Santé : préoccupations autour des usages des nanomatériaux

Le par  |  5 commentaire(s) Source : BBC News
Royal Commission Environmental Pollution

Un rapport de la Royal Commission on Environmental Pollution s'inquiète de l'introduction des nanomatériaux dans les produits de la vie courante alors que leur innocuité n'est pas totalement démontrée.

Royal Commission Environmental PollutionLes nanomatériaux sont-ils dangereux pour la santé ? A priori non. Le problème est qu'il ne s'agit que d'un a priori, selon une étude britannique que vient de publier la Royal Commission on Environmental Pollution, qui constate un " vide abyssal " en matière de recherche sur cette question, alors que les premières applications industrielles voient le jour.

Plus de 600 produits grand public, allant des cosmétiques aux filtres solaires en passant par les vêtements,  contiennent ainsi des nanoparticules. L'étude ne remet pas en cause les avancées permises par les nanotechnologies au niveau industriel mais s'inquiète d'une dissémination non contrôlée sur le marché de masse.


Un risque sous-évalué

Car les éléments constituant ces particules se comportent différemment selon leur agencement. " Les nanofibres de carbone sont fondamentalement différentes du graphite ", explique Sir John Lawton, président de la Commission. " Cela rend leur impact sur l'environnement et dans le corps humain très difficile à prédire. "

Le fait de ne définir les nanomatériaux que par rapport à leur taille est trompeur. Cela ne dit rien de leur danger potentiel, qui n'est pas identique d'un matériau à l'autre. " Ce n'est pas la taille de la particule ou son mode de production qui importent, c'est la façon dont elle se comporte ", indique le rapport.

Or, à ce niveau, on a plus vanté les mérites des nanomatériaux qu'on ne s'est inquiété de ses éventuelles conséquences sur la santé humaine et l'environnement. La Commission reconnaît qu'il n'existe actuellement pas d'indication d'un danger potentiel mais demande à ce que des tests standardisés soient mis en place, de manière à écarter tout risque.

nanofibres carbone

Nanofibres de carbone (source : St Stev)


Pour une approche mieux maîtrisée

Il ne s'agit donc pas d'interdire l'usage des nanomatériaux mais de compléter la connaissance qu'on en a, et la mise en place d'un cadre international sera un grand pas en ce sens, avec des procédures de contrôle régulières.

La Commission britannique a listé quelques nanomatériaux qui mériteraient une attention particulière, dont justement les nanofibres de carbone, pour lesquelles des études préliminaires menées en laboratoire semblent indiquer qu'elles peuvent créer des problèmes similaires à ceux de l'abestose provoquée par les fibres d'amiante.

Les nanoparticules d'argent, quant à elles, utilisées comme revêtement antibactérien, pourraient se révéler dangereuses pour l'environnement si leur emploi était généralisé, dans les vêtements, par exemple.
Complément d'information

Vos commentaires

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Le #357251
Comme pour l'amiante donc il faut encore attendre une trentaine d'années pour que la France reconnaisse la dangerosité des fibres de carbone si celle-ci était avérée.
Des cancers et des procès sans responsable en perspective !
db
Le #357261
L'article d'origine dit : "La Commission reconnaît qu'il n'existe actuellement pas d'indication d'un danger potentiel "

Sir John Lawton dit : " Cela rend leur impact sur l'environnement et dans le corps humain très difficile à prédire. "

L'article de GNT dit : "Les nanomatériaux sont-ils dangereux pour la santé ? A priori non. Le problème est qu'il ne s'agit que d'un a priori, selon une étude britannique que vient de publier la Royal Commission on Environmental Pollution, qui constate un " vide abyssal " en matière de recherche sur cette question, alors que les premières applications industrielles voient le jour."

GNT comprend : "Un risque sous-évalué"

En clair et concrètement, voici une arnaque intellectuelle de plus : une technologie présentant des avancées notables et des avantages certains est mise en pièce dans un article qui souligne qu'on n'y a pas encore trouvé de vrai défaut et que, par conséquent, c'est louche et il faudra engloutir des millions d'euros pour prouver des choses qui n'existent pas ; et moins on trouvera, plus on cherchera.

Entre autres malhonnêtetés que l'on trouve dans le même rang :
- les OGM : des sommes colossales dépensées pour prouver qu'ils sont nocifs depuis des années ; toujours rien de scientifique ;
- les antennes-relais de la mort qui tuent ;
- l'arnaque la plus évidente : le réchauffement climatique ;
- l'arnaque la mieux ficelée : le tabagisme passif.

