IPv6: la France pour 50% du trafic mondial... qui est faible

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IPv6-World-Day

Pour Éric Besson, l'État doit montrer l'exemple en matière d'IPv6.

IPv6-World-DayLors d'un discours prononcé à l'occasion d'une table ronde IPv6 qui s'est tenue jeudi dernier, le ministre en charge de l'Économie numérique a donné quelques chiffres attribués à l'équipementier Cisco.

Ainsi, la France " serait à l'origine de près de 50 % du trafic mondial IPv6 actuellement, grâce notamment aux déploiements précoces de nos opérateurs, tels que Nérim ou Free ". L'emploi du conditionnel est le fait d'Éric Besson.

Toutefois, le ministre a souligné que le trafic IPv6 est estimé à seulement 15 % du trafic total en France. Dans le monde, ce trafic IPv6 serait de l'ordre de 1 %.

Au mois de février 2011, l'IANA avait annoncé l'allocation du dernier bloc d'adresses IPv4. En mai, l'Afnic indiquait qu'il ne restait plus que 7,8 % d'adresses IPv4 disponibles dans le monde et moins d'un an de stock pour l'Europe.

Éric Besson souhaite que " l'État montre l'exemple ". Il a ainsi réitéré que la Direction interministérielle des systèmes d'information et de communication de l'État aura un réseau haut débit en IPv6. " Grâce à ce choix, c'est donc la totalité des réseaux de l'État qui seront compatibles IPv6 d'ici quelques années ".

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Vos commentaires

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Le #827401
"grâce notamment aux déploiements précoces de nos opérateurs, tels que Nérim ou Free"

Pour info SFR aussi a déployé l'IPv6, ma Neufbox 4 est en IPv6 avec le firmware NB4-MAIN-R3.1.7
Le #827451
L'état en ip v6. Ils arrivent déjà pas à calculer avec la v4.

Ils savent ce que c'est qu'une ip au moins ?
patheticcockroach Hors ligne VIP 7663 points
Le #827511
Pour une fois qu'ils font un truc bien et qu'ils sont pas trop en retard (surtout par rapport aux autres), on va pas se plaindre quand même
Le #827631
pas encore chez orange !!!
le coup du 50 % c'est du mytho .
Sais pas de quoi il parle, pas grave
Le #827641
@ alucard77

"Ils savent ce que c'est qu'une ip au moins ?"

Bien sûr , puisqu'ils utilisent office comme par-feu ...
Le #827871
Besson pour tourner sa veste il va plus vite qu'un reseau en IP V6 (mdr)
Le #827951
Champion du flicage donc champion de l'IPv6.
Anonyme
Le #828271
C'est vrai qu'avec l'IPv6 on peut supposer que les IP statiques seront encore plus fréquentes que maintenant. Pratique pour une IP = un foyer... voire pourquoi pas, une IP = un appareil connecté
Le #835541
Je ne sais pas d'ou Eric Besson sort le chiffre de 50% du trafic IPv6 venant de France...
Le plus gros du trafic mondial est (de très loin) situé en Asie.
Le plus gros backbone IPv6 n'est pas en France mais aux Etats-Unis (Hurricane Electric).
Il se trouve que la plateforme française d'IPv6 actuelle fonctionne très mal (les points d'échange parisiens ne sont même pas interconnectés...), et que les opérateurs français ont établi des peerings très insuffisants avec de nombreux points d'échange ou réseaux du monde, de sorte que la connectivité IPv6 (quand elle fonctionne...) passe presque toujours par des tunnels... très... lents...

Si on mesure alors le trafic IPv6 depuis la France, et depuis un point d'échange fonctionnel (ceux de Proxad/Free ou Nerim par exemple) il n'est pas du tout étonnant de trouver que ce trafic y est pour moitié d'origine française.

Les FAI français ne sont déjà même pas interconnectés entre eux, et dépendent pour l'essentiel d'opérateurs de transit situés à Londres, ou à Amsterdam, voire quelquefois à Francfort. Ils sont absents des peerings de Level3, Cogent...

La connectivité IPv6 avec la France reste limité à quelques acteurs du monde de l'hébergement professionnel, mais pas du tout les FAI grand publics sauf peut-être Free. Ce sont OVH et Gandi, loin devant Free. France Télécom est à la traine, et SFR fait illusion quand il n'en est encore qu'à la phase expérimentale, avec une fausse connectivité IPv6 qui passe par un tunnel caché, mais bel et bien visible quand on voit les limites de tailles de paquets MTU).

