la normalisation audio pour les nuls

Le
wma imperator
Quand vous écoutez de la musique, quoi de plus irritant que de
manipuler à chaque chanson qui passe le volume sonore. Si vous
disposez d’un ordi, plusieurs outils vous permettront qu’au gré des
morceaux qui jouent, l’ambiance soit uniforme d’une piste à l’autre=
.
C’est ce qu’on appelle la normalisation. Trois principaux moyens sont
utilisés pour obtenir plus ou moins efficacement ce résultat.

1. Normalisation par détection du volume maximal

Le lecteur ou le logiciel de traitement audio analyse le son de la
piste et détecte l’amplitude la plus forte. Si elle est inférieure =
à
la valeur maximale d’amplification imposée, le signal sera
automatiquement amplifié du nombre de décibel(s) nécessaire pour
atteindre cette valeur et ce, sur tous les échantillons de la piste.
Si l’amplitude la plus forte égale ou dépasse la valeur maximale
d’amplification, rien n’est fait.

Cette méthode n’a qu’un unique avantage : éviter la saturation. Les
inconvénients sont cependant nombreux.

Cette forme de normalisation ne peut s’appliquer en temps réel, car
elle suppose que la valeur maximale du signal soit connue d’avance, ce
qui n’est guère le cas avec des sources audio en direct (lecture ou
enregistrement). Par ailleurs, ce type de normalisation s’avère
totalement inefficace lorsque le son global de la chanson est peu
élevé, mais ponctué de petites crêtes qui peuvent être des parasi=
tes.
Si ces crêtes atteignent ou dépassent la valeur maximale
d’amplification, rien ne se produira et le son global paraîtra
toujours réduit, surtout si lesdites crêtes ne durent que quelques
fractions de seconde.

La normalisation par détection du volume maximal n’est quasiment
jamais utilisée par les logiciels de lecture. Toutefois, pas mal de
logiciels de traitement audio, voire de gravure de CD audio, proposent
cette option, à l’instar d’Audacity et de Nero.

2. Normalisation par détection du volume moyen

Ici, le lecteur ou le logiciel de traitement audio analyse le son de
la piste et détecte non pas l’amplitude la plus forte, mais plutôt
l’amplitude moyenne du signal. Ensuite, le volume de la chanson est,
selon le cas, automatiquement rehaussé ou diminué du nombre de décibe=
l
(s) nécessaire pour atteindre la valeur imposée.

Cette méthode, parfois appelée RMS, a l’avantage d’équilibrer ass=
ez
précisément le son d’une piste à une autre, même s’il y a des p=
ics
prononcés de volume.

Nonobstant, la normalisation par détection du volume moyen, tout comme
la méthode précédente, ne peut s’appliquer en temps réel et ne
convient pas ipso facto aux sources audio en direct. De plus, si la
valeur imposée à atteindre est inadaptée, de la saturation peut se
produire. Il est recommandé d’user de valeurs de normalisation assez
réduites pour contourner autant que faire se peut ce problème.

Quantité de logiciels de lecture usent de ce mode de normalisation,
mais chacun d’eux se débrouille mieux ou moins bien que l’autre. À =
mon
sens, l’outil ReplayGain de Winamp s’en sort le mieux, car disposant
d’astucieux algorithmes atténuant fortement la saturation. Quant aux
outils de gravure de CD audio, il faut être prudent lors de
l’utilisation du RMS et éviter, comme dit supra, des valeurs élevée=
s
de réglage.

3. Normalisation par compression/expansion sonore

Le lecteur ou le logiciel de traitement audio procède à l’analyse du
signal sonore, laquelle analyse conduira à augmenter ou à diminuer le
volume de certaines zones dudit signal en fonction de tout un tas de
paramètres assez complexes inhérents au signal même. Au final, les
sons forts seront atténués, les sons faibles rehaussés et ce, en
atteignant des valeurs multiples préétablies.

Il s’agit de la meilleure méthode de normalisation si les valeurs de
traitement sonore sont bien fixées, auquel cas le volume sonore
devient très constant et dépourvu de saturation, quelle qu’en soit la
source et quel que soit le type de signal, en temps réel ou pas.