Nous sommes sur un site informatique, je suppose que la majorité d'entre vous est scientifique.
Faites ce test : quelle que soit votre spécialisation, prouvez-moi que les technologies que vous utilisez au quotidien ne sont pas nocives pour vous et pour l'environnement.

Je m'y colle en premier, mais c'est facile : je suis pharmacien, tout ce que je touche tous les jours est susceptible de buter des gens par dizaines ; les médicaments sont étroitement surveillés mais sont tout de même accessibles au grand public ; il ne viendrait à l'idée de personne de retirer un médicament très efficace mais qui tue une personne sur 50 000.

Tout comme il aurait été stupide, à la fin des années 80, de retirer du marché tous les écrans cathodiques et/ou consoles de jeu parce que trois gosses sur 20 000 jouant plus de 4h d'affilée à moins de 1 m de leur télé faisaient une crise d'épilepsie.



Il est temps de raisonner en termes de bénéfice/risque et plus avec ce satané principe de précaution !
Le #357281
Risque sous-évalué ne veut pas dire danger sous-évalué. La Commission note surtout qu'il existe peu de documentation sur les effets sanitaires ou environnementaux des nanomatériaux, mais cette documentation, si elle est menée, pourrait très bien aboutir à démontrer l'innocuité de ce type de produit.

C'est l'absence de cette information de base qui inquiète la Commission, alors que cette technologie est sur le point d'être massivement déployée au niveau du grand public, mais aussi le fait qu'on ne prend comme angle d'évaluation que la taille des particules.

Dans l'évaluation du risque, celui-ci peut être finalement égal à zéro. Encore faut-il être en mesure de le démontrer par des tests standard. D'où la mention " le risque sous-évalué".

Et l'industrie pharmaceutique est pleine d'histoires de médicaments très prometteurs, dûment validés par AMM, qu'il a fallu retirer pour des effets nocifs, voire mortels, qui n'avaient pas été anticipés

Mais je comprends tout à fait votre position par rapport au principe de précaution.
Le #357351
Christian D., merci d'avoir pris le temps de me lire.

Vous dites : "mais cette documentation, si elle est menée, pourrait très bien aboutir à démontrer l'innocuité de ce type de produit."

Rien n'est moins sûr : dans ce genre d'affaires, on continue de chercher tant qu'on ne trouve rien selon le principe bien connu du "more of the same". Et gageons que les "tests standard" ne seront jamais assez pointus pour ceux qui se battront contre cette technologie.

En ce qui concerne "l'information de base", vous n'imaginez tout de même pas que les industriels de la cosmétique balancent des produits dans leurs crèmes sans même les tester cliniquement sur des peaux artificielles ou réelles, ni sans effectuer de coûteuses études de toxicité. Je vous rappelle que Quick est en procès contre une grosse qui aurait glissé sur une frite ; les services juridiques des PME veillent, et castrent parfois la R&D.

Maintenant, s'il était prouvé que les nanoparticules ont une action intrinsèque autre que celle à laquelle on s'attend, elles rentreraient de fait dans la classe des structures et molécules actives. Vous parliez d'AMM ?

"Et l'industrie pharmaceutique est pleine d'histoires de médicaments très prometteurs, dûment validés par AMM, qu'il a fallu retirer pour des effets nocifs, voire mortels, qui n'avaient pas été anticipés"

Certes, mais une fois de plus j'insiste sur cette nuance : ils n'ont pas été retirés parce qu'ils étaient nocifs ou parce qu'ils tuaient des gens, mais bien parce que cela diminuait leur ratio bénéfices/risques.

Si l'Aspirine tuait autant qu'une chimiothérapie bien invasive, personne ne s'en servirait pour soulager la douleur malgré son efficacité.
Le #357391
"Il est temps de raisonner en termes de bénéfice/risque et plus avec ce satané principe de précaution !"

Tel est le raisonement de nombreux commerciaux ne vous inquiétez pas la dessus. Bien sur que ce n'est pas ce que vous vouliez dire. Vous parliez plutôt des "effets bénéfiques" mais quel ironie cette phrase à double sens.

J'espère vraiment que le ondes dégagées par les micro ondes, appareils mobile, wifi, wimax, radio; tv satellites, etc ne sont pas nocives. Car sinon on est dans de beau draps...
Quant au réchauffement climatique et au tabagisme passif pour un scientifique (pharmacien de surcroit) si vous n'y croyez pas et bien tant mieux pour vous. Mais j'espère ne jamais me retrouvez dans votre pharmacie
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Anonyme
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