Pour ceux qui ont REELLEMENT déployé IPv6 sur un backbone natif (pas SFR), les débits et la latence observés sont MEILLEURS en IPv6 qu'en IPv4 (cela concerne plus des 2 tiers des déploiements dans le monde, l'essentiel aux USA et en Asie, même le Brésil fait mieux que la France).

La connectivité IPv6 avec l'Asie reste lamentable (inexistante chez SFR à Hong Kong et Tokyo, elle ne fonctionne qu'avec Singapour). Celle avec les Etats-Unis ne permet pas de joindre les trois quarts des points de présence (il n'y a pas un seul point de présence de SFR/LDCOMM/Gaoland fonctionnel sur la côte Ouest). PAs de présence à Atlanta, Miami. Un seul point de présence fonctionnel à New York, auxun à Los Angeles.

Les sites IPv6 de Google, Microsoft, Apple ne sont pas accessibles depuis SFR.
Eric Besson raconte n'importe quoi et marche dans les discours commerciaux de Free, qui ne représente pas toute la France. Orange et SFR feraient bien de s'en souvenir!

Car il ne reste plus que 20 000 blocs d'adresses IPv4 disponible en Europe/Moyen-Orient chez RIPE NCC et déjà il y a autant de réseaux mondiaux uniquement accessibles en IPv6 que de réseaux restant accessibles uniquement en IPv4. Le point de non-retour est déjà franchi.

Allez regarder les stats réelles shez Hurricane Electric, le leader mondial avec qui SFR n'a toujours pas d'interconnexion correcte... Même si on a activé IPv6 sur sa box (en plus SFR s'est planté plusieurs fois dans son routage, notamment en fun juin, et a perdu 2 de ses principaux transits, dont celui avec Cogent... SFR n'apparait accessible ailleurs qu'après un chemin de routage interminable, et de fréquentes pannes car son réseau n'a en fait pas intégré IPv6 de bout en bout et nos boxes passent toutes par un tunnel (qui plus est mal annoncé aux autres acteurs du monde Internet) !

SFR a échoué plusieurs fois aux tests de certification, et en est encore à boucher les trous de son déploiement raté de juin (qui a été une catastrophe et lui a même fait perdre de la connectivité...)

Enfin SFR a routé nos box de façon à ce qu'elles soient connectées en mode "bridge" et non routeur (fini la protection du NAT: un parefeu logiciel est indispensable sur tous les PC, ou bien l'achat d'un parefeu routeur matériel pour protéger nos réseaux locaux des intrus).

Dernière note: même si nos adresses IPv6 peuvent changer chez SFR (elles ne sont pas vraiment statiques) il est très facile d'identifier n'importe quelle machine connectée sur le réseau local, car l'attribution des adresses IPv6 visibles sur le réseau public se fait simplement en combinant le préfixe IPv6 alloué (64 bits fournis sur la boc) avec les 48 bits de l'adresse MAC matérielle de nos interfaces réseau Ethernet ou Wifi. La procédure d'allocation par allocation aléatoire sur le réseau public n'a pas été retenu, puisque SFR a choisi le mode bridge et de ne PAS implanter dans son firmware 3.1.7 un serveur DHCPv6. On sera pisté en France même si on change d'opérateur, SAUF si on n'utilise pas cette connexion IPv6 native (en la désactivant de la box) mais on utilise à la place un serveur Teredo externe (plus lent que la connexion native IPv6 de bout en bout, mais certainement pas pire que la connexion actuelle de SFR qui utilise de façon cachée un tel tunnel quelque part entre le BAS régional et sa tête de réseau reliant SFR au monde).

On en reparlera des performances quand SFR décidera de réellement connecter sa douzaine de BAS régionaux en IPv6 natif sans tunnel.

Et sans limite de PMTU (qui provoque des fragmentations, des pertes de trames au début d'une session TCP, ou même pour certaines requêtes DNS, raison pour laquelle SFR ne peut pas proposer de serveur DNS natif en IPv6).

Cette fragmentation réduit considérablement le débit, en plus du fait de la latence importante introduite par le tunnel caché.