Néanmoins, ce genre de normalisation demande une certaine puissance de
calcul du processeur. Du reste, si les valeurs de traitement sont mal
fixées, le son peu être totalement dénaturé par des phénomènes
indésirables comme la saturation ou l’amplification de certains
artefacts (comme la métallisation du son). Enfin, sur des passages
intentionnellement calmes d’une œuvre, la normalisation par
compression/expansion peut saper le plaisir d’écoute en les amplifiant
de manière inopportune et même, dans certaines situations,
sérieusement mettre à mal un logiciel d’enchaînement audio. Vous
comprendrez que ce type de normalisation devra être l’apanage des
utilisateurs avertis et des mélomanes confirmés.

Certains logiciels de lecture comme Winamp disposent de plug-ins qui
assurent la compression/expansion en temps réel. Celui qui se démarque
de tous les autres est, à mon humble avis, Stereo Tool. Finement
paramétré, il réserve d’agréables surprises… Pour ce qui est de=
s
logiciels de traitement audio, quasiment tous gèrent ce mode de
normalisation, de manière native ou après ajout d’un module VST.
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jean-daniel dodin
Le #18979451
wma imperator a écrit :

artefacts (comme la métallisation du son). Enfin, sur des passages
intentionnellement calmes d'une ½uvre, la normalisation par
compression/expansion peut saper le plaisir d'écoute en les amplifiant
de manière inopportune et même, dans certaines situations,
sérieusement mettre à mal un logiciel d'enchaînement audio. Vous
comprendrez que ce type de normalisation devra être l'apanage des
utilisateurs avertis et des mélomanes confirmés.



? c'est effectivement ce que l'on appelle la compression. Mais c'est
surtout utile *avant* l'enregistrement, entre le micro et la mémoire,
les meilleurs compresseurs se trouvent donc en sortie de préampli micro.

Une fois l'enregistrement fait, il n'y a que bien peu de choses utiles.

il y a un logiciel appelé "normalize"

NAME
normalize - adjusts volume levels of audio files.

SYNOPSIS
normalize [ options ] [ -- ] file ...


DESCRIPTION
normalize is used to adjust the volume of wav audio files to a
standard volume level. This is useful for things like creating mp3
mixes, where different recording levels on different albums can cause
the volume to vary greatly from song to song.

normalize operates in two phases. In the first phase, it
analyzes the specified files as wav audio files, and computes the
volume of each file. In the second phase, it applies a volume
adjustment to each file to set each file's volume to a standard level.

en gros l'ajustement est fait sur la moyenne et le maxi de
*l'ensemble* des fichiers pour que le passage d'une piste à l'autre ne
produise pas trop d'écart

a remarquer que c'est mission impossible si on mélange différent
styles de musique (classique et rock, par exemple)

jdd

--
http://www.dodin.net
Le wiki des forums son-image français:
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siger
Le #18994871
wma imperator a écrit :

Quand vous écoutez de la musique, quoi de plus irritant que de
manipuler à chaque chanson qui passe le volume sonore.



Ça n'arrive que si on a fait une compil de MP3 provenant de diverses
sources.

1. Normalisation par détection du volume maximal



Certains utilisent ça même pour un CD du commerce, ce qui a pour
résultat que les volumes choisis en studio pour l'équilibre de
l'ensemble sont perdus. La solution est que le CD en entier soit sur un
fichier son, et normaliser l'ensemble.

2. Normalisation par détection du volume moyen



Sans compression des passages forts, je ne vois pas comment ça peut
marcher

de la saturation peut se produire



Ben oui ! Autant ne rien faire. Ou alors il y a quelque chose que je
n'ai pas compris.

3. Normalisation par compression/expansion sonore



Expansion ? Je ne crois pas, c'est de la compression "simple". La
compression expansion sert à réduire le souffle des bandes, par exemple
(les fameux Dolby B ou C).

Pour des MP3, ça va, mais quand on voit le prix des compresseurs de
mastering en studio qui valent le prix d'une voiture, ça me ferait mal
de massacrer la musique avec un compresseur logiciel bas de gamme.

