[Medias PC] "De Guillon aux Guignols, les bouffons font la loi"

Le
Yoki
X-No-Archive: Yes

> [] L'affaire Guillon avait préparé les esprits au putsch des
> amuseurs. Putsch soft, au demeurant improvisé à partir d'un incident. Un
> ancien ministre mal réveillé se prend en pleine figure les blagues au
> vitriol d'un type payé pour jouer le garnement et qui le fait très bien.
> Comme les blagues reposent sur ses frasques réelles, et qu'il a oublié que
> la règle numéro un de ce jeu de cons est de faire bonne figure et d'affirmer
> qu'on trouve ça hilarant, il fait savoir qu'il n'est pas content.
> Accessoirement, il a aussi oublié que quand on se fait pincer la main dans
> le pot de confiture, il faut assumer. Bref, il grogne, pas très fort d'ailleurs.
> "C'est méchant et pas drôle." Immédiatement la machine à réécrire l'histoire
> se met en marche. Sur internet, la chronique de Guillon "fait" des
> centaines de milliers de connections. La rumeur enfle : DSK veut sa peau.
> Le président de la République qui essayait sans doute de faire savoir
> subtilement à Guillon tout le bien qu'il lui veut, y va de sa petite
> phrase. Là, c'est la légion d'Honneur. Sarko demande sa tête ! Il vient de
> gagner ses galons de martyr pour le jour où ses employeurs voudraient se
> séparer de lui. Au moins dans son triste exil, retrouvera-t-il d'autres
> résistants tombés au combat contre le tyran comme PPDA et Alain Genestar -
> ça va être fun dans le camp de travail. En sera-t-il réduit, comme ce
> pauvre PPDA à officier sur Arte ? On n'ose imaginer une telle issue.
>
> C'est l'émeute. Guillon est invité sur tous les plateaux à exposer
> avec solennité la haute conception qu'il a de sa mission d'intérêt
> général. "Le seul critère, c'est que ça fasse rire." Quelle fulgurance !
> Quelle hauteur de vue ! Quel courage ! La presse serre les rangs, consacre
> dossiers et analyses au Jean Moulin des ondes et des écrans. Pas un jour
> ne se passe sans que l'un des confrères du héros en remette une louche en
> signe de solidarité. Le pouvoir n'a qu'à bien se tenir. Nous ne sortirons
> que par la force des baïonnettes. De plus, Guillon est un fusil à deux
> coups. Son admirable courage rejaillit sur son employeur Jean-Paul Cluzel
> dont le départ était programmé par l'Elysée depuis belle lurette. Il sera
> désormais admis de tous que le président a décidé de le débarquer à cause
> de Guillon. (La plupart des confrères, probablement choqués sans oser l'avouer,
> ont assez vite renoncé à le défendre sur le coup du calendrier d'Act up
> pour lequel il a posé torse nu et le visage masqué. Il est vrai que
> lui-même a confessé une faute de goût ; sans doute a-t-il jugé qu'il
> serait assez hasardeux d'accuser Sarkozy d'homophobie.) Daniel
> Schneidermann dont l'obsession sarkozyste peut tempérer la justesse d'analyse
> tombe dans le panneau tête baissée : "Si le pouvoir cherche à déstabiliser
> Cluzel pour se débarrasser des impertinents de France Inter, écrit-il, il
> trouvera mille discours d'accompagnements." Hier, Jean-Marie Colombani se
> rengorgeait parce que, disait-il, "Le Monde fait peur". Désormais ce sont
> les Guignols qui font peur. Tremblez, puissants !
>
> Dans cette hilarante ambiance d'union sacrée autour d'un pauvre
> comique sans défense, le sacre des Guignols ne pouvait mieux tomber. Là,
> pas d'improvisation. Les festivités, organisées par les idoles que l'on
> célébrait, furent aussi fastueuses que celles que donnaient autrefois les
> souverains pour une naissance ou un mariage princier. Hélas, le bon peuple
> n'est plus invité à se réjouir et à faire bombance et libations jusqu'à
