera-ce le début d'une autre ?)

Il y a eu ainsi une aventure, qui dans un premier temps utilisait des
marchines rares et hors de prix (4X, UPIC années 60-70)

Cette aventure s'est démocratisée, dans un premier temps avec
l'avènement du MIDI (1983) puis via la popularisation des ordinateurs
personnels. C'est probablement à la fin des années 80 et au début des
années 90 qu'on a vraiment pu parler d'une apogée de la musique
"assistée par ordinateur".

Elle s'est ensuite spécialisée dans diverses "branches" dont certaines,
pour importantes qu'elles soient au plan théorique, restent très
minoritaires en termes de diffusion : branches de recherche et
d'analyse, de musique spéculative, d'éducation et d'enseignement, de
"vraie" gravure de partitions (on se satisfait désormais des outils
intégrés aux séquenceurs), de synthèse sonore, d'accompagnements
automatisés

Deux phénomènes sont alors intervenus pour mettre les pendules à
l'heure : le business (essentiellement sous l'angle des profits
financiers espérés/obtenus, avec des effets de bord importants induits
par les *seuils*), et la rupture de transmission des connaissances
(essentiellement sous l'angle de la disparition des espoirs et
aspirations à mieux faire, à découvrir).

Il reste de tout ça un océan de vide au niveau théorique, avec des ilôts
technocratiques purement utilitaires (agrégateurs de boucles) et
quelques fossiles vivants naviguant en eaux profondes (je suis le
coelacanthe de ces lieux ! Pas étonnant que le forum soit encore
fréquenté par quelques plongeurs d'ailleurs ! ;-))

Pas de quoi animer des discussions. Et d'ailleurs elles se sont
éteintes.

Je souhaite seulement témoigner du fait qu'au long de cette histoire il
y a eu des pertes (omme dans de nombreux autres domaines d'ailleurs).
Pour l'instant la MAO a raté sa vocation à s'intégrer aux arts majeurs.
Il n'y a pas d'initiation. Pas de transmission. Peut-être n'est-ce que
provisoire ? Une renaissance à venir ? Un "revival" ? Faudra-t-il en
passer par un purgatoire de "temps barbares" ? On verra.

--
Gérald
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Paul Gaborit
Le #26256102
À (at) Wed, 9 Jul 2014 02:08:35 +0200,
(Gerald) écrivait (wrote):

...et usenet aussi peut-être, d'ailleurs.



Usenet est certainement en voie d'extinction... et donc ce groupe de
discussion comme beaucoup d'autres. Les échanges se font évidemment
ailleurs (la bonne question est où).

Mais la MAO (musique assistée par ordinateur) n'est certainement pas
morte. Elle en est tout juste à ses premiers balbutiements. La musique
est évidemment aussi "éternelle" que l'humanité. Et l'être humain,
depuis toujours, utilise tout ce qui lui tombe sous la main pour faire
de la musique. Donc "l'ordinateur" (où ce qu'il deviendra) servira
toujours la musique d'une manière ou d'une autre.

Ce qui évolue, c'est l'ordinateur lui-même. C'est pour cela que la
transmission n'a pas (encore) lieu d'être. Un enseignement de solfège,
de théorie musicale ou de violon restera valable à l'échelle d'une
vie. Un enseignement lié à un outil informatique est rapidement
obsolète.

[...]
Deux phénomènes sont alors intervenus pour mettre les pendules à
l'heure : le business (essentiellement sous l'angle des profits
financiers espérés/obtenus, avec des effets de bord importants induits
par les *seuils*), et la rupture de transmission des connaissances
(essentiellement sous l'angle de la disparition des espoirs et
aspirations à mieux faire, à découvrir).



Le discours « c'était vachement mieux avant » est régulièrement tenu
depuis plus de 4000 ans (et sans doute depuis bien plus longtemps).
Cette constance ne lui donne heureusement aucune once de validité.

Je souhaite seulement témoigner du fait qu'au long de cette histoire il
y a eu des pertes (omme dans de nombreux autres domaines d'ailleurs).



De quelles pertes parles-tu ?

Pour l'instant la MAO a raté sa vocation à s'intégrer aux arts
majeurs.



La MAO n'est pas un nouvel art. Cela reste de la musique. En tant que
technique, elle me semble parfaitement intégrée tant dans le business
que dans la musique populaire ou la musique "contemporaine".

Mais les usages et les technologies continuent d'évoluer très vite
(comme pour tout ce qui concerne l'informatique). Nul ne peut donc dire
ce qui adviendra.

