Le Grand Appartement : un film de propagande qui tombe a point

Le
Yoki
1/ Vu la dernière émission Ripostes, que Serge Moati consacrait au logement
(merci Roaringriri ^^).

http://www.france5.fr/ripostes/

La vidéo est disponible (temporairement) sur le site de France 5, mais
Marie-Noëlle Lienemann l'a mise sur dailymotion
(http://www.dailymotion.com/video/xy4g2_ripostes-07-01-07-logement , via
http://lienemann.typepad.fr/accueil/2007/01/ripostes_vido_d.html).

Je vous la recommande. Soyez attentifs, notamment, à 9', 13', 26', 29',
38', 42', 49', 56'.

Voyez la tête des socialo-communistes sur le plateau, de Don Quichotte et
de Christine Boutin lorsque interviennent Mathieu Laine (avocat libéral) et
Guillaume Peltier (MPF) !

"Effrayant ! Effrayant ! Mon Dieu ! Je suis scandalisée ! Est-ce qu'on est
en France ? Est-ce qu'on est en France ? Ce n'est pas sérieux, monsieur
Moati ! C'est pas possible ! Franchement ! C'est pas croyable ! Je vais
quitter la table !" (Christine Boutin)

Le Parti du Bien dans toute sa splendeur. Si vous proposez une solution ne
passant pas par l'Etat, c'est que vous êtes un sale égoïste ! Les Bons
et les Méchants. Monopole du coeur, toussa.

Dans le débat, une scène est édifiante : lorsque Mathieu Laine répond à
l'"enfant de Don Quichotte" qu'ailleurs les associations essaieraient
plutôt de lever des fonds pour loger les sans-abris ; et l'autre de le
regarder hébété, car pour lui son rôle d'acteur engagé, ça consiste à
alerter l'Etat et à lui demander d'intervenir. Je suis généreux, mais je ne
donne pas un franc aux pauvres, non monsieur, je fais des happenings, moi,
je "conscientise" les masses, je suscite la compassion, j'alerte les
"pouvoirs publics", moi.

Et voilà que, sans même attendre la consultation démocratique d'avril-mai
2007, le Premier Ministre, cédant à l'appel des belles âmes généreuses, de
s'emparer de la proposition débile et démago du candidat Sarkozy à
Périgueux :

(1)
http://www.premier-ministre.gouv.fr/information/actualites_20/droit_logement_opposable_gouvernement_57487.html
(2)
http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/discours/reunion_publique_perigueux_12_octobre_2006

Il existe pourtant une réponse libérale au problème du logement, plus
respectueuse des droits fondamentaux consacrés par la Déclaration des
droits de l'homme :

http://www.u-blog.net/liberte/note/57643
http://www.u-blog.net/liberte/note/57593
http://cerclesliberaux.com/
http://cerclesliberaux.com/la_lettre_des_liberaux/20_10_2006/article4.htm

Pour une Christine Boutin, sommes-nous des extra-terrestres ?

La Belgique, où 80 % des gens sont propriétaires de leur logement et où les
locataires ne sont pas exagérément protégés, constituerait-il donc un
contre-modèle repoussoir ? Pourtant, ici, les loyers n'ont guère augmenté
ces dernières années. Je possède par exemple une villa à Crainhem, que je
loue seulement 1650 euros par mois (j'en demandais 200 de plus il y a 3-4
ans, mais maintenant j'ai du mal à trouver un locataire, car les gens
préfèrent emprunter pour devenir propriétaire), alors que sa valeur dépasse
ama les 600.000 euros. Si l'Etat organisait la pénure, à la mode française,
le rendement serait bien meilleur. L'Etat français est super-endetté
mais les communistes craignent l'accession du plus grand nombre à la
propriété de leur logement. Décidément, il y a des soirs où l'on ne
comprend plus nos voisins français

2/ Or voici que sort sur les écrans un film traitant de la fameuse "loi de
48" : LEGRAND APPARTEMENT, d'un certain Pascal Thomas, avec l'actrice corse
Laetitia Casta. Le timing est judicieux et Télérama a a-do-ré :

