Luc Besson implique les internautes dans la production
En partenariat avec Orange, la société EuropaCorp de Luc Besson lance le site communautaire weareproducteurs.com où tout internaute est convié à participer à la production d'un film à sortir à l'automne 2011.
Pour beaucoup d'internautes, le réalisateur et producteur Luc Besson est encore perçu comme l'avocat zélé de la loi dite Hadopi. Dans une tribune publiée dans Le Monde début 2009, il avait pointé du doigt les internautes qui se cachent derrière " l'idéologie de la culture gratuite ", et avait loué les vertus de la riposte graduée. Selon lui, cette dernière doit permettre une " prise de conscience collective " et " punir les auteurs de vols caractérisés ", à savoir les internautes qui téléchargent illégalement.
La société de production de Luc Besson, EuropaCorp, est devenue partenaire d'Orange dans le cadre du site communautaire weareproducteurs.com où les internautes de bonne volonté sont appelés à contribution. Un projet à l'échelle d'une année où ils pourront participer à la production d'un film EuropaCorp à sortir dans les salles à l'automne 2011.
Sur ce site marqué de la charte graphique de l'opérateur Orange, cinq synopsis de films dans des genres différents seront progressivement dévoilés ( comédie, comédie romantique, drame sentimental, policier, thriller ). Des synopsis piochés parmi les nombreux reçus par EuropaCorp. L'une des premières contributions de la communauté sera donc de voter pour le scénario de son choix ( dépouillement début juillet ) avant de se lancer dans la production.
Viendront ensuite les votes pour des éléments essentiels du scénario, le choix des principaux rôles... Les internautes seront impliqués dans les étapes de la production avec le suivi de l'avancée du tournage, une participation au montage ( vote pour la bande-annonce, idées pour les bandes musicales... ) et à la promotion.
Avec weareproducteurs.com, l'expérience va donc plus loin que pour des sites similaires. L'internaute intervient à la genèse d'un projet où tout reste encore à faire. Il est évidemment aussi question d'une possible contribution financière ( pas obligatoire ). Elle permettra au producteur-internaute d'avoir plus de poids dans ses votes, et il percevra un intéressement sur une partie des recettes du film. L'entrée est fixée à 10 euros et jusqu'à 500 euros pour une participation internaute totale de l'ordre de 25 % du budget du film.
Weareproducteurs.com s'apparente aussi à une forme d'opération séduction vis-à-vis des internautes qui ont souvent une bien mauvaise image des sociétés de production. Après avoir soufflé le chaud en 2009, Luc Besson souffle le froid en estimant que " cette initiative vise à apaiser le malaise entre créateurs et internautes généré par la loi contre le téléchargement illégal " ( propos rapportés par l'AFP ).
- Besson, mais il s'agit ici du réalisateur et producteur et non du ministre en charge de l'économie numérique, plaide pour une offre de vidéo à la demande le week-end suivant la sortie d'un film dans les salles obscures.


Poser une question


Une oeuvre est souvent celle d'un seul homme, voir d'un leader accompagné de quelque élus dans un difficile équilibre, mais rarement ou jamais une oeuvre commune à tous.
Aucun intérêt donc à se retrouver noyé dans une masse dont on connaît les goûts catastrophiques (y a qu'à regarder les scores d'avatar ou des tas de bouzes cinématographiques de ces dernières années pour se faire une idée), sans aucun pouvoir de décision, c'est peu comme les votes sms à la télé le samedi soir, on se demande toujours quels peuvent être les gogos.
On voit ou la démocratie mène dans la vie de tous les jours, on en obtiendra rien de mieux dans les arts ou la dictature donne clairement les meilleures résultats.
Ben voyons, après le baton voilà la carotte. Autant ce genre d'initiative à un sens pour des petits projets, autant pour des superbouzes de chez Europacrap ça s'apparente à de l'escroquerie organisée.
Vous pensez que j'exagère ? Mais les petits actionnaires, petits porteurs se font toujours blouser. Même s'ils subventionnent un film qui cartonne, il y a toujours moyen comptablement de reverser nettement moins que ce qui était prévu (et va savoir déjà comment ce partage est présenté au départ...).
cf. la mésaventure d'Art Buchwald qui avait écrit le concept original d'Un Prince à New York avec Eddie Murphy.
2000 euros de budget.
On ne peut pas dire que Besson prenne de gros risques avec ce projet. C'est vraiment finis le Besson de la grande époque.
Mais l'ensemble des participations de TOUS les internautes vont au final faire 25% du budget.
Sinon, ouais, venant de Besson, pas trop credible/enthousiasmant...