Il n'y a pas d'initiation. Pas de transmission. Peut-être n'est-ce que
provisoire ? Une renaissance à venir ? Un "revival" ? Faudra-t-il en
passer par un purgatoire de "temps barbares" ? On verra.



À quoi veux-tu initier ? Que veux-tu transmettre ?

L'utilisation d'un Korg MS20, d'un Moog de 1re génération ? De Cakewalk
? De Finale ? Tous ces produits n'existeront plus que dans des musées
d'ici peu de temps.

Heureusement, l'initiation et la transmission de la musique perdure et
perdurera bien plus longtemps que nous !


--
Paul Gaborit -
voir_le_reply-to
Le #26256242
Paul Gaborit
Heureusement, l'initiation et la transmission de la musique perdure et
perdurera bien plus longtemps que nous !



Nous sommes d'accord en ce qui concerne la musique en tant qu'art.

Mais pas d'accord en ce qui concerne la musique en tant que business.

Et malheureusement (selon moi) la MAO a raté son accès à la première et
se cantonne à la seconde. Dès qu'on se pose des questions en matière de
créativité, d'innovation, d'expressivité, de dynamique, de transmission
d'émotion sensible, les exemples deviennent rares et amènent à une
deuxième question : serait-ce possible sans MAO ? (auquel cas elle ne
servirait que de décor).

Note qu'en matière d'art musical il est facile d'identifier les
*révolutions* qui ont été induites par exemple par l'emploi de nouvelles
règles d'harmonie, d'orchestration, de nouvelles libertés rythmiques...
il est plus difficile d'identifier des avancées historiques dans
lesquelles la MAO aurait sa place "irremplaçable".

Des exemples ?

--
Gérald
P.a.S
Le #26256382
Très intéressante ta réflexion Gérald et observation très pertinente.

Bah la MAO n'est qu'un instrument, qu'un moyen de faire de la musique
parmi d'autres... et c'est tant mieux, il serait triste qu'elle prenne
toute la place; on aurait plus que de la musique technique (=Techno ?)

Il est vrai que perso, je l'utilisais plus il y a une vingtaine d'années
et aujourd'hui, elle ne représente guère plus que mes autres
"instruments traditionnels", elle reste une aide à l'apprentissage, la
compo, l'écriture...

Peut être, à notre insu, la technique commençait elle à prendre trop de
place dans l'art ??? témoin, la demande pour les tubes des années 70/80,
l'approche différente de groupes comme Daft Punk, l'ascension d'artistes
comme Pharell Williams et l’indéboulonnable Nile Rodgers.

L'ordinateur est juste devenu un instrument (et/ou un outil) comme un
autre, c'est tout ... et c'est bien. En musique, à part la voix, il n'y
a rien de "naturel".

la TD30 cohabite avec les bonnes vieilles Ludwig trigguées et la SDS9 ne
se trouve plus que dans les musées, c'est pas plus mal.
º¿º
voir_le_reply-to
Le #26256432
P.a.S
Bah la MAO n'est qu'un instrument, qu'un moyen de faire de la musique
parmi d'autres...



Oui mais pas plus pas MOINS que les instruments, des origines à nos
jours !

et c'est tant mieux, il serait triste qu'elle prenne
toute la place; on aurait plus que de la musique technique (=Techno ?)



Ah non, ah non ! Pas d'ac' du tout ! Dans le tournant qui s'est amorcé
dans les années 80-90, une tendance, dont je tentais de faire partie, a
essayé d'amener la musique électronique et l'informatique musicale à la
dignité d'instrument de musique à part entière aussi irremplaçables
qu'ont pu le devenir, avant elle, le Fender Rhodes ou l'orgue Hammond
pour parler d'instruments électrifiés récents.

Cette tentative était multipolaire : contrôleurs MIDI en amont, synthèse
sonore en aval, et commandes informatiques en latéral voire au centre.

Les obstacles ont été nombreux :
- problèmes industriels techniques et commerciaux pour les instruments,
- incluant pérénité nécessaire des *nouveautés* pour laisser le temps à
l'émergence d'une culture associée (+ obsolescence programmée !),
- problèmes d'impossibilité à rémunérer le temps passé à la création ET
absence de protection légale de ces créations,
- perte du goût pour l'apprentissage des jeunes génération (générations
de l'immédiateté et du bling-bling), perte du goût du public pour la
subtilité, la finesse, le rêve.

...au profit, effectivement et en gros, de la techno et de la soupe pop.

