Une fois que l'on a en tête l'histoire de la série,
Lost devient une aventure de qualité en tant que jeu vidéo. Le titre se décompose en plusieurs chapitres. Au début de chacun s'affiche, pour le plus grand plaisir des fans, le logo Lost et la phrase, annoncée par une voix au timbre grave, "
Précédemment dans Lost". S'enclenche alors un petit montage qui essaye de résumer les quelques péripéties vécues depuis le début de l'aventure. L'idée est bonne et très efficace.
Pour ce qui est du jeu en lui-même, le gameplay est classique mais varié. En premier lieu, il y a ce que l'on appelle des scènes d'exploration. Pour la plupart, elles se déroulent sur la plage. Il s'agit en gros de trouver des objets ou d'aller parler à des personnages précis. Certains d'entre eux, comme Charlie et Sawyer, proposeront même de faire des échanges d'objets, parfois indispensables pour espérer connaître le chapitre suivant. Ces scènes d'exploration sont également présentes au sein de la jungle de l'île. Certaines seront d'ailleurs plutôt oppressantes. En effet, la traversée de la forêt en abritant une dynamite dans le dos et en devant éviter la fumée noire qui fait son tour de garde nécessite de la concentration. Les traversées de grottes avec comme unique instrument une torche en bois enflammée ne mettent pas non plus particulièrement à l'aise, surtout quand l'univers sonore fait son travail, à défaut d'être percutant.
La seconde partie importante du soft est destinée aux séquences de résolution d'énigmes. La durée de vie, qui varie de quatre à six heures, dépendra d'ailleurs de la perspicacité à les résoudre. Dans l'ensemble, ces dernières sont plutôt ludiques et bien intégrées au jeu. Mention spéciale pour la scène de l'ordinateur qui se déroule dans le bunker, sans doute la meilleure intégration de ces scènes. Pour finir, diverses phases pimentent un peu l'histoire : que ce soit l'usage à deux reprises du pistolet ou des deux courses où Elliot doit courir le plus vite possible. Toutes deux s'avèrent plaisantes à jouer et permettent de ne pas faire tomber le jeu dans le piège de la répétitivité. De plus, elles sont servies par un moteur graphique, certes inégal, mais à certains moments impressionnantes de beauté.

Il est également important de noter que dans ces deux grandes parties s'intègrent des flashbacks où Elliot cherchera, muni de son appareil photo, à retrouver la mémoire. L'idée est plaisante mais le principe est sans doute trop simple : il suffit de bien regarder la photo déchirée qui s'affiche à l'écran avant le flashback pour comprendre quand il faudra appuyer sur le bouton afin d'obtenir l'image qui fera avancer notre héros dans la quête de ses souvenirs.