L'écosystème du logiciel libre en France face à trois grands défis

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Une tribune de Stéfane Fermigier, Président du Groupe Thématique Logiciel Libre de Systematic Paris-Region.

Le monde de l'informatique connaît régulièrement des révolutions technologiques. Celles en cours ou qui s'annoncent ont pour nom : cloud computing, internet des objets, big data, socialisation et consumérisation de l'informatique d'entreprise, etc.

SystematicLe logiciel libre est un levier puissant pour répondre à ces nouveaux défis, que l'on soit offreur de technologie, de service ou utilisateur en recherche des meilleures solutions : il fournit des briques technologiques sur lesquelles il est possible de construire des offres à valeur ajoutée ; il accélère l'émergence et l'adoption de nouveaux standards et il catalyse la collaboration entre des acteurs complémentaires, voire dans certains cas concurrents sur le marché.

Alors que l'impact du numérique sur les entreprises et sur la vie privée est plus fort que jamais, le logiciel libre agit aussi comme un garde-fou contre les dérives de certains acteurs dès lors qu'ils sont placés en situation monopolistique: politiques tarifaires incontrôlables, interopérabilité limitée avec les autres produits du marché, sécurité et respect de la confidentialité des données défaillantes, etc.

Mais l'innovation ne se limite pas à la technique. Les facteurs de succès des innovations ne sont jamais purement technologiques mais intègrent aussi des innovations d'usage et de modèle économique. Dans ce contexte, les principes de collaboration technologique ouverte deviennent de facto le cadre de travail assurant les meilleures chances de succès pour les entreprises et des retombées économiques pour le pays.

L'écosystème du Libre doit prioritairement relever trois grands défis pour lesquels les pôles de compétitivité, à la croisée des intérêts des entreprises et des chercheurs, ont un rôle clé à jouer :

- La collaboration : le développement logiciel collaboratif distribué est dans l'ADN du logiciel libre. Ce modèle, relativement récent, présente des spécificités auxquelles les chercheurs et les entreprises habitués au génie logiciel traditionnel ne sont pas accoutumés : cycles de développement très courts ; mise en place de méthodes et outils afin d'assurer la qualité fonctionnelle, technique et juridique des logiciels ainsi produits ; ou encore rôle essentiel des outils de développement et de coordination pour les équipes distribuées hétérogènes.

La multiplicité des technologies et des communautés dans le domaine du logiciel libre incite à établir des passerelles : par exemple, le besoin d'interopérabilité entre les plateformes et les logiciels a donné lieu au développement de connecteurs entre les produits des différents acteurs, l'émergence a été facilitée par des rencontres entre les communautés.

On observe également que la coopération entre les entreprises, a fortiori entre les grands groupes et les PME, ou entre les entreprises et les chercheurs, dans un cadre institutionnel défini par des contraintes juridiques, économiques et organisationnelles, nécessite d'adapter le mode de travail des différents partenaires, et de favoriser l'émergence et le partage de bonnes pratiques.

- Les défis technologiques : le principal enjeu, outre concevoir des outils qui répondent aux besoins exprimés et participent à l'avancée de l'innovation informatique, consiste à favoriser l'adoption du logiciel libre par les organisations de toutes natures, qu'elles relèvent de l'informatique ou d'autres secteurs, dans le cadre de leur transformation numérique.

Citons ici les travaux du chercheur norvégien Øyvind Hauge qui distingue 6 axes selon lesquels les organisations adoptent l'open source : le déploiement de logiciels libres, l'utilisation d'outils de développements libres, l'intégration de composants libres préexistants, la participation au développement de logiciels libres, la création de produits logiciels libres et l'adoption des pratiques du logiciel libre.

- La formation : assurer sur nos territoires une bonne connaissance des logiciels libres et une présence forte dans les projets libres internationaux les plus importants (ex. Eclipse, Android, OpenStack, OpenCompute...) est un enjeu majeur pour maintenir la position française dans ce domaine stratégique. Si l'on veut que davantage de jeunes « geeks » français lancent leur entreprise sur le Net, que la France tienne une place plus grande dans l'économie numérique, il est indispensable que le système éducatif leur apprenne à manipuler la matière première de l'informatique que sont les logiciels libres ou open source.