Mais ce constat n'est porteur, en soi, d'aucune prédiction sur ce qui
peut ou pas se passer dans l'avenir, pour l'une ou l'autre tendance.
Juste oblige, provisoirement, à beaucoup de modestie (et de patience !).

--
Gérald
P.a.S
Le #26256992
et c'est tant mieux, il serait triste qu'elle prenne
toute la place; on aurait plus que de la musique technique (=Techno ?)



... dans les années 80-90, une tendance, dont je tentais de faire partie, a
essayé d'amener la musique électronique et l'informatique musicale à la
dignité d'instrument de musique à part entière aussi irremplaçables
qu'ont pu le devenir, avant elle, le Fender Rhodes ou l'orgue Hammond
pour parler d'instruments électrifiés récents.

Cette tentative était multipolaire : contrôleurs MIDI en amont, synthèse
sonore en aval, et commandes informatiques en latéral voire au centre.

Les obstacles ont été nombreux :
- problèmes industriels techniques et commerciaux pour les instruments,
- incluant pérénité nécessaire des *nouveautés* pour laisser le temps à
l'émergence d'une culture associée (+ obsolescence programmée !),
- problèmes d'impossibilité à rémunérer le temps passé à la création ET
absence de protection légale de ces créations,
- perte du goût pour l'apprentissage des jeunes génération (générations
de l'immédiateté et du bling-bling), perte du goût du public pour la
subtilité, la finesse, le rêve.

...au profit, effectivement et en gros, de la techno et de la soupe pop.



et c'est peut-être bien ce qui a le plus desservi notre démarche ! une
trop grande facilité d'utilisation, l'utilisation de boucles en "prêt à
jouer", des sons aseptisés et des synthés qui n'ont plus aucune identité...
º¿º
Paul Gaborit
Le #26257292
À (at) Wed, 9 Jul 2014 12:26:05 +0200,
(Gerald) écrivait (wrote):

P.a.S
Bah la MAO n'est qu'un instrument, qu'un moyen de faire de la musique
parmi d'autres...



Oui mais pas plus pas MOINS que les instruments, des origines à nos
jours !



Si ! Beaucoup moins ! Car un ordinateur a une durée de vie bien
inférieure à n'importe quel autre instrument de musique.

et c'est tant mieux, il serait triste qu'elle prenne
toute la place; on aurait plus que de la musique technique (=Techno ?)



Ah non, ah non ! Pas d'ac' du tout ! Dans le tournant qui s'est amorcé
dans les années 80-90, une tendance, dont je tentais de faire partie, a
essayé d'amener la musique électronique et l'informatique musicale à la
dignité d'instrument de musique à part entière aussi irremplaçables
qu'ont pu le devenir, avant elle, le Fender Rhodes ou l'orgue Hammond
pour parler d'instruments électrifiés récents.

Cette tentative était multipolaire : contrôleurs MIDI en amont, synthèse
sonore en aval, et commandes informatiques en latéral voire au centre.



Une tentative bien sympathique... mais qui oublie à mon sens un point
important : un ordinateur n'est pas un instrument de musique. Ce n'est
pas un outil comme un autre. C'est un outil fondamentalement évolutif,
adaptable, modifiable... et malheureusement périssable (cf. ma remarque
précédente).

Les obstacles ont été nombreux :
- problèmes industriels techniques et commerciaux pour les instruments,
- incluant pérénité nécessaire des *nouveautés* pour laisser le temps à
l'émergence d'une culture associée (+ obsolescence programmée !),
- problèmes d'impossibilité à rémunérer le temps passé à la création ET
absence de protection légale de ces créations,



Ok pour tout ça.

- perte du goût pour l'apprentissage des jeunes génération (générations
de l'immédiateté et du bling-bling), perte du goût du public pour la
subtilité, la finesse, le rêve.



Ça, c'est entièrement faux : ce ne sont que des clichés et des discours
de comptoir.

Dès qu'on réussit à éveiller son envie, son désir, son intérêt, un jeune
d'aujourd'hui est tout autant capable de s'investir qu'un jeune d'il y a
10, 20, 50, 100 ans...

...au profit, effectivement et en gros, de la techno et de la soupe pop.



La "soupe pop" (pourquoi cracher dans la soupe ?) existait déjà
avant la MAO.

Il y a toujours des "nobles" pour cracher sur le "populaire". De ce côté
là, rien n'a changé (malheureusement).

Qui nous dit que la techno ou la pop d'aujourd'hui ne sera pas la
musique "classique" du futur ? ;-)

Mais ce constat n'est porteur, en soi, d'aucune prédiction sur ce qui
peut ou pas se passer dans l'avenir, pour l'une ou l'autre tendance.
Juste oblige, provisoirement, à beaucoup de modestie (et de patience !).



Tant mieux ! ;-)

--
Paul Gaborit -
voir_le_reply-to
Le #26257282
P.a.S
et c'est peut-être bien ce qui a le plus desservi notre démarche ! une
trop grande facilité d'utilisation, l'utilisation de boucles en "prêt à
jouer", des sons aseptisés et des synthés qui n'ont plus aucune identité...



En fait la musique de boucles m'indiffère. Bien sûr elle est
majoritairement médiocre mais les autres le sont-elles moins ? Et comme
les autres elle peut aussi avoir ses pépites. Laissons le temps juger.

C'est plutôt dans cette notion de facilité qu'est le problème. Et encore
seulement si on l'oppose à difficulté d'apprentissage (d'un nouvel
instrument par exemple). Parce qu'en soi, plus de facilité pourrait
aussi être un bien...

Il est très compliqué, quand on est au manettes de la création
d'instruments nouveaux, de savoir à la fois ce qui intéressera ou pas
"musicalement" les compositeurs et instrumentistes et motivera leur
investissement dans la nouveauté : achat puis apprentissage, puis
création avec. On a vu passer des Tenori-on, Zendrum, Seabord et autres
Continuum... pourquoi le Stick Bass a-t-il eu un succès (relatif) que
les autres n'ont pas eu (bon, il est acoustique, ok...).

Imagine que tu aies à concevoir matériellement un contrôle de souffle
(Breath Controller) pour clavier. C'est une possibilité intéressante
permettant d'agir en modulation sur le son de manière non-linéaire (au
contraire d'une molette ou d'une pédale), simulant certains effets
d'attaque des instruments à son tenu (cordes, cuivres etc.). Tu pars de
la page blanche en 1982. Quelle forme physique lui donner ? Comment cela
va-t-il impacter l'apparence de l'instrumentiste ? Quel lien pourra
faire le spectateur entre le son et son utilisation ? Quels réglages et
contrôles physiques faut-il prévoir sur l'appareil ? accessibles comment
(molettes, tournevis, switchs... agissant sur quoi ? Nature du
capteur... action des lèvres... faut-il prévoir qu'on puisse chanter
dedans façon vocoder ou "talk-box" ? et donc un mini-micro ?).

Ils se sont vautrés (il y a des résistants !). Bien. Note que les sons
programmés pour utiliser le BC étaient par définition "pauvres" sans
lui. Difficile de se rendre compte, et si en plus il fallait un
apprentissage (ou une programmation personnalisée) ! Ajoute les
problèmes d'hygiène/nettoyage rendant difficiles les "essais" en
magasin...

Et puis c'était très "cheap", plastique, jetable... Peut-être des
matériaux plus "nobles", une démarche plus "lutherie" auraient-ils mieux
marché ? À bâtir (plaqué ronce de noyer ? érable veiné ?) autour de ce
capteur de chez Interface-Z ?
Note que pour ouvrir le champ des possibilités, il peut fonctionner
aussi en aspiration et peut se brancher sur sac à air, soufflet... façon
cornemuse ou accordéon... ouh là !

--
Gérald
sebastienmarty
Le #26257302
Paul Gaborit
À (at) Wed, 9 Jul 2014 12:26:05 +0200,
(Gerald) écrivait (wrote):

> - perte du goût pour l'apprentissage des jeunes génération (générations
> de l'immédiateté et du bling-bling), perte du goût du public pour la
> subtilité, la finesse, le rêve.

Ça, c'est entièrement faux : ce ne sont que des clichés et des discours
de comptoir.



Ou du vieuconisme, pour faire court :)

--
[SbM]
"If the French were really intelligent, they'd speak English" (W. Sheed)
voir_le_reply-to
Le #26257402
Paul Gaborit
Si ! Beaucoup moins ! Car un ordinateur a une durée de vie bien
inférieure à n'importe quel autre instrument de musique.



Ses programmes et documents pas forcément. La question du "portage" des
anciennes compositions et réalisations est centrale dans tous les
centres de recherche musicale. Et pour l'instant les fichiers MIDI et
fichiers audio standardisés sont probablement plus pérennes que ne l'ont
jamais été aucune partition, de même que les programmes open-source.