> Au printemps 2005, Pascal Thomas évoquait dans nos colonnes la difficulté
> croissante à trouver le financement pour des films indépendants, libres d'esprit,
> non formatés par les lois du marché - ou ce que les décideurs croient qu'elles
> sont. Il donnait l'exemple d'une histoire bâtie autour d'« intellos
> précaires » vivant joyeusement ensemble dans un grand appartement au cour
> de Paris, un de ces logements « loi de 48 » dont les loyers échappent,
> eux aussi, au strict jeu de l'offre et de la demande. Le projet s'était
> écroulé ex abrupto, comme beaucoup d'autres Rhétorique de la plainte d'un
> vieux cinéaste contestataire prenant la pose de l'artiste maudit ? En
> tout cas, la règle connaît une exception : dix-huit mois plus tard, le
> film est finalement dans les salles, réjouissant, et il est,
> littéralement, tout ce que Pascal Thomas avait promis : non formaté,
> libre d'esprit - voire délicieusement libertin -, farouchement
> indépendant. C'est bien simple : on ne croyait plus le cinéma français
> capable d'une telle légèreté loufoque.
> (http://www.telerama.fr/cine/film.php?id(2959)

Allocine précise les intentions de Pascal Thomas :

> La loi de 48 n'est qu'un prétexte. Le film s'oppose à l'asservissement de
> l'homme par l'argent. C'est une variation sur le thème de l'ermitage, qui
> est un paradis limité dans l'espace, protégé du monde. Le grand
> appartement est un lieu enchanté, sauvegardé des maux que subit notre
> société dévastée par les programmes immobiliers et abrutie de publicité.
> Je cherche à comprendre le monde tel qu'il ne va pas, mais paradoxalement
> le film peut être vu comme une célébration du bonheur d'être en vie. Sans
> doute parce que j'aime représenter les hommes dans ce qu'ils ont de
> meilleur. Plutôt que détruire ou filmer contre, je préfère construire et
> chanter ce que j'aime, ou ce que j'ai aimé
> (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm8951.html)

Voilà qui est clair.

Mais ce film est pour l'instant invisible en Belgique. J'attendrai sa
diffusion sur BeTv ou la Rtbf. Je m'en remets donc au jugement de ce ceux
qui l'ont vu. Aurélien Véron, par exemple, en a très bien parlé sur son
blog
(http://aurel.hautetfort.com/archive/2006/12/29/l-appartement-mauvais-film-de-propagande-sur-la-loi-de-48.html)
:

> Soirée gachée à cause de ce film mal joué, sans réel scénario, aux
> dialogues baclés et aux scènes absurdes et forcées. Pascal Thomas se
> moque du monde avec l'argent des contribuables, ce qui rend le foutage
> de gueule d'autant plus patent : Pascal Thomas aurait mieux fait d'ouvrir
> sa fenêtre et de jeter notre argent au gré du vent.

> Les valeurs implicites de ce film sont choquantes. Un artiste raté vit
> avec une belle femme qui ne travaille pas, ainsi que leur famille au sens
> large (enfant, soeur, mère, ce qui est plutôt sympa en soi), un ami qui
> se tappe gentiment l'incruste (et toutes les femmes du quartier) depuis 5
> ans, le tout dans un bel appartement de 320 m2 dans le septième
> arrondissement. On retrouve une situation hélas assez proche de la
> réalité, notamment lorsqu'on entend des artistes tels que Jeanne Moreau
> se plaindre de devoir payer un loyer "comme tout le monde". Bien sûr,
> Telerama est enthousiaste : "Une smala d'intellos précaires se bat pour
> son logement communautaire. Une utopie joyeusement libertaire."

> Connaissant un peu la dureté des critiques de ce journal, cet emballement
> relève tout simplement du soutien idéologique ! Pas très crédible pour un
> magazine culturelou plutôt révélateur de l'esprit dominant du milieu
> de la culture.

