Arcep logo new Cela fait des années que l'on évoque les possibilités de services mobiles sans contact mais du scénario à sa réalisation, il faut passer par de nombreuses étapes dont la mise en place de standard et la disponibilité des terminaux ne sont pas les moindres obstacles.

L' Arcep publie la synthèse d'une étude prospective éclairant sur les perspectives de ces technologies émergentes sur le secteur des télécommunications. Rappelons que le décollage du marché, porté par un vrai choix de terminaux, est attendu d'ici 2012.


De vraies potentialités

Les usages de services sans contact sont multiples, à commencer par remplacer les multiples cartes à puce et autres moyens d'identification ( badges, titre de transport ) que nous transportons dans notre portefeuille, ou le téléchargement de contenus contextuels ( publicité, coupons de réduction, informations pratiques, bande-annonce de film... ) en centralisant toutes les utilisations sur le téléphone portable.

Cela est permis par l'intégration de composants RFID et plus particulièrement de la technologie NFC ( Near Field Communication ) mais aussi par d'autres technologies développées par divers grands groupes ( MIFARE et ses dérivés par NXP, FeLiCa chez Sony... ) et combinés à une carte SIM, soit via un module distinct, soit directement dans la carte SIM ( voir notre dossier ).

C'est tout un univers de services qui peuvent être disséminés dans l'environnement ambiant, pour lesquels le téléphone portable devient la clé d'accès. Au-delà de cette vision idyllique se posent un certain nombre de problèmes qu'il faut dès à présent envisager : quels systèmes mettre en place si le téléphone venait à être perdu ou volé, comment faire en sorte que les données personnelles soient préservées en dehors des besoins strictement liés aux services mobiles sans contacts, que faire si la batterie du téléphone est à plat ou encore comment envisager la migration des services sans contact quand l'utilisateur change d'opérateur mobile.


Les ingrédients du succès encore éparpillés

Par ailleurs,il faut faire oublier la douloureuse expérience du porte-monnaie électronique Moneo, qui partait pourtant d'un principe de départ comparable : la dématérialisation du service. Il s'agit donc de rassurer sur les possibilités offertes par la technologie NFC, en matière de simplicité de manipulation mais aussi en termes de sécurité.

Le téléphone étant un objet très personnel et permettant déjà de réaliser des achats directement via l' Internet mobile, l'ajout d'une couche NFC permettra de densifier et de croiser les services, tout en profitant des opportunités publicitaires ( alerte de publicité sur le mobile, coupons de réduction ), formant un système complet utilisable aussi bien pour le commerce de proximité que dans les grandes enseignes.

Si le Japon constitue un modèle à suivre, avec déjà plusieurs années d'expérience commerciale, les choses se décantent doucement en France avec une coopération des différents acteurs pour assurer une base homogène qui sera profitable à tous et des pilotes sont déjà en cours ou sur le point d'être lancés.


Une confiance à instaurer
Pour ce qui est du modèle économique, les opérateurs mobiles se placent au premier rang en autorisant l'accès à leurs cartes SIM sous condition tandis que les institutions bancaires profiteront de commissions sur les transactions.

Reste la question épineuse des équipements compatibles. Si les terminaux mobiles devraient être compatibles avec l'ensemble des bornes sans contact, les commerçants devront s'équiper de lecteurs sans contact reliés à leur terminal de paiement.

Pour l' Arcep, l'arrivée des téléphones portables sans contact ne constitue pas réellement une révolution technique puisque la plupart des briques du système sont déjà présentes ( bornes, cartes sans contact... ).

En revanche, elle y voit une révolution des usages, notamment dans l'accès aux services au quotidien, permettant de bâtir de nouveaux modèles économiques. Elle met également en garde contre le fait que le marché s'organise entre gros acteurs. S'ils apportent la puissance de cohésion indispensable à un développement d'envergure, il faudra vérifier qu'ils n'enferment pas l'utilisateur dans des modèles aliénants.

Enfin, l' Arcep souligne l'importance de disposer d'un modèle fort, portant aussi bien sur le matériel que sur l'offre de service, pour dépasser l'écueil de la situation de " la poule et de l'oeuf ", dans laquelle chacun attend que l'autre fasse le premier pas.

Source : Arcep