Bref, Besson ferait mieux de regarder comment ça se passe réellement, en n'écoutant pas ce que lui disent les sociétés commerciales de l'internet français, mais les centres de recherche universitaires qui ont une toute autre analyse nettement moins biaisée de la situation réelle de la France, bel et bien en retard par rapport à l'Amérique du Nord, l'Asie, et même bon nombre de pays européens. L'avance relative de la France reste limitée devant des pays européens qui ont des difficultés de financement (crise bancaire oblige), et des pays africains (qui ne sont pas encore réellement pénalisés puisqu'ils ont des ressources disponibles en terme d'adressage pour au moins encore 5 à 10 ans, et une infrastructure déployée qui suffit encore largement à leurs besoins (faute de clients en nombre suffisant, l'Internet y reste encore cher, et les débits proposés aux clients encore faibles, même dans les pays africains les plus avancés comme l'Egypte et l'Afrique du Sud)...

Ailleurs, le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine sont déjà nettement plus avancés que la France en terme d'infrastructure IPv6 déployée (ce qui leur permet de vendre déjà leurs offres commerciales d"hébergement). En France, seuls OVH et Gandi en sont capables (pas Free encore, et encore moins SFR, France Télécom ou Bouygues Télécom).

En plus, dire que l'Etat aura la connectivité complète IPv6 « dans quelques années » c'est franchement manquer d'ambition. Ca veut dire que les universités françaises vont encore ramer pendant des années pour avoir des budgets d'équipement et moderniser leurs réseaux de recherche pour les ouvrir à tous les chercheurs et étudiants. Ne parlons pas alors des écoles publiques, et des serveurs de l'administration française (souvent en panne, par exemple ceux des préfectures en ce moment, ou surchargés et pas capable de supporter le demande, par exemple ceux de l'administration fiscale, ou des services sociaux).

Pas étonnant qu'on n'ait pas de vote électronique sur Internet, et si peu d'usage des téléconférences dans les ministères et sociétés publiques, comme en Estonie...

Le #835581
Ceci dit il y a une exception excellente en France: celle de la Nouvelle-Calédonie, qui offre grace à IPv6 un boost réel des performances, avec plus de 4,5 Mégabits/s en IPv6 en moyenne par internaute contre 400 kilobits/s en IPv4.

Cela s'explique pour une bonne raison: la Nouvelle Calédonie a une connectivité excellente avec l'Asie où le backbone IPv6 est très performant, notamment vers Singapour puis la Chine ou le Japon (et a une bonne interconnexion ensuite vers les serveurs de contenus très gourmands en bande passante des gros sites Internet). On se demande pourquoi IPv4 était si lent là-bas (mais la vraie raison était la fragmentation démesurée de l'espace d'adressage qui n'a pas été taillé à la mesure des besoins locaux, alors que pour l'IPv6 une allocation large a été faite dès le début, et il y a peu d'opérateurs présents, le routage est donc bien plus simple en IPv6 puisqu'il peut être agrégé et directement acheminé sur le backbone Asie-Pacifique) !

Les FAI français sont très en retard: ils ont peut-être été nombreux à vouloir une interconnexion avec un backbone international, mais ceci fait, ils se sont arrêtés en route et ont oublié de multiplier les peerings à la même hauteur que ce qui a été fait pour IPv4. SFR par exemple n'a que 5 liens de peering en IPv6, uniquement vers l'Europe, contre plus de 600 en IPv4.

Et le cœur de leur réseau interne n'a pas été mis à jour pour préparer le terrain au déploiement final chez les internautes (d'où la mise en place de tunnels peu performants pour acheminer le trafic entre les BAS et leur tête de réseau; le backbone français n'a PAS été construit comme il aurait fallu pour éviter ces tunnels).

SFR en plus s'est gravement planté en juin dernier, sur ses annonces BGP, avec pour conséquence la perte de 2 liens de peering importants. En conséquence une rechûte vertigineuse du trafic IPv6 en juin (et même encore maintenant), alors qu'on avait une hausse lente mais régulière du trafic IPv6.

Depuis fin juin (autour du 27 et jusqu'au 4 juillet environ), le pseudo-backbone français n'existe plus, la connectivité IPv6 de la France s'est effondrée (de même que les débits) tandis que la latence a fait un bond (de souvent plus de 50 à 80 ms avec tous les autres peerings internationaux qui existaient avant). Rien de tel ne s'était passé lorsque Free avait démarré. OVH et Nerim ont réparé tant bien que mal les pots cassés par SFR (et Free a fermé son interconnexion avec SFR, qui depuis doit faire transiter son trafic via Londres ou Amsterdam, puisque le seul point de présence restant fonctionnel à Paris n'a pas la capacité suffisante).

Bravo SFR !
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Anonyme
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