Cette nuit, le satellite scientifique Microscope du CNES - Centre Nationale d'Études Spatiales - doit être lancé depuis Kourou en Guyane et mis en orbite. Dans l'espace, il aura pour mission de mettre à l'épreuve à un niveau extrême de précision l'universalité de la chute libre qui est devenue le principe d'équivalence dans la théorie de la relativité générale d'Albert Einstein.

Ce n'est pas intuitif mais sous l'effet de la gravitation, deux objets de nature et de masse différente lâchés simultanément tombent à la même vitesse lorsqu'ils ne sont pas soumis à des forces de frottement. Ce principe, qui est le fondement de la relativité générale, a pu être vérifié à un degré de précision de 10-13.

Avec Microscope et dans l'espace, il s'agira de le tester avec un degré de précision de l'ordre de 10-15. Pour cela, le CNES explique que deux masses cylindriques concentriques, l'une en titane et l'autre en alliage de platine et rhodium, vont subir une chute libre parfaite - celle du satellite qui est en orbite et qui en fait tombe continuellement - en étant à l'abri des diverses perturbations dues à la Terre.

" Ces deux masses seront minutieusement contrôlées afin de rester immobiles par rapport au satellite dans un double accéléromètre électrostatique différentiel. Si le principe d'équivalence est vérifié, elles subiront la même accélération de contrôle ", écrit le CNES. Sinon...

S'il est mesuré des accélérations différentes, cette petite différence mettra en évidence une violation du principe d'équivalence. C'est finalement ce que des scientifiques espèrent et pourrait permettre de compléter la théorie de la relativité générale, en prouvant que de nouvelles forces contribuent à la gravitation. En filigrane, la fameuse quête de l'unification avec la physique quantique qui décrit l'infiniment petit.

  

Le lancement de Microscope - qui pèse 300 kg - est prévu pour 23h02 (heure de Paris). Des tests seront menés jusqu'en septembre avant de lancer l'expérimentation sur plusieurs mois.