> En gros, une horrible et très vilaine propriétaire de chalets, de maisons
> en bord de mer et d'appartements parisiens, cherche à faire tomber ce
> bail de 48 très abusivement repris par les descendants de la locataire
> initiale. La grand-mère a quitté son appartement depuis longtemps,
> laissant l'usage (illégal) de cet appartement à une communauté
> bordélique, sympathique au premier abord, mais franchement choquante
> quand on sait la difficulté que rencontrent la plupart des Français pour
> vivre et se loger. Ce type de spoliation des propriétaires, bien généreux
> en apparence pour les locataires ainsi "protégés", s'est révélée
> désastreuse pour le logement en France. Louer est devenu un placement peu
> attirant, les investissements dans le confort ont été longtemps repoussés
> et la construction en a souffert pendant des décennies. En contrepartie,
> l'Etat a pris le relais, collectivisant largement le secteur du logement
> avec les effets tragiques que nous connaissons.

> Ce film est triste de bêtise et de poncifs corporatistes : les artistes
> rament (Laetitia Casta et Arditti le fan de Berlutti en premier) mais
> sont tous formidables, les banquiers sont des cons inhumains, les avocats
> sont d'ignobles bourgeois égoïstes dans la plupart des cas (sauf l'avocat
> qui défend la cause des tricheurs et spoliateurs divers), alors que le
> frère de la mégère proprio n'aime pas la culture et ne comprend rien,
> évidemment, à la création artistique. Tout se finit en fête, en danse et
> en mouvement collectif contre les forces de l'argent.

> Le jour où les salaires de ces stars du cinéma (les autres acteurs, eux,
> cachetonnent bien plus difficielement et à des tarifs plus raisonnables,
> voire bien faibles) seront plafonnés à 1.5 fois le SMIC par mois de
> tournage, je serais plus tolérant avec leur vision de la propriété privée
> et de l'échange.

Bref, probablement l'un de ces films qu'il s'agira de montrer dans quelques
années à nos petits-enfants pour leur expliquer comment on en est arrivé là
(http://www.amazon.fr/jour-o%C3%B9-France-fait-faillite/dp/2246711215/).
  • Partager ce contenu :
Vos réponses
Trier par : date / pertinence
dario moreno
Le #10409741
Yoki wrote:


2/ Or voici que sort sur les écrans un film traitant de la fameuse "loi de
48" : LEGRAND APPARTEMENT, d'un certain Pascal Thomas, avec l'actrice corse
Laetitia Casta. Le timing est judicieux et Télérama a a-do-ré :









(snip)

Les valeurs implicites de ce film sont choquantes. Un artiste raté vit
avec une belle femme qui ne travaille pas, ainsi que leur famille au sens
large (enfant, soeur, mère, ce qui est plutôt sympa en soi), un ami qui
se tappe gentiment l'incruste (et toutes les femmes du quartier) depuis 5
ans, le tout dans un bel appartement de 320 m2 dans le septième
arrondissement. On retrouve une situation hélas assez proche de la
réalité, notamment lorsqu'on entend des artistes tels que Jeanne Moreau
se plaindre de devoir payer un loyer "comme tout le monde". Bien sûr,
Telerama est enthousiaste : "Une smala d'intellos précaires se bat pour
son logement communautaire. Une utopie joyeusement libertaire."





(snip)

Ce film est triste de bêtise et de poncifs corporatistes : les artistes
rament (Laetitia Casta et Arditti le fan de Berlutti en premier) mais
sont tous formidables, les banquiers sont des cons inhumains, les avocats
sont d'ignobles bourgeois égoïstes dans la plupart des cas (sauf l'avocat
qui défend la cause des tricheurs et spoliateurs divers), alors que le
frère de la mégère proprio n'aime pas la culture et ne comprend rien,
évidemment, à la création artistique. Tout se finit en fête, en danse et
en mouvement collectif contre les forces de l'argent.






Bref, probablement l'un de ces films qu'il s'agira de montrer dans quelques
années à nos petits-enfants pour leur expliquer comment on en est arrivé là
(http://www.amazon.fr/jour-o%C3%B9-France-fait-faillite/dp/2246711215/).







Ce qui prouve bien que le cinéma est simplement un miroir et
que les critiques de Télérama, ayant réfléchi et étudié
un minimum, semblent le savoir.