--
siger
siger
Le #18994971
jean-daniel dodin a écrit :

? c'est effectivement ce que l'on appelle la compression. Mais
c'est surtout utile *avant* l'enregistrement, entre le micro et la
mémoire, les meilleurs compresseurs se trouvent donc en sortie de
préampli micro.

Une fois l'enregistrement fait, il n'y a que bien peu de choses
utiles.



Au contraire, rares sont les "ingénieurs" du son qui enregistrent en
compressant (ou alors en limitant, pour éviter la saturation numérique,
mais c'est un autre but), afin d'avoir ensuite la liberté de doser la
compression au mixage.

Je propose un suivi sur fr.rec.audio

--
siger
jean-daniel dodin
Le #18995381
> > Une fois l'enregistrement fait, il n'y a que bien peu de choses
> utiles.



Au contraire, rares sont les "ingénieurs" du son qui enregistrent en
compressant (ou alors en limitant, pour éviter la saturation
numérique, mais c'est un autre but), afin d'avoir ensuite la liberté
de doser la compression au mixage.

Je propose un suivi sur fr.rec.audio

sauf que je n'ai pas ca sur free...

la dynamique de la voix chantée (par exemple) est bien supérieure à
tout ce qu'il est possible d'enregistrer, c'est pourquoi tous les
matériels d'enregistrement (consoles, préamps), ont des compresseurs
incorporés. je parle des compresseurs matériels, là, pas des
logiciels (s'il y a logiciel, c'est déjà enregistré :-).

Il faut quand même savoir que la dynamique d'un bon micro à
condensateur est extrème

ensuite, meilleurs sont les enregistreurs meilleure est la liberté de
l'ingé son... bien sûr

quand à limiter... c'est le vrai moyen de tuer l'enregistrement (ou
alors pour protéger les haut parleurs du Larsen, c'est tout autre chose)

un (bon) compresseur se contente de réduire la dynamique (l'écart
entre le son le plus fort et le son le moins fort), sans toucher aux
valeurs relatives. Un limiteur se contente.. de limiter le volume
maxi, parfois de façon très violente, il y a donc aplatissement des
sonts forts.

jdd

http://en.wikipedia.org/wiki/Dynamic_range_compression

et en particulier:

http://en.wikipedia.org/wiki/Dynamic_range_compression#Compressor_usage

(l'article français est léger)

http://www.pcmus.com/compressors.htm

le atos

http://www.thomann.de/fr/compresseurs_gates_de_esser.html
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Le wiki des forums son-image français:
http://new.dodin.org/frsv/
http://valerie.dodin.org
siger
Le #18995601
jean-daniel dodin a écrit :

> Une fois l'enregistrement fait, il n'y a que bien peu de choses
> utiles.





Au contraire, rares sont les "ingénieurs" du son qui enregistrent
en compressant (ou alors en limitant, pour éviter la saturation
numérique, mais c'est un autre but), afin d'avoir ensuite la
liberté de doser la compression au mixage.
Je propose un suivi sur fr.rec.audio





sauf que je n'ai pas ca sur free...



Il y est, je suis chez Free aussi.


la dynamique de la voix chantée (par exemple) est bien supérieure
à tout ce qu'il est possible d'enregistrer, c'est pourquoi tous
les matériels d'enregistrement (consoles, préamps), ont des
compresseurs incorporés. je parle des compresseurs matériels, là,
pas des logiciels (s'il y a logiciel, c'est déjà enregistré :-).

Il faut quand même savoir que la dynamique d'un bon micro à
condensateur est extrème

ensuite, meilleurs sont les enregistreurs meilleure est la liberté
de l'ingé son... bien sûr

quand à limiter... c'est le vrai moyen de tuer l'enregistrement
(ou alors pour protéger les haut parleurs du Larsen, c'est tout
autre chose)

un (bon) compresseur se contente de réduire la dynamique (l'écart
entre le son le plus fort et le son le moins fort), sans toucher
aux valeurs relatives. Un limiteur se contente.. de limiter le
volume maxi, parfois de façon très violente, il y a donc
aplatissement des sonts forts.



