Simulateurs : un cerveau de rat comme pilote

Le par  |  33 commentaire(s) Source : Slashdot

A la limite entre science et roman d'anticipation, des chercheurs sont parvenus à apprendre à quelques cellules nerveuses prélevées sur un rat à piloter virtuellement un chasseur de l'armée de l'air américaine.

A la limite entre science et roman d'anticipation, des chercheurs sont parvenus à apprendre à quelques cellules nerveuses prélevées sur un rat à piloter virtuellement un chasseur de l'armée de l'air américaine.

Une équipe de chercheurs de l'Université de Floride est arrivée, dans une boîte de Petri, à cultiver des cellules nerveuses prélevées sur un rat, jusqu'à obtenir une sorte de cerveau primitif. Le plus incroyable est à venir, cependant, puisque ce cerveau, une fois relié à un simulateur de vol de l'US Air Force, est parvenu à piloter un avion de chasse F-22 "Raptor", qui vient juste de rejoindre l'inventaire de l'armée de l'air des Etats-Unis.

Pour ce faire, les chercheurs ont plongé le mini-cerveau, composé de seulement 25.000 neurones (un cerveau complet en compte plusieurs milliards), dans un liquide nutritif, au milieu de 60 électrodes. Au début, les cellules nerveuses restaient isolées, mais par la suite, elles ont commencé à créer des interconnexions, pour finalement former une "unité vivante de calcul": un cerveau.

Les électrodes ont dans ce cas une double tâche: mesurer l'activité électrique de l'ensemble, et lui fournir informations et stimuli.

Dans une des expériences menées par l'équipe de l'Université de Floride, ce cerveau miniature s'est vu relié à un simulateur de vol de F-22, proche de celui sur lequel s'entraînent les pilotes de l'USAF, et ô surprise, il est parvenu à maintenir en vol linéaire (pas une mince affaire, s'agissant d'un appareil volontairement instable) le chasseur fictif, y compris lorsque les paramètres de vol incluaient des vents proches de ceux qui accompagnent un ouragan!

"Au début", reconnaît le Dr Thomas DeMarse, l'initiateur du projet, "l'avion s'écrasait tout le temps, mais au fil du temps, le réseau neural s'est progressivement adapté, au fur et à mesure que le cerveau apprenait comment contrôler les mouvements horizontaux et verticaux de l'appareil. A la fin, il était capable de conserver une belle trajectoire parfaitement rectiligne."

L'expérience avait surtout pour but de mieux comprendre comment les cellules nerveuses interagissent; jusqu'à présent, on était capables d'observer leur comportement sur un petit nombre de neurones, mais le Dr DeMarse et son équipe ont porté ce nombre à plusieurs milliers. On est encore loin, bien entendu, de la création de toutes pièces d'un cerveau humain, mais le Département américain de la Défense s'intéresse de près à ces expériences, qui rejoignent ses propres recherches sur le pilotage d'avions sans pilote.

"Notre but", précise DeMarse, "est de comprendre comment les réseaux corticaux effectuent leurs opérations de calcul. Les implications médicales sont immenses."

Dans un autre registre, on imagine aussi l'implantation de cerveaux vivants dans nos ordinateurs, où ils apporteraient une méthode de résolution des problèmes plus intuitive et plus flexible que celles déjà déployées par l'informatique.

"Les algorithmes qu'utilisent les ordinateurs vivants sont plus tolérants à l'égard des erreurs", poursuit DeMarse. "Quelques neurones meurent chaque jour dans un cerveau humain sans que cela affecte la performance globale de ce dernier, alors que si la même chose se produisait dans un ordinateur classique, ce serait une catastrophe."

L'équipe du Dr DeMarse s'est vue récompensée de ses travaux par une donation de 500.000 dollars US en provenance de la Fondation américaine pour la Science, qui espère la voir présenter un jour un modèle mathématique du mode de fonctionnement du cerveau vivant. Le NIH (National Institute of Health) fonde sur ces recherches de vifs espoirs pour vaincre l'épilepsie.

Nul ne sait si notre rat volant a fini par atterrir, pourtant…
Complément d'information
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    Voilà qui devrait donner de bonnes raisons de plus de se méfier du développement non contrôlé des formes d'intelligence artificielle : une IA est désormais capable de battre un pilote d'avion de chasse de façon quasi systématique.
  • Flight Simulator X : le simulateur de vol bientôt jouable sur Steam
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Vos commentaires Page 1 / 4

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Trier par : date / pertinence
Le #74264
et là les cyborg sont né
Le #74266
Les Cyberogs, c'est exactement le contraire : du métal dans de la chair

En tout cas, pour le moment ça reste du tatonement... Mais pour combien de temps '
Le #74271
est ce qu'un ghost a été detecté dans ce "cerveau" '
Le #74280
alors on va appeler sa commment de la chaire dans du métal '
Le #74288
comment ils ont pus lui apprendre dequoi ''' par choc électrique quand il y avait une erreur '''
Le #74290
Oui, c'est la question que je me pose. Et aussi, le cerveau s'est-t-il conformé en fonction de l'apprentissae alors '! :


News EXTREMEMENT passionante Ange-Gabriel!
Merci.
Le #74299
Sarrrra O'Connor.....
Le #74303
putain ca fait peur !
Le #74305
Fantastique... et terrifiant !
Le #74306
mouais, HAL 9000 de Kubrick pourrait bien devenir réalité...

Et je me demande aussi comment les scientists ont pu donner un but à ce petit tas de cellules !
Avec les animaux, ça marche avec un système de récompense-punition, mais là <img src="/img/emo/confused.gif" alt=":'" />
Peut-être qu'ils lui retiraient du liquide nutritif à chaque crash, ça fait "réféchir" !
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Anonyme
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