
Jusqu'à présent, les téléphones portables de milieu de gamme, qualifiés de mobiles aux fonctions avancées ou
feature phones en anglais, ont fait l'objet de toutes les attentions par les fabricants. Représentant l'essentiel de la production ( 854 millions d'unités sur 1,14 milliard de mobiles écoulés en 2007 ), ils sont pourtant sous la menace d'une évolution de la demande, selon le cabinet d'études
ABI Research.
Percée des smartphonesEt cette transition aurait débuté en 2007-2008, sous la poussée du segment des
smartphones, qui représentent la catégorie haut de gamme ( mais elle-même découpée en plusieurs tranches ), de plus en plus demandés par le public mais aussi
par les opérateurs eux-mêmes, du fait de leurs plates-formes homogènes ( Symbian, Windows Mobile, Blackberry, Palm et bientôt Linux Mobile avec Android ou la LiMo Platform ) et faciles à personnaliser.
Cet attrait pousse d'ailleurs les fabricants à élargir la présence des smartphones dans des gammes de prix plus attractives, à l'aide de subventions opérateurs. Une stratégie qui se révèle payante pour des sociétés comme
Palm, dont le succès du
Palm Centro, terminal officiellement revendiqué comme un produit d'appel, ne se dément pas et aide même la société à
regagner des parts de marché.
Succès de l'entrée de gammeLa demande à l'autre bout du spectre, du côté de
l'entrée de gamme, est tout aussi galopante grâce au dynamisme des marchés émergents, comme la Chine, l'Inde ou le Brésil, qui restent très demandeurs pour des terminaux à bas coût ou à très bas coût ( ULC pour
Ultra Low Cost ) et donc les prévisions estiment qu'ils représenteront la majorité de la demande mondiale d'ici 2013, tout en ne représentant qu'une faible valeur globale ( pas plus de 6% de la valeur du marché ).
Si l'entrée de gamme ne pèsera pas lourd dans les revenus des fabricants, assurer une présence forte sur ces marchés restera indispensable pour
maintenir la visibilité des marques et bénéficier de la migration des utilisateurs vers des terminaux plus perfectionnés, et donc générateurs de meilleures marges.
Le milieu de gamme à la peineDans ce contexte, le marché du milieu de gamme va subir une compression et ne représentera plus qu'un volume de 441 millions d'unités en 2013, selon ABI Research. D'où la nécessité pour les fabricants de bien étaler leur production sur tous les segments du marché.
Sony Ericsson est l'un des premiers à souffrir de cette modification du marché, accélérée par la crise économique mondiale déclenchée en 2007 par la crise des
subprimes aux Etats-Unis et la f
aiblesse de la demande sur le milieu de gamme en Europe de l'Ouest. Pour la première fois depuis des années, la croissance annuelle des ventes de téléphones portables risquent de passer sous la barre des 10%.