Après avoir nettoyé la première zone de la ville, vous accéderez aux deux autres portions tout aussi vides de vie, d’ingéniosité, de liberté d’action. Un grand pas en arrière a été fait avec cette production en terme de contenu, mais également au niveau de l’aspect graphique. Malgré un certain souci de proposer un moteur plus ou moins cartoonesque, le titre arbore des textures abominablement fades voire floues, ainsi que des modélisations honteuses par rapport à ce que la Wii peut faire en temps normal. Déjà que le level design ne casse pas des briques, force est de constater que les détails n’ont pas été pris en compte au niveau des décors (palmiers pixélisés, espaces verts unis, etc). Les effets pyrotechniques ne s’en sortent pas mieux puisque les explosions démontrent une pixélisation évidente digne d’une console 32 bits. Les développeurs auraient pu limiter l’excès de défauts en proposant par exemple un enrobage façon Comics accompagné de dialogues sous forme de bulles et autres effets kitsch, mais il n’en est rien et le préjudice est d’autant plus percutant.

On soulignera également l’excellent doublage français digne des plus grands nanars de l’histoire. Entre un capitaine qui sur-joue à mort, une collègue aux paroles poussives et un héros parfois inaudible, nous sommes bien servis pour une tranche de fou rire, d’autant plus que le script est extrêmement niais. Ne crachons pas dans la soupe non plus puisque le soft s’adresse avant tout aux très jeunes joueurs, plus regardants sur les sensations de jeu que la trame scénaristique.
En dépit d’un côté multijoueur en local comportant une poignée de modes disponibles à deux (incendie, poursuite, sauvetage, course du héros, passage de la bombe, et j'en passe),
Emergency Heroes se veut un jeu résolument lassant sur le long terme et ce, même si vous êtes un jeune joueur. Le titre d’Ubisoft se veut au final pauvre en terme de contenu, de graphismes, mais présente une prise en main intuitive bien que peu confortable si l'on se penche du côté des réactions que présentent les véhicules. Sans susciter un véritable intérêt d’achat, le soft brille cependant par son côté défoulant de part sa légère similitude avec le célèbre
Burnout.