Tu y vois uniquement ce que tu cherches ; pareil pour le
jeu des acteurs, il n'est juste ou faux que par rapport
à ce que tu attends. Tu sais, dans Rambo 2, eh ben Rambo
y tue 200 niaquoués et un hélico à lui tout seul, eh ben
c'est même pas vrai et même pas possible...et ce film
peut être vu à plusieurs niveaux.

Pour moi le Grand Appartement constitue simplement un fantasme filmé
presque possible et réel (une "utopie" comme dit Télérama), comme un des
premiers films de Thomas, "les Zozos"
sur des lycéens qui s'échappent en autostop pour aller
se taper des Suédoises...et l'équipe de même au passage aux frais
de la prod ; ici c'est pareil avec la ville de Florence.
Qui croirait (attention spoilers) qu'une magnifique brune
(avec du poil sous les bras comme presque toutes les nanas
dans le film) se jette sur un type comme Amalric ?
Qui peut croire qu'il reste encore des communautés vivant
aussi joyeusement
dans des "loyers de 48" ? J'en ai connu une au début des
années 80...et c'était assez tristos, l'appartement étant
de plus quasiment inhabitable par suite du manque de travaux
lié justement au faible loyer. Pareil pour le bistrot
auvergnat sympa, les méchants avocats, les nanas qui pardonnent
les coucheries, etc, etc : s'il y en a, j'attends qu'on m'en
montre.

Personnellement j'ai trouvé le film a moitié raté mais
j'en suis sorti de bonne humeur car on aimerait y croire ; même
le plus grand libéral du monde aimerait sans doute ne pas vraiment
bosser et être dorloté par Casta... sauf un coincé comme toi sans doute.
lucien.coste
Le #10409671
Rappelez moi jeune homme le nom de ce ministre quasi-éphémère qui avait
besoin de 600 m² pour loger sa petite famille

Alors quand un ministre fait appel au fric public pour se loger, tout en
louant son appartement, il est normal que ceux qui n'ont qu'une tente qu'ils
chercheraient à louer volontiers fassent aussi appel à l'argent public pour
trouver un appartement ... logique non ?

Vous n'avez jamais dû boffer de la vache enragée ... dommage ! car vous vous
contenteriez peut-être d'une palce à l'étable

--

Lucien COSTE


"Yoki" 3zAoh.280689$
1/ Vu la dernière émission Ripostes, que Serge Moati consacrait au


logement
(merci Roaringriri ^^).

http://www.france5.fr/ripostes/

La vidéo est disponible (temporairement) sur le site de France 5, mais
Marie-Noëlle Lienemann l'a mise sur dailymotion
(http://www.dailymotion.com/video/xy4g2_ripostes-07-01-07-logement , via
http://lienemann.typepad.fr/accueil/2007/01/ripostes_vido_d.html).

Je vous la recommande. Soyez attentifs, notamment, à 9', 13', 26', 29',
38', 42', 49', 56'.

Voyez la tête des socialo-communistes sur le plateau, de Don Quichotte et
de Christine Boutin lorsque interviennent Mathieu Laine (avocat libéral)


et
Guillaume Peltier (MPF) !

"Effrayant ! Effrayant ! Mon Dieu ! Je suis scandalisée ! Est-ce qu'on est
en France ? Est-ce qu'on est en France ? Ce n'est pas sérieux, monsieur
Moati ! C'est pas possible ! Franchement ! C'est pas croyable ! Je vais
quitter la table !" (Christine Boutin)

Le Parti du Bien dans toute sa splendeur. Si vous proposez une solution ne
passant pas par l'Etat, c'est que... vous êtes un sale égoïste ! Les Bons
et les Méchants. Monopole du coeur, toussa.

Dans le débat, une scène est édifiante : lorsque Mathieu Laine répond à
l'"enfant de Don Quichotte" qu'ailleurs les associations essaieraient
plutôt de lever des fonds pour loger les sans-abris ; et l'autre de le
regarder hébété, car pour lui son rôle d'acteur engagé, ça consiste à
alerter l'Etat et à lui demander d'intervenir. Je suis généreux, mais je


ne
donne pas un franc aux pauvres, non monsieur, je fais des happenings, moi,
je "conscientise" les masses, je suscite la compassion, j'alerte les
"pouvoirs publics", moi.

