GNT sans publicité, site mobile, fonctionnalitées exclusives...

Nanotechnologies : la nouvelle amiante '

Le par Ange-Gabriel C. Source : eWeek

Des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent dans la communauté scientifique internationale pour que l'usage des nanoparticules soit mieux contrôlé.

Des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent dans la communauté scientifique internationale pour que l'usage des nanoparticules soit mieux contrôlé. De sérieuses questions de santé publique sont posées, à l'échelle planétaire.


Omniprésentes, et invisibles
Selon la Société Royale britannique, plus de 200 produits de grande diffusion, parmi lesquels des PC portables et des cosmétiques, feraient un large usage de ce que l'on a pris l'habitude d'appeler des nanoparticules. L'affaire tiendrait presque de l'anecdote, si l'on en savait plus sur la toxicité à long terme des technologies employées, mais comme l'amiante en son temps, de réelles inquiétudes en matière de santé publique voient le jour.

Visionnaire s'il en est, l'écrivain américain Michael Crichton avait déjà évoqué le sujet dans son roman "Prey", qui avait suscité à sa parution de vives critiques de la part des industriels et du Département américain de la Recherche. Les nano-technologies étaient alors (en 2003) en plein essor, les fonds nécessaires à leur expansion se faisaient plus rares, et les entreprises qui s'investissaient dans ce domaine si particulier se seraient bien passé de toute mauvaise publicité. Le livre en question était une oeuvre de fiction, mais comme toujours avec Crichton, la recherche scientifique qui avait précédé son écriture était particulièrement poussée. Aujourd'hui, ce sont les scientifiques eux-mêmes qui tirent la sonnette d'alarme.


Absence de transparence '
Ann Dowling, de la Société Royale britannique, déclare : "nous réclamons de l'industrie qu'elle mette en place les méthodes nécessaires pour examiner la sûreté des produits contenant des nanoparticules libres, tels que certains produits de beauté." Les nanotechnologies impliquent de manipuler et de produire des objets, animés ou non, dont l'échelle de taille se situe aux alentours du millionième de millimètre, et offrent un potentiel énorme. Les scientifiques estiment que cette technologie pourrait mener à des ordinateurs plus puissants, ou à des techniques médicales révolutionnaires, et plus durables, que celles employées jusqu'ici. Un rapport conjoint de la Société Royale et de l'Académie Royale d'Ingéniérie, daté de 2004, a conclu que la plupart des nanotechnologies ne présentent aucun risque, tout en soulignant que des incertitudes au sujet des effets des nanoparticules libres sur la santé et l'environnement demeuraient.

Les nanoparticules libres, comme leur nom l'indique, sont certes fixées sur un objet ou dans un produit, mais peuvent s'en détacher à l'occasion. La Société Royale a exprimé des inquiétudes quant au fait que les nanoparticules libres pourraient être inhalées, ingérées, ou même absorbées par le corps à travers la peau. Il faut se souvenir que leur taille est inférieure à celle de la plupart des cellules qui constituent le corps humain...


Terra (quasi) Incognita
"Les nanoparticules peuvent se comporter d'une manière inattendue et leurs propriétés sont encore mal connues," ajoute Mme Dowling. Elle encourage à une meilleure communication entre l'industrie et les scientifiques afin de mieux cerner les conséquences sur la santé et l'environnement de ces particules. De son côté, l'Alliance Européenne sur les applications commerciales des Nanotechnologies, par la voix de son président, Del Stark, a indiqué être en contact constant avec les gouvernements européens, et s'est engagée à développer de nouvelles applications nanotechnologiques d'une façon sûre et responsable. "Il existe des règlements stricts, qui incluent des essais avant d'obtenir l'approbation des pouvoirs publics. On vérifie d'éventuelles irritations de la peau, on étudie le comportement des nanoparticules par le biais de cultures de tissus en laboratoire, on mesure la manière dont la lumière naturelle les affecte, etc..."

Anthony Seaton, professeur honoraire de sciences environnementales et de médecine du travail à l'université d'Aberdeen, en Ecosse, a dit qu'il n'y avait aucune raison particulière de suggérer que les produits employant les nanotechnologies sont dangereux. Mais il a ajouté que l'industrie devrait faire preuve de plus de transparence quant à la manière dont ses essais sont conduits.

"Nous aimerions vraiment que les industriels qui incluent des nanoparticules dans des produits de grande consommation fassent preuve de plus de franchise," a-t-il concu. De son côté, le centre international de recherche Woodrow Wilson, basé aux Etats-Unis, a présenté un inventaire de plus de 200 produits qui contiennent des nanoparticules. Ann Dowling a indiqué que, cette science avançant rapidement, ce nombre est appelé à augmenter au fil des mois, sans communication préalable auprès du public. "Nous devons renforcer la coopération à l'échelle internationale pour mieux maîtriser l'évolution de ces technologies," a-t-elle conclu.

Des fois que la réalité rattraperait la fiction...


