Test Stacking

Le par Fabien H.  |  0 commentaire(s)
Stacking - vignette

Très connu pour son travail sur d'excellents titres de LucasArts tels que Monkey Island, Day of the Tentacle ou encore Grim Fandango, Tim Schafer a marqué l'industrie du jeu vidéo. Aux commandes de son studio Double Fine Productions, le célèbre concepteur nous offre son nouveau projet, Stacking, disposant d'une aura réellement originale. En effet, le titre se focalise sur un monde de poupées russes. Coup de maître ou ambition trop exacerbée  ? Nous vous apportons la réponse.

Ramoneurs, père et fils

Depuis ses débuts dans le milieu du jeu vidéo, Tim Schafer est toujours parvenu à créer des univers envoûtants, emplis d'idées originales. Son studio, Double Fine Productions, se focalise toujours sur le développement de concepts novateurs. Après le très bon Brütal Legend et l'intéressant Costume Quest, leur nouveau projet s'inscrit lui aussi dans la catégorie de l'audace. En effet, Stacking nous immerge dans un étrange monde peuplé de poupées russes. L'ambiance sent bon le début du siècle dernier, l'époque ou l'industrialisation commençait à s'installer, et le cinéma s'amorçait. Stacking s'appuie sur une mise en scène inspirée du cinéma muet, proposant de ce fait des cut-scenes originales et convaincantes en raison de petits effets visuels (grains à l'écran, mises au points, etc) et sonores (bruits de bande).



Le jeu gravite autour de la famille Blackmore, ramoneurs depuis de générations en générations. Alors qu'il venait de décrocher un emploi pour un certain Baron, le père de famille n'est jamais revenu auprès de son épouse et de ses enfants. Ces derniers se mirent alors à sa recherche un à un, jusqu'à ce que la mère n'ait plus assez d'argent pour conserver le cocon familial. Charlie Blackmore, le plus petit rejeton, pris alors son courage à deux mains pour retrouver ses frères et sœurs. Son périple ne sera pas une mince affaire puisque le jeune garçon est vraiment minuscule face au monde qui l'entoure. En revanche, il se révèle plutôt débrouillard. Très vite dans la progression, Charlie sera aidé par Levi, un étrange vagabond qui l'épaulera dans ses aventures pour combattre le Baron. Ce dernier est d'ailleurs une véritable crapule puisqu'il kidnappe les enfants pour leur assigner des tâches ingrates dans des conditions épouvantables.

Stacking - 1 Stacking - 2

Le jeu s'appuyant fortement sur les matriochkas, l'ensemble des personnages que vous croiserez seront de différentes tailles. Comme vous contrôlez la plus petite poupée du monde, il faudra rapidement gagner quelques centimètres pour espérer progresser correctement. Charlie a la possibilité de s'emboîter dans d'autres poupées pour les contrôler. Toutefois, un ordre croissant est à prendre en compte. Il sera nécessaire d'emboîter cinq personnages de tailles différentes pour pouvoir acquérir la taille la plus conséquente. Il faudra toutefois veiller à se placer dans le dos d'une poupée pour se l'approprier. Comme vous évoluerez librement dans les quatre environnements qui représentent le jeu, vous rencontrerez de nombreuses poupées gigognes, certaines étant totalement uniques. L'ensemble demeure très dynamique puisque chaque personnage mène sa petite vie.



L'intérêt de contrôler d'autres poupées – à l'exception du gain de taille – se centralise dans les capacités qu'elles offrent. Via la touche assignée, vous pourrez ainsi effectuer une action spéciale par personnage, allant du simple mouvement aux événements plus amusants. Certains, par exemple, peuvent roter, lâcher des gaz, éternuer, tousser ou encore uriner. Effet garanti  ! Au-delà du simple gadget, ces «  capacités  » sont la clé de la résolution d'énigmes qui parsèment votre cheminement. Chaque environnement dispose de défis qu'il faudra relever en utilisant une méthode fonctionnelle parmi plusieurs solutions possibles. Pour cela, il faudra parler avec les autres poupées pour obtenir des indices, et en observant bien l'environnement. Parfois, il faudra utiliser un personnage aux capacités uniques pour mener à bien l'énigme, ou encore associer plusieurs actions en même temps (via les poupées plus petites que vous aurez emboîté).

Stacking - 3 Stacking - 4



Galerie d'images

Stacking - 26 Stacking - 24

Stacking - 23 Stacking - 21

Stacking - 22 Stacking - 20

Stacking - 19 Stacking - 17

Stacking - 18 Stacking - 16

Stacking - 15 Stacking - 13

Stacking - 14 Stacking - 12

Stacking - 11 Stacking - 9

Stacking - 10 Stacking - 7



Farces et attrapes

Mêlant plutôt bien aventure et énigme, Stacking laisse également une grande liberté au joueur, dans l'optique de le laisser vaquer à l'exploration. Même si les niveaux ne sont pas excessivement vastes (à l'exception du dernier environnement), il est très agréable de fouiner les moindres recoins, à la recherche des poupées uniques. Ces dernières étant recensées dans le sous-sol de Levi, notre ami vagabond, les plus collectionneurs d'entre nous iront toutes les traquer. De plus, certaines d'entre-elles disposent de capacités permettant d'effectuer des farces auprès d'autres poupées. Pour ceux et celles d'entre nous qui souhaitent terminer le jeu à 100 %, c'est un passage obligatoire, mais également très amusant.