> rouler sous la table, mais à se masser devant ses écrans et à se goberger
> de spots publicitaires. Nos nouveaux rois ne peuvent pas lever l'impôt, il
> faut bien qu'ils vivent. D'ailleurs, leur pouvoir est le plus démocratique
> qui soit puisqu'il repose sur l'audimat. Un incomparable sujet d'émerveillement
> pour les commentateurs que ces audiences dopées et ventes qui s'envolent.
> L'impertinence paye. Pas trop mal d'ailleurs.
>
> Pendant que nous étions plantés devant nos télés, les célébrités ont
> bien dû avoir droit à quelques soirées à la mode d'avant, avec du vrai
> champagne et du pipole en veux-tu en voilà. Mais ne soyons pas chien, pour
> vous et moi, ils n'ont pas lésiné. Le gratin de l'humour et de la
> politique a défilé sur le plateau de Canal pour rendre hommage à ses
> maîtres. Les plus grandes gloires du journalisme bankable, ceux et celles
> qui ont une chance de passer à la fois dans Gala et dans Match, ont été
> invitées à dire leur petit compliment. Idée géniale et tellement
> innovante, la rencontre entre la caricature et l'original a été déclinée
> sous diverses formes, le personnage réel étant de toute façons invité à
> dire tout le bien qu'il pense de sa marionnette - on aurait aimé un
> Jean-Louis Debré un peu moins copain et un peu plus président du Conseil
> constitutionnel. Certes, les Guignols ont raté un gros coup, Chirac ayant
> décliné la proposition. Aucun humour, celui-là, et même pas la
> reconnaissance du ventre, puisqu'il a été décrété que l'ancien président
> devait son siège et sa popularité à sa marionnette (ce qui est peut-être
> vrai d'ailleurs).
>
> À entendre les responsables politiques rivaliser dans la flagornerie à
> l'endroit de ceux qui se paient leur tête, on comprend qui a le pouvoir.
> "Les Guignols sont toujours aussi mordants", affirme Le Parisien.
> Tellement mordants que la plupart des personnalités interrogées se
> débrouillent pour ne pas en dire de mal. "Ma marionnette me fait beaucoup
> rire" (Xavier Bertrand, type cool) ; "Je suis un fan inconditionnel. Mais
> je préfère la marionnette des autres à la mienne" (Jack Lang, comique
> involontaire) ; "C'est une forme de reconnaissance" (Yves Jégo, ministre
> méconnu). Pas très enthousiaste, Bayrou s'arrache cependant quelques mots
> aimables : "Au-delà du désagrément, il peut être utile de se faire cibler
> par les humoristes." Même Le Pen juge que les Guignols sont parfois
> "drôles et impertinents et parfois convenus". Faire rire Le Pen, c'est
> grave, non ? Heureusement, Philippe de Villiers est ouvertement hostile :
> non seulement il ne se reconnaît pas dans sa marionnette "catholique
> intégriste" et "xénophobe", mais il en a marre que les gens croient l'avoir
> vu à la télé alors qu'il n'y passe presque jamais, beaucoup moins en tout
> cas que son double de latex. On vous l'avait bien dit : il est coincé,
> celui-là.
>
> C'est François Hollande qui crache le morceau. S'il ne s'aime pas trop
> en benêt (encore qu'il préfère "passer pour un couillon" que pour un
> "salopard cynique") il n'a "aucun doute sur le fond culturel des Guignols
> basé sur des valeurs progressistes". Nous voilà soulagés et affranchis du
> même coup. Ce qu'on aime dans les Guignols, c'est qu'ils pensent comme
> tout le monde. Sous couvert d'impertinence, nos amuseurs ne font que
> répéter ce qui se dit partout à longueur d'antenne et de colonnes. Sarkozy
> est méchant, le Pape est méchant, Bush est méchant, Le Pen est méchant,
> les patrons sont méchants, nos redoutables trublions récitent chaque jour
> le catéchisme de la gauche convenable.