Et voilà que, sans même attendre la consultation démocratique d'avril-mai
2007, le Premier Ministre, cédant à l'appel des belles âmes généreuses, de
s'emparer de la proposition débile et démago du candidat Sarkozy à
Périgueux :

(1)



http://www.premier-ministre.gouv.fr/information/actualites_20/droit_logement
_opposable_gouvernement_57487.html
(2)



http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/discours/reunion_publique
_perigueux_12_octobre_2006

Il existe pourtant une réponse libérale au problème du logement, plus
respectueuse des droits fondamentaux consacrés par la Déclaration des
droits de l'homme :

http://www.u-blog.net/liberte/note/57643
http://www.u-blog.net/liberte/note/57593
http://cerclesliberaux.com/
http://cerclesliberaux.com/la_lettre_des_liberaux/20_10_2006/article4.htm

Pour une Christine Boutin, sommes-nous des extra-terrestres ?

La Belgique, où 80 % des gens sont propriétaires de leur logement et où


les
locataires ne sont pas exagérément protégés, constituerait-il donc un
contre-modèle repoussoir ? Pourtant, ici, les loyers n'ont guère augmenté
ces dernières années. Je possède par exemple une villa à Crainhem, que je
loue seulement 1650 euros par mois (j'en demandais 200 de plus il y a 3-4
ans, mais maintenant j'ai du mal à trouver un locataire, car les gens
préfèrent emprunter pour devenir propriétaire), alors que sa valeur


dépasse
ama les 600.000 euros. Si l'Etat organisait la pénure, à la mode


française,
le rendement serait bien meilleur. L'Etat français est super-endetté
mais... les communistes craignent l'accession du plus grand nombre à la
propriété de leur logement. Décidément, il y a des soirs où l'on ne
comprend plus nos voisins français...

2/ Or voici que sort sur les écrans un film traitant de la fameuse "loi de
48" : LEGRAND APPARTEMENT, d'un certain Pascal Thomas, avec l'actrice


corse
Laetitia Casta. Le timing est judicieux et Télérama a a-do-ré :

> Au printemps 2005, Pascal Thomas évoquait dans nos colonnes la


difficulté
> croissante à trouver le financement pour des films indépendants, libres


d'esprit,
> non formatés par les lois du marché - ou ce que les décideurs croient


qu'elles
> sont. Il donnait l'exemple d'une histoire bâtie autour d'« intellos
> précaires » vivant joyeusement ensemble dans un grand appartement au


cour
> de Paris, un de ces logements « loi de 48 » dont les loyers échappent,
> eux aussi, au strict jeu de l'offre et de la demande. Le projet s'était
> écroulé ex abrupto, comme beaucoup d'autres... Rhétorique de la plainte


d'un
> vieux cinéaste contestataire prenant la pose de l'artiste maudit ? En
> tout cas, la règle connaît une exception : dix-huit mois plus tard, le
> film est finalement dans les salles, réjouissant, et il est,
> littéralement, tout ce que Pascal Thomas avait promis : non formaté,
> libre d'esprit - voire délicieusement libertin -, farouchement
> indépendant. C'est bien simple : on ne croyait plus le cinéma français
> capable d'une telle légèreté loufoque.
> (http://www.telerama.fr/cine/film.php?id(2959)

Allocine précise les intentions de Pascal Thomas :

> La loi de 48 n'est qu'un prétexte. Le film s'oppose à l'asservissement


de
> l'homme par l'argent. C'est une variation sur le thème de l'ermitage,


qui
> est un paradis limité dans l'espace, protégé du monde. Le grand
> appartement est un lieu enchanté, sauvegardé des maux que subit notre
> société dévastée par les programmes immobiliers et abrutie de publicité.
> Je cherche à comprendre le monde tel qu'il ne va pas, mais


paradoxalement
> le film peut être vu comme une célébration du bonheur d'être en vie.


Sans
> doute parce que j'aime représenter les hommes dans ce qu'ils ont de
> meilleur. Plutôt que détruire ou filmer contre, je préfère construire et
> chanter ce que j'aime, ou ce que j'ai aimé
> (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm8951.html)

Voilà qui est clair.

