Windows Media Audio 7 à Windows Media Audio 9 (10) : heurs et malheurs des codecs audio de Microsoft

Le
wma imperator
Microsoft, la société qui a créé et qui promeut WMA (Windows Media
Audio) et WMV (Windows Media Video), s’est toujours arrangée à fourni=
r
une technologie de codage dont les performances fluctuent le long du
temps, n’allant pas forcement du pire au meilleur, comme on peut
logiquement s’attendre en matière de technologie… Petit historique.

1. Windows Media Audio 7

Début 2000, la firme de Redmond, grâce à l’apport salutaire d’un
certain Henrique Malvar, grand ingénieur devant l’Éternel, produisit
Windows Media Audio 7, intégré dans Windows Media Player et l’encodeu=
r
Windows Media de la même version. À cette époque, il battait le MP3 =
à
tous les débits en fait de qualité. Cependant, avec des musiques
particulièrement complexes, de la distorsion était audible jusqu'à 19=
2
kbps, vitesse de transmission maximale pour cette version du WMA. En
plus, à 64 kbps, le son était certes meilleur que le MP3, mais le
lowpass sévère de 11 kHz sapait d’agréables aigues qui donnent tout=
de
même un peu de charme à la musique.

2. Windows Media Audio 8

La sortie de XP en octobre 2001 coïncidait officiellement avec la
sortie de la 8e version du codec audio de Microsoft. Un matraquage
médiatique habilement orchestré par les gens à Billou allait déjà=
bon
train en début d’année : qualité CD à 64 kbps, qualité quasi-CD=
à 48
kbps !! Affirmations erronées qui attirèrent les furies des puristes
du son et des testeurs de tout poil, à juste titre. Pour une raison
que seuls les développeurs du WMA connaissent, les algorithmes
d’encodage furent sensiblement modifiés afin de booster en hautes
fréquences les fichiers encodés de 32 à 128 kbps. Cet apport donnait,
il est vrai, un peu plus de chaleur à la musique. Néanmoins, les
artefacts de compression de type son métallique et pré-écho étaient
ipso facto très audibles et assez désagréables, spécialement aux
débits binaires vantés par la firme de Redmond ! Par ailleurs, le
moteur LAME du MP3 avait entre temps nettement progressé, au point
qu’à 128 kbps et au-delà, la qualité audio était comparable, si p=
as
meilleure, que WMA 8. Il fallait que les ingénieurs de Microsoft
réagissent urgemment, de peur que le discrédit le plus total ne fasse
une épaisse ombre à son format chéri. Ainsi naquit le projet Corona,
base de la nébuleuse Windows Media 9 Series.

3. Windows Media Audio 9

Fin 2002, après avoir bossé comme des nègres, les développeurs de
Billou parvinrent à élaborer une merveille qui corrigeait la plupart
des défauts de la version précédente. La métallisation était touj=
ours
remarquable à 64 kbps, voire à 96 kbps mais de loin moins sévèremen=
t
que la version 8, du fait d’un lowpass plus modéré. Enfin – c’é=
tait
pas trop tôt – le mode VBR faisait une entrée fracassante. D’aucuns
disent que c’est l’apport majeur de la version 9 du WMA, car il
accomplit réellement des exploits, spécialement dans des bitrates
inferieurs à 128 kbps. À propos de bitrates, justement, la limite
traditionnelle de 192 kbps fut franchie pour atteindre désormais 320
kbps, mais sans apport notable de qualité sonore entre ces deux
valeurs, elles-mêmes comprises.

4. Windows Media Audio 9 Professional

Décidément bien inspirés, les développeurs des codecs audio de
Microsoft, toujours fin 2002, concoctèrent une variante du WMA
incompatible avec toutes les précédentes du fait de sa syntaxe binaire
atypique. Une vraie réussite technologique capable d’encoder en mode
5.1 jusque 768 kbps, à 24 bits et jusque 96 kHz. Le débit minimum en
CBR était de 128 kbps. Le but avoué était de concurrencer d’autres
formats multicanaux comme le DTS ou l’AC3, a.k.a. Dolby Digital. Tout
mode confondu, CBR comme VBR, à vitesse de transmission égale, le WMA
Pro battait à plate couture Windows Media Audio 9 en termes de qualité
audio et se positionnait en bonne place dans les tests d’écoute sur le
Net. Bref, une bombe. Seul défaut : le manque de compatibilité
hardware, voire software en 2002-2003.

5. Windows Media 9 Lossless

Cette fin 2002 étant définitivement bénie pour la firme de Redmond, e=
n
vue de répondre aux exigences des audiophiles les plus pointilleux et
de faire de l’ombre aux autres formats du même genre (FLAC et autres
Monkey’s Audio) qui commençaient à un peu trop faire parler d’eux, =
une
variante sans perte du WMA naquit. Elle était en mesure d’encoder en
hautes résolutions (24 bits, 96 kHz) et en mode multicanal. En termes
de performances, WMA Lossless était légèrement moins rapide dans
l’encodage que la concurrence. Cependant, les taux de compression se
situaient dans la moyenne de ladite concurrence.

