OS/2: fin annoncée et renaissance en vue'

Le par  |  7 commentaire(s) Source : CNET Blogs

Alors qu'IBM vient de reconnaître publiquement que son système d'exploitation OS/2 allait disparaître fin 2006, des passionnés veulent avoir accés au code-source du programme.

Alors qu'IBM vient de reconnaître publiquement que son système d'exploitation OS/2 allait disparaître fin 2006, des passionnés veulent avoir accés au code-source du programme.

IBM l'a annoncé en fin de semaine dernière, dans une indifférence quasi-générale: son système d'exploitation OS/2, développé dans les années '80 en collaboration avec une petite start-up de Seattle du nom de Microsoft, cette icône de l'informatique moderne, va disparaître. A la fin de l'année 2006, Big Blue cessera définitivement d'équiper ces machines à usage professionnel (serveurs, mainframes) avec cet OS, mais continuera, moyennant finance, d'entretenir le (maigre) parc existant.

On se souvient que la rupture des deux partenaires avait précédé de peu la sortie de Windows 95, dans des conditions quelque peu rocambolesques.

OS/2 n'avait pas connu de nouvelle déclinaison depuis 1996, et si sa réputation de robustesse et de stabilité demeure, il est désormais classé par les sociétés de recensement des parcs informatiques dans la catégorie "autres systèmes d'exploitation", comme Solaris... Là même où se trouvait Linux il n'y a pas si longtemps. L'histoire est parfois cruelle.

Les fans d'OS/2 ne veulent pourtant pas baisser les bras: ils réclament aujourd'hui auprès d'IBM la divulgation du code-source de l'OS, ou en tout cas de la partie dont IBM revendique ouvertement la paternité (pour la part qui revient à Microsoft, on s'en doute, cela risque d'être un peu plus compliqué).

On parle déjà d'une reprise du développement d'OS/2 au sein d'un groupe de travail open-source, à l'image de ce qui s'est produit pour BSD et Linux, mais IBM a répondu par la négative, invoquant des contraintes juridiques "insolubles".

Les optimistes veulent pourtant mettre la main sur les portions de code provenant directement de Big Blue, insistant sur le fait que les parties manquantes pourraient être facilement (') remplacées en open-source.

Affaire à suivre.

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Vos commentaires

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Le #52635
Je serais vraiment curieux de savoir pourquoi les gens peuvent être intéressés par un code source aussi vieux !! <img src="/img/emo/confused.gif" alt=":'" />

Il y a t il une particularité dans le code d'OS/2 ''


Merci !
Le #52651
SAlut!

OS/2 a fait les beaux jours d'IBM dans les années 80 et 90 par sa simplicité de maintenance, sa stabilité et son haut niveau de sécurité... pour l'époque.

Il faut se souvenir que dans ces temps reculés (c'était avant JC-Jean Caby), les virus appartenaient encore à la science-fiction (je parle des virus informatiques, bien sûr), Internet faisait à peine ses premiers pas, et de toute façon, OS/2 ne fonctionnait que sur des machines en 286 (une déclinaison en 386, puis des évolutions en 32-bit ont vu le jour bien plus tard, en 1994, en fait, avec la version Warp3). Le fait est que le divorce entre IBM et Microsoft, ajouté à la sortie de Windows 3.x, puis NT, et à la faible diffusion de cet OS, l'ont plombé, au point qu'aujourd'hui, il est devenu quasiment obsolète. Cependant, il faut se rappeler qu'à sa sortie, il représentait ce qui se faisait de mieux en informatique (interface graphique à une époque où tout le monde se contentait du DOS, compatibilité 16-bit, puis 32-bit, intégration d'une partie du code de Windows 3, puis patching "on the fly" à l'utilisation, possibilité de faire tourner des applications Windows en natif...).

Sa survie s'apparenterait presque à de la sensiblerie, mais il faut aussi savoir qu'un parc de machines tournant sous OS/2 existe, et qu'en assurer la maintenance (on parle de machines à plusieurs dizaines de millions de dollars pièce) est une obligation contractuelle pour IBM... Confier le développement d'OS/2 à la communauté open-source permettrait à Big Blue de faire d'une pierre deux coups: garder ses clients (et les aider dans une transition en douceur vers Linux...) et déplacer le souci lié à la maintenance d'un parc d'appareils vieillissants.

A suivre, donc...
Le #52652
PS: pour les anglo-phones, lire le "wiki" suivant, ultra-complet sur le sujet:

http://en.wikipedia.org/wiki/OS/2
Le #52696
Je suis trés content que tu m'aie répondu avec tant d'application.
Le #52700
L'incroyable intoxication pro-OS/2
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J'ai été l'une des très nombreuses victimes de l'invraisemblable intoxication pro-OS/2 que l'on voit encore de nos jours - juste ci-dessus par exemple.