Je ne suis d'accord avec aucune de tes explications :-)

Le limiteur sert à éviter la saturation numérique. Dommage de refaire
une excellente prise à cause d'une saturation alors qu'un limiteur bien
dosé saura l'éviter.

Le compresseur sert à faire ressortir la voix d'un mixage, surtout en
rock, il a aussi un côté esthétique. Dans les 2 cas le seul moment où
on peut régler ça est au mixage, pas à la prise. Ça sert aussi à avoir
une voix qui saute à l'oreille des gens quand ils écoutent la radio ou
une pub.

L'intérêt d'un compresseur à la prise c'est pour du reportage, par
exemple, avec des niveaux très inégaux, ça permet d'avoir tout de suite
un résultat audible, ou parce qu'on a sous la main le meilleur
compresseur du monde et qu'on sait à peut près comment on pense qu'on
compressera ensuite, autant utiliser celui là, mais c'est un poil
risqué.

Je remet le suivi sur fr.rec.audio, à moins que ça intéresse les
participants à ce forum...

--
siger
Glycérine
Le #18996691
On 25-Mar-2009, wma imperator
Quand vous écoutez de la musique, quoi de plus irritant que de
manipuler à chaque chanson qui passe le volume sonore



Bin oui, c'est à cause de tes pauvres oreilles, que moi j'écoute de plus en
plus de la merde.....
Ce que tu veux supprimer, c'est la dynamique, celà fait partie intégrante
d'une bonne écoute musicale.

"Over the past decade and a half, a revolution in recording technology has
changed the way albums are produced, mixed and mastered — almost always for
the worse. "They make it loud to get [listeners'] attention," Bendeth says.
Engineers do that by applying dynamic range compression, which reduces the
difference between the loudest and softest sounds in a song."


http://www.rollingstone.com/news/story/17777619/the_death_of_high_fidelity



--
Glycérine, mais pas de la charte, hein.
I Fuck Off B4L1S3MaN1aK
Glycérine
Le #18996681
On 27-Mar-2009, siger
L'intérêt d'un compresseur à la prise c'est pour du reportage



Là, je comprends l'utilité.

--
Glycérine, mais pas de la charte, hein.
I Fuck Off B4L1S3MaN1aK
jean-daniel dodin
Le #18998551
Glycérine a écrit :
On 27-Mar-2009, siger
L'intérêt d'un compresseur à la prise c'est pour du reportage



Là, je comprends l'utilité.



je répète juste qu'aucun support d'enregistrement n'est capable de
restituer la dynamique naturelle (d'un murmure à un forte). Il faut
donc bien obligatoirement compresser.

La seule autre solution est de réduire le volume (d'enregistrement) et
de perdre donc tous les sons faibles.

jdd

--
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http://valerie.dodin.org
Glycérine
Le #18999791
On 28-Mar-2009, jean-daniel dodin
>> L'intérêt d'un compresseur à la prise c'est pour du reportage
>
> Là, je comprends l'utilité.
>
je répète juste qu'aucun support d'enregistrement n'est capable de
restituer la dynamique naturelle (d'un murmure à un forte). Il faut
donc bien obligatoirement compresser.



Je l'avais bien compris comme celà, JD.

--
Glycérine, mais pas de la charte, hein.
I Fuck Off B4L1S3MaN1aK
siger
Le #18999781
jean-daniel dodin a écrit :

Glycérine a écrit :



siger wrote:
L'intérêt d'un compresseur à la prise c'est pour du reportage







Là, je comprends l'utilité.





je répète juste qu'aucun support d'enregistrement n'est capable de
restituer la dynamique naturelle (d'un murmure à un forte). Il
faut donc bien obligatoirement compresser.
La seule autre solution est de réduire le volume
(d'enregistrement) et de perdre donc tous les sons faibles.



Et je répète que ne pas compresser à la prise est une pratique très
répandue (en reportage, je ne sais pas) :-)
Il y a donc un malentendu ou une erreur quelque part...

Posté et suivi sur fr.rec.audio

--
siger
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