Sans doute consciente du ronronnement ambiant de son jeu, l'équipe a
voulu varier un peu les plaisirs. Et introduire quelques phases de gameplay alternatif. Une intention là encore louable. Pas vraiment suivie d'effets.
Que de maladresses en effet dans ces séquences de jeu offrant une
alternative au point and click. Brèves parenthèses en fait qui
représentent mises bout à bout moins de 5 % du jeu. Certaines apportent
une vraie respiration. A l'image de cette mare qu'il faut traverser en
choisissant le bon chemin sur des nénuphars. Rien de très sorcier. De
l'anecdotique en fait, mais un charme désuet revendiqué qui fait mouche.
La grosse bourde, c'est les passages avec le léopard. Car il y a
un léopard. On n'en avait pas encore parlé et vous vous demandiez sans
doute ce qu'il faisait sur la boîte du jeu et sur la couverture de la
BD. Il s'agit en fait du compagnon d'aventures d'Ann Smith. Un animal
princier en Mauranie que l'héroïne va passer une bonne partie du jeu à
chercher. Or, on l'apprend très vite, Ann est très liée à ce fauve noir.
Au point de voir à travers ses yeux quand elle rêve, la nuit.
Vous l'avez compris, ces rêves donnent au joueur l'occasion de quitter
dans de brèves séquences le corps de la belle pour celui de la
bête. Un peu comme dans King Kong. Mais la comparaison s'arrête là.
Bâclées, ces séquences avec le léopard frôlent le n'importe quoi. On
n'y voit rien tellement c'est sombre, l'animation est catastrophique et surtout leur intérêt est
quasi-inexistant. Une vraie mauvaise idée. Qui illustre bien le gros
défaut de ce Paradise : un projet pensé par un auteur, mais un auteur
de BD et pas de jeu vidéo, porté à l'écran comme ils l'ont pu par des
programmeurs au budget sans doute serré.