En janv 1995, voulant explorer la plateforme PC que je ne connaissais pas (je développais sous UNIX à ce moment-là, j'ai acheté un PC à la maison et un au bureau. Étant à l'époque (sans le fanatisme) un ABM (Anything But Microsoft), j'avais choisi OS/2 (et pas Windows), WordPerfect (et pas MS Office), Watcom (et pas VisualC++), CompuServe (et pas MSN), Netscape (et pas IE), etc.

En déc 1994 je crois, SVM incluait (en 100,000 exemplaires !) un CD de la nouvelle version d'OS/2 ("OS/2 3.0 Warp" IIRC). Démo agréable et convaincante d'OS/2, qui se continuait par l'install, pas par pas, avec à chaque étape un joli écran d'attente explicatif. Puis à un moment, ça se bloquait. Essais de toute sorte, ré-essais, re-lecture des Readme.

Il y avait 4 Readme, qu'à l'époque il fallait toujours imprimer, tous les 4 très gros. Premier mauvais signe : un readme, c'est l'« erratum » des éditeurs de livres, càd la feuille que tout penaud on est obligé de diffuser pour avouer et rectifier une erreur trop grosse pour être conservée (heureusement cette manie du "Readme" est en train de disparaître dans les logiciels). En lisant le plus gros (53 pages) je tombe dans la 2ème moitié sur une phrase, noyée dans un paragraphe, disant anecdotiquement qu'à telle question si l'on donne telle réponse (d'apparence anodine), cela fera un formatage du disque. Ainsi refroidi, lecture encore plus attentive - mais aucun remède.

En désespoir de cause, appel à la hot-line d'IBM. D'abord il faut s'inscrire, sur un N° vert, qui vous fait rappeler aux frais d'IBM par un autre n°, qui s'avère être à Amsterdam. Lequel vous demande d'appeler un 3ème, qui est à Dublin. Pas trop cher, mais la promesse de n° vert est passée à la trappe... cependant après peu de jours vous recevez par snail mail (courrier papier) en provenance d'une 3ème ville étrangère une superbe enveloppe A4 contenant des documents vous enregistrant comme client IBM.

Vient alors l'accès à la Hot Line - une line vraiment hot cette fois-là : il fallait attendre des heures pour les joindre, et appeler de préférence la nuit. On tombait alors sur de charmantes hotesses, très distinguées et agréables, qui prenaient votre n° pour qu'un opérateur vous rappelle, à votre heure préférée. Il valait mieux indiquer 3h du matin pour avoir une chance d'être effectivement rappelé - ce que je fais.

La raison : comme on verra, c'est la *totalité* de ceux ayant essayé d'installer le CD - diffusé en 100,000 exemplaires ! - qui suivaient le même chemin : essais, ré-essais, Readme, abandon, appel à la Hot Line - qui devenait donc réellement "Hot", et toute la nuit malgré des opérateurs nombreux, serviables et probablement relativement compétents, le tout bien organisé.

Finalement pas de solution par IBM. Mon PC de bureau étant un Compaq, j'appelle CPQ. Là, pas moyen, ils ne traitent qu'avec le SI du client - ce qui annulle immédiatement toute chance de succès : même avec un SI plutôt au dessus de la moyenne, son "aide" (mot des SI pour "entrave") est tout-à-fait incompatible avec une efficacité acceptable dans un tel cas. Mais heureusement je tombe chez CPQ sur un gars assez productif et débrouillard pour *vouloir* que le client de CPQ soit dépanné, même si les contraintes des administratifs l'interdisent. Il connaît le problème, me dit qu'il faut que j'installe le driver CD d'OS/2, il ne sait pas lequel mais en a un et me propose de l'essayer puis me l'envoit sur disquette - laquelle met 3 semaines à arriver et ce n'est pas le bon driver, j'abandonne (entre temps j'ai commandé un modem aux USA - arrivé en 2 jours après téléphone de 2 minutes malgré mon Anglais, marche immédiatement malgré la non-conformité avec les exigences de France Télécom).

Quelques mois plus tard après discussion avec des gens d'IBM dans les coulisses d'un salon je réalise (sans qu'ils le réalisent - ou l'admettent) la source du problème :

* la version disquettes de l'install (7 ou 8 floppies) se lançait sous Windows, basculait sous OS/2 vers la disquette 5, et installait le driver CD d'OS/2 vers la disquette 6.

* l'install CD a été faite par une équipe typique d'IBM - càd très commerciale pour toute personne ayant un peu de mémoire - qui a simplement balancé les 7 disquettes sur un CD, sans trop se soucier de vérifier ou de se poser des questions.

* à l'install, vient un moment où c'est OS/2 et non plus Windows qui cherche à lire la suite du CD, donc cette fois il veut le driver CD, lequel n'est pas encore installé, et se trouve.. dans la suite du CD ! Blocage, dont IBM ne sait pas - ou ne veut pas - voir la cause et le remède.

* en somme, en passant de la version FD à la version CD, *le driver pour lire le CD a été laissé dans le CD !* - Et ce, en 100,000 exemplaires !

