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13/01/2005 16:39 par Voice of Helmutica | 8 réponse(s) | Signaler un contenu abusif ou erroné
Faux-semblant ou vrai débat

*Le pluralisme des arguments doit être respecté. Si un référendum
est organisé, c'est parce qu'à la question posée, deux réponses
sont possibles, et non une seule>*

Jacques Chirac entame aujourd'hui la consultation des partis
politiques sur l'organisation de la campagne du référendum sur le
projet de constitution
européenne. On sait depuis les voeux présidentiels que ce scrutin se
tiendra avant l'été, probablement au début du mois de juin. Le
temps existe donc pour un débat public, sérieux, approfondi et
pluraliste.

Mais les partisans de la ratification, et notamment le président de la
République, veulent-ils vraiment donner au pays, aux citoyens, les
moyens de cette confrontation démocratique ? Cela reste pour l'heure
à prouver. Les pouvoirs publics organiseront-ils les conditions d'un
grand débat populaire ? Le texte du projet de constitution sera-t-il
adressé à chaque électeur ? Télévision et radios publiques
mettront-elles à disposition des temps d'antenne à des heures de
grande écoute ?

Évidemment, le gage d'une consultation démocratique sera donné si
le pluralisme des arguments est respecté. Si un référendum est
organisé, c'est parce qu'à la question posée - ratifier ou non
le projet de traité constitutionnel - deux réponses sont possibles,
et non une seule. Tout indique d'ailleurs que le « non » recueille
déjà le soutien d'un très grand nombre d'électeurs. Dans la
consultation interne du PS, plus de 40 % des adhérents ont voté pour
le « non ». Dans les derniers sondages, le « non » se situe
également au-dessus de 40 %. Le partage des temps d'antenne et celui
des espaces publics d'expression sont donc amplement légitimes.

Mais la tentation dominante chez les gouvernants européens est
évidemment à l'esquive. Dans la plupart des pays, la ratification
se fera à la sauvette, bien souvent sans référendum. En Italie,
Silvio Berlusconi obtiendra sans difficulté une ratification
parlementaire le 18 janvier prochain sans qu'aucune information
n'ait été réellement mise en débat dans le pays. En Espagne un
référendum se tient le 20 février, et dans les derniers sondages
publiés, 89 % des Espagnols disent tout ignorer du texte soumis à
ratification. Bien entendu, les gouvernants qui réduisent
aujourd'hui à la portion congrue l'information et le débat sur le
projet de constitution sont les mêmes qui versaient en juin dernier
des larmes de crocodile sur le faible taux de participation à
l'élection européenne.

En France, le déni de démocratie peut être évité. Nous disposons
de plusieurs mois avant le référendum pour mobiliser l'opinion
publique. Or, que voit-on dessiner ? Un laborieux échange de
faux-semblants entre partisans du « oui ». Jacques Chirac déclare
que le référendum n'est pas un scrutin « politique ». On aimerait
qu'il nous en dise alors en quoi consiste sa conception du «
politique ». Quant à François Hollande il invitait hier matin le
gouvernement à « rester le plus loin possible du débat européen ».
Formidable ! On demande aux Français d'adopter une constitution pour
l'Europe.

On nous dit que s'ils ne l'adoptent pas, c'est la fin du monde et
le chaos. Et en toute logique, il faudrait que le gouvernement de la
France et ses ministres, qui passent la moitié de leur temps à
négocier leurs faits et gestes avec Bruxelles, ne rendent aucun compte
dans ce débat de leurs actions nationales et européennes, pourtant si
intimement mêlées ! Non, tout cela n'est pas très sérieux,
surtout venant de la part de dirigeants politiques qui prétendent ne
jurer que par l'Europe.

En vérité, les choses sont beaucoup plus simples. La construction
européenne, les options qui fondent le projet de constitution
méritent un vrai débat. Nous estimons pour notre part que le texte
élaboré sous la houlette de Giscard vise à rendre intangibles les
politiques libérales que les Français rejettent dans leur majorité.
D'autres estiment le contraire. Donnons aux Français les moyens de
juger par eux-mêmes. Et ils voteront alors en connaissance de cause.
De cela, aucune femme, aucun homme de gauche ne peut avoir peur.
http://www.humanite.fr/journal/2005...-13-454634
 
Parties civiles
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