Elisabeth Lévi, Riez c'est un ordre,
http://www.causeur.fr/riez-c-est-un-ordre,2165
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claude bb
Le #19045991
"Yoki" 0uoBl.176442$
X-No-Archive: Yes

[...] L'affaire Guillon avait préparé les esprits au putsch des
amuseurs.






c'est long


sinon, j'avais jamais entendu parler de cette affaire, ais je raté qq chose?
pioche encore
Le #19046071
On 3 avr, 15:49, "Yoki"
X-No-Archive: Yes



>     [...] L'affaire Guillon avait préparé les esprits au putsch des
> amuseurs.


[...]
Elisabeth Lévi, Riez c'est un ordre,http://www.causeur.fr/riez-c-est-un -ordre,2165



Ben oui, quand les rieurs ne sont pas de son côté il vaut mieux fermer
sa gueule.
C'est une loi d'airain qu' Elisabeth ne changera pas, dût elle en
souffrir.
pioche encore
Le #19048161
On 3 avr, 15:49, "Yoki"
X-No-Archive: Yes



>     [...] L'affaire Guillon avait préparé les esprits au putsch des
> amuseurs.


[...]
Elisabeth Lévi, Riez c'est un ordre,http://www.causeur.fr/riez-c-est-un -ordre,2165



Ben oui, quand les rieurs ne sont pas de son côté il vaut mieux fermer
sa gueule.
C'est une loi d'airain qu' Elisabeth ne changera pas, dût elle en
souffrir.
--
Republié pour cause d'annulation abusive
LeLapin
Le #19046661
Yoki se fendait de cette prose :

X-No-Archive: Yes

[...] L'affaire Guillon avait préparé les esprits au putsch des
amuseurs. Putsch soft, au demeurant improvisé à partir d'un incident.
Un ancien ministre mal réveillé se prend en pleine figure les blagues
au vitriol d'un type payé pour jouer le garnement et qui le fait très
bien. Comme les blagues reposent sur ses frasques réelles, et qu'il a
oublié que la règle numéro un de ce jeu de cons est de faire bonne
figure et d'affirmer qu'on trouve ça hilarant, il fait savoir qu'il
n'est pas content. Accessoirement, il a aussi oublié que quand on se
fait pincer la main dans le pot de confiture, il faut assumer. Bref,
il grogne, pas très fort d'ailleurs. "C'est méchant et pas drôle."
Immédiatement la machine à réécrire l'histoire se met en marche. Sur
internet, la chronique de Guillon "fait" des centaines de milliers de
connections. La rumeur enfle : DSK veut sa peau. Le président de la
République qui essayait sans doute de faire savoir subtilement à
Guillon tout le bien qu'il lui veut, y va de sa petite phrase. Là,
c'est la légion d'Honneur. Sarko demande sa tête ! Il vient de gagner
ses galons de martyr pour le jour où ses employeurs voudraient se
séparer de lui. Au moins dans son triste exil, retrouvera-t-il
d'autres résistants tombés au combat contre le tyran comme PPDA et
Alain Genestar - ça va être fun dans le camp de travail. En sera-t-il
réduit, comme ce pauvre PPDA à officier sur Arte ? On n'ose imaginer
une telle issue.

C'est l'émeute. Guillon est invité sur tous les plateaux à
exposer
avec solennité la haute conception qu'il a de sa mission d'intérêt
général. "Le seul critère, c'est que ça fasse rire." Quelle
fulgurance ! Quelle hauteur de vue ! Quel courage ! La presse serre
les rangs, consacre dossiers et analyses au Jean Moulin des ondes et
des écrans. Pas un jour ne se passe sans que l'un des confrères du
héros en remette une louche en signe de solidarité. Le pouvoir n'a
qu'à bien se tenir. Nous ne sortirons que par la force des
baïonnettes. De plus, Guillon est un fusil à deux coups. Son
admirable courage rejaillit sur son employeur Jean-Paul Cluzel dont
le départ était programmé par l'Elysée depuis belle lurette. Il sera
désormais admis de tous que le président a décidé de le débarquer à
cause de Guillon. (La plupart des confrères, probablement choqués
sans oser l'avouer, ont assez vite renoncé à le défendre sur le coup
du calendrier d'Act up pour lequel il a posé torse nu et le visage
masqué. Il est vrai que lui-même a confessé une faute de goût ; sans
doute a-t-il jugé qu'il serait assez hasardeux d'accuser Sarkozy
d'homophobie.) Daniel Schneidermann dont l'obsession sarkozyste peut
tempérer la justesse d'analyse tombe dans le panneau tête baissée :
"Si le pouvoir cherche à déstabiliser Cluzel pour se débarrasser des
impertinents de France Inter, écrit-il, il trouvera mille discours
d'accompagnements." Hier, Jean-Marie Colombani se rengorgeait parce
que, disait-il, "Le Monde fait peur". Désormais ce sont les Guignols
qui font peur. Tremblez, puissants !

Dans cette hilarante ambiance d'union sacrée autour d'un pauvre
comique sans défense, le sacre des Guignols ne pouvait mieux tomber.
Là, pas d'improvisation. Les festivités, organisées par les idoles
que l'on célébrait, furent aussi fastueuses que celles que donnaient
autrefois les souverains pour une naissance ou un mariage princier.
Hélas, le bon peuple n'est plus invité à se réjouir et à faire
bombance et libations jusqu'à rouler sous la table, mais à se masser
devant ses écrans et à se goberger de spots publicitaires. Nos
nouveaux rois ne peuvent pas lever l'impôt, il faut bien qu'ils
vivent. D'ailleurs, leur pouvoir est le plus démocratique qui soit
puisqu'il repose sur l'audimat. Un incomparable sujet
d'émerveillement pour les commentateurs que ces audiences dopées et
ventes qui s'envolent. L'impertinence paye. Pas trop mal d'ailleurs.