Il y avait encore des quantités d'autres signes que l'équipe OS/2 d'IBM manquait gravement d'un management digne de ce nom, et que les événements étaient largement déterminés par des rivalités internes plutôt que par des soucis de service du client ou de succès de la boîte.

Donc dès jan 1995 j'étais guéri d'OS/2 (mais pas encore de l'ABM) et savais que cet OS n'en étais pas un (en dehors des certitudes de fanatiques et autres je-sais-tout) et ne risquais ni de vaincre Windows ni d'être utile à un client (mis à part ceux, en particulier dans le domaine bancaire, l'ayant déjà suite versions antérieures, ou le voyant installer par leur SI sans en payer le coût). Car quand il y a un tel manque de management, il ne peut que se répercuter partout, et il est probable que c'est dans tous les domaines que les qualités d'OS/2 sont loin de ce qu'on raconte et répète partout - le plus souvent sans expérience personnelle ou autre vérification. Bien sûr il était impossible à l'époque de dire le dixième de cela sur un forum, sous peine de lynchage immédiat - d'où les répétitions qui continuent de nos jours. Même le Wiki me semble bien partial et conformiste...

{Désolé pour la longueur, mais n'étant pas "dans la ligne", raccourcir me ferait accuser de manque de fondements}

Paris, Tue 19 Jul 2005 14:56:15 +0200
Le #52759
Wow! talk about a bad experience!...

Bon, je crois qu'à l'origine, IBM se voyait bien inonder la planète avec leur 8ème merveille du monde, mais la suite les a fait passablement déchanter...

Toujours est-il qu'OS/2 était (une fois installé...) un OS de bonne tenue, infiniment plus sûr et stable que... allez, au hasard, Windows 3...

Il faut aussi préciser que les serveurs et mainframes (gros système en français) équipés en 0S/2 jouissaient, non seulement d'une installation sur mesure, mais aussi d'une maintenance à la hauteur.

Je plains cependant les particuliers aventuriers qui ont essayé d'installer OS/2 eux-même sur leur machine...

Quand on pense qu'il m'a fallu moins de trente minutes pour installer Solaris 10 sur une partition de mon petit disque dur de 30 gigôts...

Pfff.... On arrête pas le progrès!
Le #52806
AngeGabriel 16h52 : « Toujours est-il qu'OS/2 était (une fois installé...) un OS de bonne tenue, infiniment plus sûr et stable que... allez, au hasard, Windows 3... »

Très justement dit IMO. En effet il faut se replacer à l'époque - et même en le disant je ne le faisais pas assez. Oui OS/2 visait carrément une autre case que Windows 3.x, qui était en effet alors son concurrent (d'ailleurs la version d'OS/2 dont je parlais s'installait par dessus Windows 3.1).

Il me semble aussi que le Wiki ne présente pas à sa juste valeur le travail de MS sur OS/2. Il faut se rappeler qu'IBM avait choisi MS pour le MS-DOS du PC de 1981 de préférence à DR (Digital research) qui était devenu à leur goût trop gros et arrogant (!), tandis que cette petite société de deux étudiants boutonneux dénommée "micro-soft" et perdue à Albuquerque, on pouvait la faire travailler sans risque... Je pense qu'il y a eu encore un peu cette optique quand IBM a confié une bonne partie d'OS/2 à MS.

Quand MS a voulu faire d'OS/2 un outil puissant, IBM a sonné le oh la ! car il ne voulait surtout pas qu'un produit à 1,000F se mette à concurrencer ses poules aux ?ufs d'or (une license d'OS/400, OS/390, MVS, etc. valait de l'ordre de 50,000F). Pour ça ils ont décidé de limiter OS/2 au 286, mais ça n'a pas marché, ils ont dû accepter que MS développe une version 386. Ça a été le début de la fin de la collaboration. Du coup MS a emporté chez lui le travail qu'il avait fait, et l'a (comme c'était déjà prévu apparemment) renommé "Windows NT".

Donc, certes présenter MS comme ayant fait tout le travail de conception et de développement d'OS/2 serait faux, mais présenter OS/2 comme essentiellement le travail d'IBM me semblerait encore plus faux (cependant je ne suis pas insider de l'un ou l'autre, et même parmi ces insiders, il n'y a évidemment personne qui sache tout...)

Je rappelle une excellente réf sur tout ce qui concerne MS, y compris les histoires de DOS et d'OS/2 : « Gates : How Microsoft's Mogul Reinvented an Industry--and Made Himself the Richest Man in America », by Stephen Manes, Paul Andrews ( http://www.amazon.com/exec/obidos/tg/detail/-/0671880748/qid=1121787659/sr=8-1/ref=sr_8_xs_ap_i1_xgl14/103-2025777-1272665'v=glance&s=books&n=507846 , voir en 2ème page mon avis du 22 juin 2001)

Paris, Tue 19 Jul 2005 19:11:40 +0200
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Anonyme
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