Dès qu'on réussit à éveiller son envie, son désir, son intérêt, un jeune
d'aujourd'hui est tout autant capable de s'investir qu'un jeune d'il y a
10, 20, 50, 100 ans...



Il y a 50 ans, on n'attendait pas d'un jeune qu'il "s'investisse" !
Je ne dis pas que c'était "bien" mais différent c'est clair ! Ne pas
oublier que si on n'a pas commencé l'apprentissage du piano avant dix
ans, on ne deviendra jamais un virtuose (pour des raisons de synapses,
d'arrêt de développement du système nerveux etc.). Ce n'est pas un but
en soi, la virtuosité, mais ça fait une différence, car sauf exception,
la vraie motivation "personnelle" pour un instrument est rarement aussi
précoce.

Il y a toujours des "nobles" pour cracher sur le "populaire". De ce côté
là, rien n'a changé (malheureusement).



La musique "pop" n'est pas "populaire" ! C'est seulement du fric et du
music business. La musique populaire a toujours été respectée et l'est
encore, pour ce qui me concerne, dans toutes les parties du monde.
Toutes les suites de Bach, par exemple, sont des enchaînements de danses
populaires qui étaient effectivement dansées à l'époque. Je joue et me
passionne pour au moins deux instruments très "populaires", riches de
très nombreuses cultures exclusivement populaires (une vingtaine, à la
louche), qui n'ont aucune déduction ni équivalence en musique dite
classique (banjo 5 cordes et accordéon diatonique) (modulo quelques
exceptions : Béla Fleck ou Marc Perrone...)

Qui nous dit que la techno ou la pop d'aujourd'hui ne sera pas la
musique "classique" du futur ? ;-)



L'histoire et l'analyse qu'on peut en faire...

Mais j'admets que l'art contemporain brouille désormais bien l'écoute
(et la vision !) dans tous les domaines.

Pouvait-on savoir, aux débuts du jazz, que cette musique avait une
authenticité et une valeur propre ? Probablement oui si on avait les
moyens de l'intégrer dans son histoire/origine afro-américaine mélangée.

Peut-être que c'est l'absence d'inscription dans une histoire musicale
*quelle qu'elle soit* mais plutôt dans des mouvements sans rapport
direct avec la musique (phénomènes de mode vestimentaire, jeunisme,
références visuelles, textuelles, recherche de sensations physiques
fortes, rythmes, basses, niveaux sonores, éclairages, images vidéos
associées, identification physique...) qui fait que la musique pop (ou
que j'appelle telle) est hors course ?

--
Gérald
liaM
Le #26257832
Le 7/9/2014 12:26 PM, Gerald a écrit :
P.a.S
Bah la MAO n'est qu'un instrument, qu'un moyen de faire de la musique
parmi d'autres...



Oui mais pas plus pas MOINS que les instruments, des origines à nos
jours !

et c'est tant mieux, il serait triste qu'elle prenne
toute la place; on aurait plus que de la musique technique (=Techno ?)



Ah non, ah non ! Pas d'ac' du tout ! Dans le tournant qui s'est amorcé
dans les années 80-90, une tendance, dont je tentais de faire partie, a
essayé d'amener la musique électronique et l'informatique musicale à la
dignité d'instrument de musique à part entière aussi irremplaçables
qu'ont pu le devenir, avant elle, le Fender Rhodes ou l'orgue Hammond
pour parler d'instruments électrifiés récents.

Cette tentative était multipolaire : contrôleurs MIDI en amont, synthèse
sonore en aval, et commandes informatiques en latéral voire au centre.

Les obstacles ont été nombreux :
- problèmes industriels techniques et commerciaux pour les instruments,
- incluant pérénité nécessaire des *nouveautés* pour laisser le temps à
l'émergence d'une culture associée (+ obsolescence programmée !),
- problèmes d'impossibilité à rémunérer le temps passé à la création ET
absence de protection légale de ces créations,
- perte du goût pour l'apprentissage des jeunes génération (générations
de l'immédiateté et du bling-bling), perte du goût du public pour la
subtilité, la finesse, le rêve.

...au profit, effectivement et en gros, de la techno et de la soupe pop.

Mais ce constat n'est porteur, en soi, d'aucune prédiction sur ce qui
peut ou pas se passer dans l'avenir, pour l'une ou l'autre tendance.
Juste oblige, provisoirement, à beaucoup de modestie (et de patience !).





à votre avis, quelles oeuvres sont à écouter de la tendance dont vous
parlez (années 80-90) ?


Merci :)
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