Intel travaille sur un projet de technologie apte à détecter la
présence de rootkits sur nos PC. Louable initiative, par les temps qui
courent…

A l'occasion d'une réunion informelle, à Folsom, en Californie, Intel a
présenté un projet de développement d'une technologie susceptible
d'empêcher l'implantation sur nos PC des rootkits, ces logiciels
espions si furtifs que les méthodes traditionnelles de recherche et
d'éradication des menaces ne parviennent pas à les détecter. Tout le
monde a bien sûr en mémoire
la déplorable affaire des DRM (Digital
Rights Management; protection de la propriété intellectuelle) que Sony
a implanté, à l'insu de ses clients, sur leurs ordinateurs, à
l'occasion de la lecture de CDs audio, et des risques pour leur
sécurité qui en ont découlé…
L'idée d'Intel est dans ce cas de soulager l'utilisateur du souci de
déterminer si les données qu'il stocke sur son PC représentent ou non
une menace. David Tennenhouse, vice-président d'Intel en charge de la
recherche, la décrit ainsi:
"nous devons directement connecter
l'ordinateur avec les flux de données, de manière à ce que les humains
n'aient plus à se charger de cette tâche, et qu'ils puissent se
consacrer au rôle plus valorisant de superviseur."
Le projet d'Intel ne se matérialisera pas sur nos PC avant 2008 ou
2009, selon une autre source interne, notamment en raison du fait que
plusieurs hypothèses de travail existent. L'une d'elle prévoit par
exemple l'implantation d'une puce supplémentaire sur la carte-mère,
avec pour tâche de surveiller en permanence les altérations subies par
le système, et de s'assurer qu'elles ne résultent pas d'une tentative
de piratage.
La généralisation des rootkits, notamment sur des systèmes qui y sont,
de par leur conception "transparente", plus sensibles, comme Windows,
pose un sérieux problème de sécurité aux utilisateurs, et représente
potentiellement pour certains éditeurs
de confortables sources de revenus. Cependant,
et indépendamment de la menace intrinsèque qu'ils font peser sur nos
PC, ces rootkits entrouvrent souvent des portes dérobées dans
lesquelles s'engouffrent joyeusement vers, chevaux de Troie et autres
virus.
Le projet d'Intel pour lutter contre cette menace multicéphale porte le
nom compliqué d'
OS Independent Run-Time System Integrity Services
(services indépendants de garantie de l'intégrité du système
d'exploitation); il se focalise sur les processus réels--certains rootkits parviennent à en dissimuler quelques uns-- tournant en mémoire
sur un PC, et détecte les changements qu'ils occasionnent dans les
codes sources des applications, ou du système d'exploitation.
Un fonctionnement disparate ou douteux sera d'autant plus facilement
détecté que sa recherche sera confiée à une unité de calcul
indépendante de la mémoire principale, et donc peu susceptible d'être
corrompue à son tour. Les réponses apportées par ce système en cas de
détection d'un rootkit ou d'un virus sont variées, et doivent encore
être listées par ordre de priorité.
Ainsi, un PC infecté pourrait être automatiquement coupé du réseau
auquel il est connecté, afin d'éviter une propagation de la menace.
Intel insiste sur le fait que sa technologie, quand elle verra le jour,
ne supplantera pas les protections logicielles et matérielles
existantes (pare-feu, anti-virus, etc…), mais les assistera.
Selon les termes employés par un collaborateur d'Intel, il s'agira de
"garder le Gardien"…