Pourquoi les jeunes médecins font grève ?

Le
Charles de Hautefeuille
Retransmis

"Voici un des textes pas trop mauvais, expliquant pourquoi les internes
(jeunes medecins) sont en grève. Loin du schéma simpliste véhiculé par les
médias (bouh! les méchants médecins ne veulent pas aller dans les
campagnes!!), notre grève a pour but de participer activement aux
négociations, et tirer le signal d'alarme sur les implications directes du
nouveau projet de loi de la Sécurité sociale. Le système de santé français
est déficitaire, nous sommes les premiers consommateurs au monde de
psychotropes (nous consommons le plus de médicaments anxiolytiques), les
ordonnances des médecins français sont deux fois plus importantes que
celles des pays nordiques, il y a des abus dans la prescription
d'ambulances, d'examens complémentaires Il y a de nombreux problèmes à
régler, et les médecins doivent être contrôlés sur leur prescriptions, les
hôpitaux doivent fonctionner de manière plus transparente. Ok, je suis
d'accord, il faut réformer tout ça! Mais pour avoir vu d'autres systèmes
de soins à l'étranger, je pense qu'il faut VRAIMENT que le système de
santé reste de l'ordre du public (même s'il existe en parallèle des
cliniques privées). C'est en tout cas la principale raison pour laquelle
j'ai envie de continuer à faire la grève et à manifester, pour être un
médecin dans un système de soin qui me parait juste.
Je vous propose donc du lire ces quelques lignes explicatives, et à les
faire passer autour de vous si vous le voulez bien.


La sécurité sociale en dangerdans quelques jours il sera trop tard !

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale sera voté dans
quelques jours. Il prévoit de déconventionner tous les médecins
s'installant dans les zones dites surmédicalisées (en ville), ce qui
signifie que les consultations de ces médecins ne seront plus remboursées
par la sécurité sociale.

Vous vous dites peut être que cette reforme va être positive, en obligeant
les médecins à s'installer à la campagne. Ce n'est pas le cas ! Cette loi
a en fait un seul objectif : la fin du système de soins solidaire et à
terme la privatisation de la Sécurité Sociale.

POURQUOI ?

Tout d'abord, le problème de l'inégalité de répartition des médecins est
complexe.
Selon un récent rapport de la CNAMTS sur la démographie médicale, 95,9 %
du territoire ne présente pas de problème de répartition, 3,5 % du
territoire est dit à risque et seul 0,6 % du territoire est dit en danger.
Il s'agit plus d'un manque global de médecins en France, et ce manque est
la conséquence d'une politique de santé inadaptée, avec un numerus clausus
(nombre d'étudiants admis en 2ème année de médecine) qui a été bien trop
bas pendant de nombreuses années.

Ensuite, il faut réaliser qu'on ne peut pas demander à toute une
génération de jeunes médecins de s'installer a la campagne. Les médecins
sur le point de s'installer ont 30 ans, souvent un(e) conjoint(e) qui
travaille et des enfants. Certains ne peuvent matériellement pas s'exiler.

Par ailleurs l'exercice de la médecine rurale a beaucoup de spécificités,
auxquelles les internes ne sont pas prépares. Il n'y a pas d'initiation a
la médecine de campagne durant les études médicales.

Enfin, la politique d'aménagement du territoire doit également être un
sujet de réflexion. L'état se désengage de ces régions, y ferme les petits
hôpitaux, les écoles, les postes.. mais souhaite y envoyer de manière
autoritaire toute une génération de médecins.
Il vaudrait beaucoup mieux les aider à s'installer là où on a besoin
d'eux, et les former à la médecine de campagne.

CONSEQUENCES DU DECONVENTIONNEMENT ?

Si le gouvernement choisit de déconventionner ceux qui s'installent en
ville, une partie des jeunes médecins préférera le déconventionnement
plutôt que l'exil.

Leurs consultations ne seront plus remboursées par la sécurité sociale,
mais ils ne manqueront pas de travail, car les patients qui ont les moyens
de payer préféreront avoir un rendez vous rapide avec un praticien non
remboursé (particulièrement dans le cas des spécialistes : ophtalmologues,
gynécologues.pour lesquels les délais de RDV sont très longs) plutôt que
d'attendre un RDV avec un médecin conventionné.
Ainsi, un nouveau marché de la médecine, en dehors de la sécurité sociale
va se développer.
Ce sera le début d'une médecine à deux vitesses, la fin de l'égalité
d'accès aux soins de santé.
Une aubaine pour les assurances privées ! Celles-ci proposeront des
contrats santés remplaçant la sécurité sociale. Ceci marque le début d'une
situation à l'américaine : médecins très bien payés, patients à faible
revenus mal soignés.

Par ailleurs, ces mêmes mesures ont été testées dans d'autres pays (Suisse
Allemagne Québec) et ont été des échecs.

QUELLES ALTERNATIVES ?

Les internes et les jeunes médecins refusent cette loi.
Ils refusent la privatisation de la santé. Ils ont de nombreuses
propositions constructives mais le gouvernement refuse de les entendre.
Ils réclament la mise en place d'une véritable politique d'incitation à
l'installation en agissant à la fois sur:
-la formation des médecins (meilleure connaissance de l'exercice libéral
et notamment rural)
-l'installation (définition des besoins de médecins selon les communes)
-l'exercice (développement des maisons médicales pluridisciplinaires,
organisation de la permanence des soins)
tout ceci accompagné d'une véritable politique d'aménagement du
territoire.

Ils ont besoin de votre soutien. Ils se battent pour vous autant que pour
eux-mêmes.
Dans quelques jours ils sera trop tard.
Il faut inciter les médecins à s'installer en zone rurale, et non les
déconventionner.

Envoyez ce mail a tous vos contacts, aux médias , parlez en autour de vous"

--
CDH
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JPM
Le #15697521
quel rapport avec ce groupe???

plonk....
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Anonyme