Fort malheureusement, l'aventure n'est vraiment pas longue avec seulement quatre niveaux contenant quelques énigmes généralement assez aisées à résoudre. Même en s'attelant à trouver toutes les solutions possibles et débloquant l'ensemble des farces et des poupées uniques, le titre n'excède guère les sept heures de jeu. En revanche, l'originalité dont fait preuve le titre est exemplaire, surtout que la redondance ne se fait pas sentir. Cela est dû à la diversité artistique, mais aussi aux nouvelles poupées et aux énigmes toujours très originales. On regrettera en revanche la prise en main parfois assez peu ergonomique, faute à une caméra parfois un peu capricieuse. Fort heureusement, ce détail n'est pas handicapant quant à l'appréciation générale du jeu.

Stacking - 5 Stacking - 6

Pour accentuer son intérêt, Stacking a profité d'un réel travail artistique et graphique, offrant un rendu de très grande qualité. Le choix des couleurs jusqu'à la modélisation et les détails tels que l'effet de flou est rudement bien choisi et calibré, agrémentant l'expérience de jeu et l'immersion dans une ambiance du début des années 1900. Le studio de développement prouve que la pâte artistique peut prendre le pas sur la vélocité d'un moteur graphique ou à l'exagération d'effets pyrotechniques. En parallèle, la réalisation sonore est de très grande qualité, composées de thèmes classiques au piano ou au violon. Aussi, cette trame assure une grande sérénité quant à la progression dans le jeu, tout en ajoutant des pics d'intensité lors des phases plus rythmées.



Pour les amateurs de jeux d'aventure originaux et envoûtants, Stacking est une réelle réussite. Le créateur de Monkey Island et autres Grim Fandango est parvenu à nous proposer un jeu d'aventure très simple à prendre en main, mais également très varié dans sa progression et dans les possibilités qui nous sont offertes. Ce petit plaisir solitaire étant relativement court, il était clair qu'il ne pouvait pas être commercialisé autrement qu'en dématérialisé sur le PlayStation Network et le Xbox Live Arcade.

Stacking - 7 Stacking - 8



+ Les plus
  • Richesse artistique
  • Détails graphiques de qualité
  • Gameplay riche en possibilité
  • La bande sonore
- Les moins
  • Durée de vie assez faible
  • Quelques soucis de caméra

Notes

  • Graphisme Créer un jeu à partir de poupées russes était un pari relativement osé, mais Double Fine Productions est parvenu à instaurer un univers graphique et artistique de très grande qualité. Aussi, le rendu final est au-dessus de nos espérances, dégageant une réelle atmosphère du début du XXème siècle. L'ensemble est servi par un très bon choix de couleurs, ainsi que de somptueux effets de flou pour assurer une réelle profondeur à l'aventure. On notera simplement de très légères saccades dans le dernier niveau du jeu.
    8/10
  • Bande son Afin d'accompagner la richesse visuelle, Stacking dispose de thèmes sonores issus de la musique classique, afin d'accompagner sereinement l'épopée de Charlie Blackmore. On appréciera le gain d'intensité parfois très net lors des actions plus pressantes ou rythmées, nous happant de ce fait dans les événements.
    8/10
  • Jouabilité Stacking se présente comme un jeu excessivement simple à prendre en main : vous vous déplacez, vous emboîtez les poupées et vous utilisez les compétences. Les contrôles sont de ce fait à la porté de tout le monde. Toutefois, le titre dispose d'une grande richesse dans les nombreuses solutions possibles pour résoudre les énigmes du jeu. Votre sens de l'observation est mis à l'épreuve, ainsi que votre mémoire visuelle, dans l'optique de trouver / retrouver les poupées uniques qui disposent de caractéristiques nécessaires à la bonne marche des défis. On regrettera uniquement la caméra parfois assez inconfortable.
    7/10
  • Durée de vie Avec ses quatre niveaux, Stacking est un jeu très court, surtout si vous allez directement à l'essentiel. En revanche, il faudra quelques heures supplémentaires pour trouver toutes les solutions des défis (même si des indices sont disponibles dans les menus), ainsi que les farces et les poupées uniques. Quoi qu'il en soit, une moyenne de sept à dix heures seront nécessaires pour tout débloquer.
    5/10
  • Scénario Via une mise en scène similaire au cinéma muet, le scénario de Stacking propose une approche originale. Dans les faits, il démontre comment un tout petit garçon peut influencer le monde avec du courage et une pointe de sang froid. Souvent sur-protégé par sa famille, c'est pourtant lui qui prendra les devants pour aller la secourir du vil Baron, en libérant les enfants exploités dans un même temps. Une belle leçon de morale, même si nous aurions espéré que le jeu creuse davantage le sujet.
    6/10
  • Note générale Vraiment original, Stacking prouve que le célèbre concepteur Tim Schafer a toujours de bonnes idées à mettre en forme. Mêlant aventure, exploration et énigmes, le soft propose une atmosphère immersive en raison de sa richesse artistique. Très aisé à prendre en main mais malheureusement un peu trop court, Stacking mérite toutefois que l'on s'y attarde, tant sa singularité est appréciable.
    7/10
  • Partager ce contenu :
Vos commentaires
icone Suivre les commentaires
Poster un commentaire