C'est en se regroupant au travers de structures favorisant l'innovation ouverte, l'accès au marché, et la formation aux technologies de demain, notamment les clusters ou groupes thématiques au sein de clusters et de pôles de compétitivité, que l'écosystème du logiciel libre en France pourra bénéficier des meilleures opportunités de création de valeur et faire entendre sa voix, en particulier sur des sujets de politique industrielle qui l'impactent directement : refus des brevets logiciels, préférence pour les standards ouverts, politiques d'achats publics ou privés qui favorisent le développement économique et l'emploi local, etc.

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Vos commentaires

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Le #1815526
Encore faut il que l’état face un pas dans ce sans si non le libre ne percera pas.
Pour les entreprises qui utilises les logiciel spécifique cela risque d’être plus dur sauf pour l'administratif qui lui peut etre passé dans le libre facilement.
Le #1815548
Ils ont oublié un point crucial dans l'article :
- L'opposition féroce des multinationales comme Microsoft et Apple qui ont largement les moyens de faire échouer les projets de substitution à leurs produits
Le #1815550
Ulysse2K a écrit :

Ils ont oublié un point crucial dans l'article :
- L'opposition féroce des multinationales comme Microsoft et Apple qui ont largement les moyens de faire échouer les projets de substitution à leurs produits


Bien dis.
Le #1815555
@Ulysse2K


..//L'opposition féroce des multinationales //..

que nenni pas besoin d'être féroce,z'ont juste a sortir les dollars,nos politiques en sont grand consommateurs.





Le #1815574
Je trouve cet article très orienté.

Quand je lis:
"<le logiciel libre est>un garde-fou contre les dérives de certains acteurs dès lors qu'ils sont placés en situation monopolistique: politiques tarifaires incontrôlables, interopérabilité limitée avec les autres produits du marché, sécurité et respect de la confidentialité des données défaillantes, etc."

Je suis quand meme assez surpris et j'aimerais des exemples de politiques tarifaires incontrôlables parce que Windows c'est au max 300€ et red hat beaucoup plus.
Securité me fait bien rigolé: on sait avec Firefox et les rigolade des shell et le pb d'open SSL que cet argument est foireux

Par ailleurs, si on veut que les gens créent des starts up il faut les former aux outils majoritairement utilisés et ne pas mettre de la politique là-dedans.
Il faut u leur formation soit complete mais ca ne veut pas dire faire que du Eclipse.
Visual studio c'est aussi tres tres bien comme environnement de développement
Le #1815598
@chambolle déclare :

..Je trouve cet article très orienté.//...

tout comme tes remarques

...Windows c'est au max 300€ et red hat beaucoup plus.......

Tu as oublié de rajouter le prix d'une machine car en général chez m$ ,tu change de version, tu change de pc (accord/entente avec les revendeurs)

..../Securité me fait bien rigolé: on sait avec Firefox et les rigolade des shell et le pb d'open SSL que cet argument est foireux/....

Tu as dû louper l'info qui disait que c'étai tout navigateur......


Le #1815623
Mettre Eclipse qui est une merde, a coté d'Android qui n'est qu'à moitié libre, comme exemples du libre, ça en dit long sur les vrais problèmes d'un libre plutôt ambigu. Libre ne veut pas dire clair ou simple, ni même indépendant, aujourd'hui le problème du libre, c'est déjà sa définition. Si c'était des projets à l'écoute des utilisateurs, il n'y aurait pas d'Eclipse de KDE 4, etc... la liste est interminable. On peut même se demander si certains projets ne sont pas lancés juste pour démontrer les "vertus" du propriétaire.

Maintenant, si on parle du cloud et des entreprises, c'est évident qu'il y a un problème. Non pas que le cloud ne puisse pas avoir une utilité. Mais le cloud avec la bureautique dans les structures actuelles, c'est un cocktail explosif avec lequel garder une info confidentielle deviendra totalement illusoire. Le propriétaire ne sera simplement plus possible et les compétences pour faire autrement ne seront pas disponibles.
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Anonyme
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