Pendant que nous étions plantés devant nos télés, les célébrités
ont
bien dû avoir droit à quelques soirées à la mode d'avant, avec du
vrai champagne et du pipole en veux-tu en voilà. Mais ne soyons pas
chien, pour vous et moi, ils n'ont pas lésiné. Le gratin de l'humour
et de la politique a défilé sur le plateau de Canal pour rendre
hommage à ses maîtres. Les plus grandes gloires du journalisme
bankable, ceux et celles qui ont une chance de passer à la fois dans
Gala et dans Match, ont été invitées à dire leur petit compliment.
Idée géniale et tellement innovante, la rencontre entre la caricature
et l'original a été déclinée sous diverses formes, le personnage réel
étant de toute façons invité à dire tout le bien qu'il pense de sa
marionnette - on aurait aimé un Jean-Louis Debré un peu moins copain
et un peu plus président du Conseil constitutionnel. Certes, les
Guignols ont raté un gros coup, Chirac ayant décliné la proposition.
Aucun humour, celui-là, et même pas la reconnaissance du ventre,
puisqu'il a été décrété que l'ancien président devait son siège et sa
popularité à sa marionnette (ce qui est peut-être vrai d'ailleurs).

À entendre les responsables politiques rivaliser dans la
flagornerie à
l'endroit de ceux qui se paient leur tête, on comprend qui a le
pouvoir. "Les Guignols sont toujours aussi mordants", affirme Le
Parisien. Tellement mordants que la plupart des personnalités
interrogées se débrouillent pour ne pas en dire de mal. "Ma
marionnette me fait beaucoup rire" (Xavier Bertrand, type cool) ; "Je
suis un fan inconditionnel. Mais je préfère la marionnette des autres
à la mienne" (Jack Lang, comique involontaire) ; "C'est une forme de
reconnaissance" (Yves Jégo, ministre méconnu). Pas très enthousiaste,
Bayrou s'arrache cependant quelques mots aimables : "Au-delà du
désagrément, il peut être utile de se faire cibler par les
humoristes." Même Le Pen juge que les Guignols sont parfois "drôles
et impertinents et parfois convenus". Faire rire Le Pen, c'est grave,
non ? Heureusement, Philippe de Villiers est ouvertement hostile :
non seulement il ne se reconnaît pas dans sa marionnette "catholique
intégriste" et "xénophobe", mais il en a marre que les gens croient
l'avoir vu à la télé alors qu'il n'y passe presque jamais, beaucoup
moins en tout cas que son double de latex. On vous l'avait bien dit :
il est coincé, celui-là.

C'est François Hollande qui crache le morceau. S'il ne s'aime pas
trop
en benêt (encore qu'il préfère "passer pour un couillon" que pour un
"salopard cynique") il n'a "aucun doute sur le fond culturel des
Guignols basé sur des valeurs progressistes". Nous voilà soulagés et
affranchis du même coup. Ce qu'on aime dans les Guignols, c'est
qu'ils pensent comme tout le monde. Sous couvert d'impertinence, nos
amuseurs ne font que répéter ce qui se dit partout à longueur
d'antenne et de colonnes. Sarkozy est méchant, le Pape est méchant,
Bush est méchant, Le Pen est méchant, les patrons sont méchants, nos
redoutables trublions récitent chaque jour le catéchisme de la gauche
convenable.



Elisabeth Lévi, Riez c'est un ordre,
http://www.causeur.fr/riez-c-est-un-ordre,2165



Oui, et ?

--
LeLapin
Marc Lepetit
Le #19046971
LeLapin a écrit :

Yoki se fendait de cette prose :



Êtes-vous obligé de citer 111 lignes pour répondre :

Oui, et ?



?
LeLapin
Le #19046961
Marc Lepetit se fendait de cette prose :

LeLapin a écrit :

Yoki se fendait de cette prose :



Êtes-vous obligé de citer 111 lignes pour répondre :

Oui, et ?





Tout d'abord, dans le même registre, vous seriez gentil de répondre APRES
le message, ensuite oui, pour montrer le vide il faut le citer en entier.

(nonmécéki ce newbie qui donne des leçons ?)

--
LeLapin
Marc Lepetit
Le #19047061
LeLapin a écrit :

(nonmécéki ce newbie qui donne des leçons ?)



Je signe de mon nom, Monsieur LeLapin.
Noex
Le #19047561
Yoki avait écrit le 03/04/2009 :
X-No-Archive: Yes

[...] L'affaire Guillon





Chausse du 12. Dieudo, ça c'est de la pointure.
alex
Le #19048241
LeLapin wrote:

Tout d'abord, dans le même registre, vous seriez gentil de répondre APRES
le message,



C'est exactement ce qu'il a fait, en quotant comme il faut.
LeLapin
Le #19048591
Marc Lepetit se fendait de cette prose :

LeLapin a écrit :

(nonmécéki ce newbie qui donne des leçons ?)



Je signe de mon nom, Monsieur LeLapin.



Ca ne fait que confirmer votre connerie Monsieur Lepetit.

--
LeLapin
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