Mais ce film est pour l'instant invisible en Belgique. J'attendrai sa
diffusion sur BeTv ou la Rtbf. Je m'en remets donc au jugement de ce ceux
qui l'ont vu. Aurélien Véron, par exemple, en a très bien parlé sur son
blog



(http://aurel.hautetfort.com/archive/2006/12/29/l-appartement-mauvais-film-d
e-propagande-sur-la-loi-de-48.html)
:

> Soirée gachée à cause de ce film mal joué, sans réel scénario, aux
> dialogues baclés et aux scènes absurdes et forcées. Pascal Thomas se
> moque du monde... avec l'argent des contribuables, ce qui rend le


foutage
> de gueule d'autant plus patent : Pascal Thomas aurait mieux fait


d'ouvrir
> sa fenêtre et de jeter notre argent au gré du vent.

> Les valeurs implicites de ce film sont choquantes. Un artiste raté vit
> avec une belle femme qui ne travaille pas, ainsi que leur famille au


sens
> large (enfant, soeur, mère, ce qui est plutôt sympa en soi), un ami qui
> se tappe gentiment l'incruste (et toutes les femmes du quartier) depuis


5
> ans, le tout dans un bel appartement de 320 m2 dans le septième
> arrondissement. On retrouve une situation hélas assez proche de la
> réalité, notamment lorsqu'on entend des artistes tels que Jeanne Moreau
> se plaindre de devoir payer un loyer "comme tout le monde". Bien sûr,
> Telerama est enthousiaste : "Une smala d'intellos précaires se bat pour
> son logement communautaire. Une utopie joyeusement libertaire."

> Connaissant un peu la dureté des critiques de ce journal, cet


emballement
> relève tout simplement du soutien idéologique ! Pas très crédible pour


un
> magazine culturel...ou plutôt révélateur de l'esprit dominant du milieu
> de la culture.

> En gros, une horrible et très vilaine propriétaire de chalets, de


maisons
> en bord de mer et d'appartements parisiens, cherche à faire tomber ce
> bail de 48 très abusivement repris par les descendants de la locataire
> initiale. La grand-mère a quitté son appartement depuis longtemps,
> laissant l'usage (illégal) de cet appartement à une communauté
> bordélique, sympathique au premier abord, mais franchement choquante
> quand on sait la difficulté que rencontrent la plupart des Français pour
> vivre et se loger. Ce type de spoliation des propriétaires, bien


généreux
> en apparence pour les locataires ainsi "protégés", s'est révélée
> désastreuse pour le logement en France. Louer est devenu un placement


peu
> attirant, les investissements dans le confort ont été longtemps


repoussés
> et la construction en a souffert pendant des décennies. En contrepartie,
> l'Etat a pris le relais, collectivisant largement le secteur du logement
> avec les effets tragiques que nous connaissons.

> Ce film est triste de bêtise et de poncifs corporatistes : les artistes
> rament (Laetitia Casta et Arditti le fan de Berlutti en premier) mais
> sont tous formidables, les banquiers sont des cons inhumains, les


avocats
> sont d'ignobles bourgeois égoïstes dans la plupart des cas (sauf


l'avocat
> qui défend la cause des tricheurs et spoliateurs divers), alors que le
> frère de la mégère proprio n'aime pas la culture et ne comprend rien,
> évidemment, à la création artistique. Tout se finit en fête, en danse et
> en mouvement collectif contre les forces de l'argent.

> Le jour où les salaires de ces stars du cinéma (les autres acteurs, eux,
> cachetonnent bien plus difficielement et à des tarifs plus raisonnables,
> voire bien faibles) seront plafonnés à 1.5 fois le SMIC par mois de
> tournage, je serais plus tolérant avec leur vision de la propriété


privée
> et de l'échange.

Bref, probablement l'un de ces films qu'il s'agira de montrer dans


quelques
années à nos petits-enfants pour leur expliquer comment on en est arrivé



(http://www.amazon.fr/jour-o%C3%B9-France-fait-faillite/dp/2246711215/).




Poster une réponse
Anonyme