6. Windows Media 9 Voice

Croyant séduire les journalistes et diffuseurs des webradios disposant
d’une bande passante en peau de chagrin, les techniciens à Billou
accouchèrent de la variante vocale du WMA. Au jour d’aujourd’hui,
presque personne ne s’intéresse à cette variante non seulement
souffrant d’une sévère incompatibilité avec les équipements audio=
,
mais surtout trainant avec lui un boulet pesant : une qualité sonore
désastreuse, pire que celle du GSM ! Là, force est de le dire,
Microsoft a engendré un avorton. Pour preuve : WMA Voice ne fut jamais
mis à jour. Qui trop embrasse…

7. Windows Media Audio 9.1

Un peu après la sortie du SP2 de XP2, vers septembre 2004, une mouche
bizarroïde piqua les développeurs du WMA. Peut-être pour paraitre
cool, ils se permirent d’effectuer quelques corrections dans
l’algorithme de compression. En mode CBR, l’apport allait de nul à
négatif, spécialement à 96 kbps où la métallisation était pire =
que WMA
9, voire que WMA 7 ! En mode VBR, la qualité demeurait inchangée, mais
le débit binaire augmentait étrangement en moyenne de 50% par chanson
en mode une passe !! En somme, une véritable régression par rapport à
la version précédente. Toutefois, le mode Low Delay, qui permet de
réduire le temps de pré-lecture et de mémoire tampon en CBR par
réduction de certains paquets ASF, était le bienvenu dans la diffusion
sur streaming. C’est à mon sens la seule amélioration apportée par =
WMA
9.1.

8. Windows Media 9.1 Professional

En mode CBR, pas de changement de qualité. En mode VBR, en revanche,
le son est légèrement mieux rendu, mais tout comme le WMA 9.1, les
bitrates en VBR une passe sont trop élevés. Tout comme le WMA 9.1, le
mode Low Delay est implémenté dans cette variante. Il y a certes
évolution, mais assez mineure.

9. Windows Media 9.1 Lossless

La pire version Lossless du WMA qui soit, gonflant les débits binaires
et partant sacrifiant le gain d’espace sans le moindre bénéfice
audible. Apparemment, toutes les variantes du WMA accusaient de
sérieux bugs au niveau du quantificateur de qualité VBR dans la
gestion des vitesses de transmission.

10. Windows Media Audio 9.2

Aux alentours d’octobre 2006, la version 11 du Lecteur de Windows
s’enrichissait d’un upgrade des algorithmes d’encodage du WMA. Le
syndrome provoqué par la mouche bizarroïde venait de passer. Enfin,
les artefacts de compression en CBR sont nettement réduits à 96 kbps.
Le mode VBR une passe retrouve désormais les valeurs des bitrates du
WMA 9 de 2002. En sus de cela, les instruments à faible volume sont
rendus avec moins de distorsions. Globalement, le lowpass baisse de
200 Hz. Probablement un artifice imaginé par les programmeurs pour
apporter un petit plus en qualité.

11. Windows Media 9.2 Lossless

Le bug VBR étant corrigé, cette variante du WMA retrouve des valeurs
de vitesses de transmission voisine du WMA 9 Lossless de 2002, avec
toutefois une certaine perte en espace mémoire par rapport à cette
version. Je me demande pourquoi les développeurs n’ont pas usé ici de
l’algorithme originel.

1. Windows Media 10 Professional

La seule variante du WMA estampillée 10, et pour cause : le bon
technologique et qualitatif est spectaculaire. Selon toute
vraisemblance, la firme de Redmond a fait ici appel à d’autres
techniciens pour peaufiner le WMA Pro. Les bitrates en CBR descendent
désormais jusqu'à 16 kbps. Même à 96 kbps, on peut encoder en 5.1 e=
t
il y a ajout du mode 7.1 pour certains bitrates à partir de 128 kbps.
L’amélioration la plus visible est l’usage d’un mode semblable au S=
BR
dans les bitrates compris entre 24 et 96 kbps. Notamment de 48 à 96
kbps, le son est de loin meilleur que le WMA 9.2 aux mêmes débits
(plus d’aigues et moins de résonances métalliques). Une trouvaille
fignolée dans le but de faire oublier les prouesses de l’HE-AAC ou du
Vorbis. Pari de toute évidence pas encore gagné, vu le nombre infime
de matériels décodant le WMA 10 Pro.
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Tonton Th
Le #23538791
On 07/06/2011 10:39 AM, wma imperator wrote:

Microsoft, la société qui a créé et qui promeut WMA (Windows Media



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