Complément d'information
Voir les 41 commentaires

Tags :
Vidéos High-Tech et Jeu Vidéo
Téléchargements
Vos commentaires Page 1 / 9
Gagnez chaque mois un abonnement Premium avec GNT : Inscrivez-vous !
Trier par : date / pertinence
Le #104926
Justement Ange-Gab, hier, je dépoussiérais mon Arctic Cooling Freezer Pro lorsque, soudaincoup (suivez un peu les gars, "soudain" + "tout à coup" = "soudaincoup", c'est dynamique une langue) j'éternuai à décoiffer Kojak. Sur le mur d'en face, mon double-coeur râlait pathétiquement. Comme quoi, l'oxide d'yttrium, ça te booste le système comme pas possible. Alors, arrêtez de taper sur les nanotechs !
Le #104928
Merci ange pour cette news. Quelle vision apocalyptique de l'avenir, quelle catastrophe, quelle faillite pour nos sociétés
Le #104946
Entre les autruches et les sonneurs d'alarmes, il y a une vaste étendu.
Mais, si le monde n'était que binairement manichéen !
Je ferais plus confiance à ceux qui s'inquiètent, qu'aux vendeurs et leurs promesses 100% fiables bien entendus.

Malheureusement, on est dans un monde où l'on fait plus confiance au gars avec la grande gueule qu'au gars qui prends le temps de réfléchir.
Puis après on chiale, car le gars avec la grande gueule est partie avec notre fric et ses promesses.
Le #104947
Merci ange pour cette news très intéressante. Contraireemnt aux deux précédents, je ne pense pas que tu sois un oiseau de mauvais augure. il faut arrêter de penser : 1) que ce que l'on ne voit pas ne peut pas être nocif, 2) que le progrès technique n'apporte que des bienfaits, et 3) que l'on s'en fiche, on verra les conséquences ensuite.

J'en vois déjà qui vont me taxer de réac, d'anti-progrès, etc... J'adore les nouvelles technos, et suis convaincu de tout ce que le progrès technique peut nous apporter. En revanche, je pense qu'il faudrait parfois éviter d'aller trop vite, et prendre un peu de recul pour savoir quelles sont les conséquences de nos actes, à la fois au plan individuel, mais aussi sociétal. On sait pertinemment maintenant que certains produits cosmétiques, réputés sans danger, sont cancérigènes. On sait également que certains médicaments, là encore réputés sans danger et ayant été "testé", se sont révélés catastrophiques (et ça ne date pas d'hier, cf le distylbène dans les 70s)... Etc... Bref, Oui, oui et encore oui au progrès, mais pas n'importe comment : quitte à attendre quelques années de plus avant de voir certaines innovations arriver sur le marché, il vaudrait mieux un peu plus de contrôle et de réflexion en amont... Il est clair toutefois que c'est difficile, d'autant plus que l'on assiste, là dedans comme partout, à une radicalisation des positions. Non au principe de précaution inscrit dans la constitution (comme c'est le cas en France depuis 2 ans...), mais oui aux précautions avant des mises sur le marché parfois hasardeuses... (le sujet est plus délicat avec les médicaments... entre la possibilité de sauver une vie et laisser mourir une personne, que faire.... peut être lui laisser le choix, non ')

Enfin, n'oublions pas que des produits comme la peinture (une simple peinture) est, à l'heure actuelle, encore toxique plus de 3 semaines après sa pose. Que des meubles pour enfants contiennent tellement de cochonneries qu'ils ne devraient décemment pas être mis sur le marché, et que des chimistes de renommée internationale nous annoncent une explosion du taux de cancer dans les 30 prochaines années à cause de l'utilisation trop massive et surtout (à nouveau) trop peu contrôlée, de produits et dérivés chimiques synthétiques dans des produits de consommation courante...
Le #104948
Loin de moi l'idée de jouer les Casssandres, mais je vous rappellerai juste cet épisode récent de la recherche médicale : en Italie, des vétérans des combats au Kossovo étaient atteints d'un mal mystérieux, et certains développaient des cancers. Un examen au microscope électronique de certaines biopsies a révélé de minuscules échardes de composés inconnus... à l'intérieur du cytoplasme de leurs cellules.

Après enquête au spectromètre de masse, il apparaît que ces particules, d'un diamètre de quelques microns, provenaient de la recomposition de poussièrs d'uranium accompagnant les munitions anti-char. Jusque là, on ignorait qu'elles pouvaient se fragmenter en particules aussi petites, passer dans le sang par les voies respiratoires, et venir se fixer durablement sur les cellules.

Et ces particules étaient plus de cent fois plus grosses que certaines nanoparticules dont parle l'article...
Suivre les commentaires
Poster un commentaire
Anonyme
:) ;) :D ^^ 8) :| :lol: :p :-/ :o :w00t: :roll: :( :cry:
:andy: :annoyed: :bandit: :alien: :ninja: :agent: :doh: :@ :sick: :kiss: :love: :sleep: :whistle: