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Nouvelles Technologies > Tests jeux-vidéo > Test Gray Matter
Si les jeux d'aventure de type point & click ont basé leur grande renommée aux environs des années 90 – notamment via le studio Lucas Arts – force est de constater que le genre s'est essoufflé ces dernières années, faute de prédécesseurs de grande qualité. Cependant, certains studios tentent de renouer contact avec le jeu d'aventure mêlé d'énigmes. Si l'on pense évidemment à Telltale Games avec le revival de Sam & Max ou encore Hotel Dusk : Room 215 et sa suite, il faut également compter sur le développeur français WizarBox, connu et renommé pour sa licence So Blonde. Leur nouvelle production, Gray Matter, profite d'une scénarisation entièrement conçue par la célèbre Jane Jensen. Connue pour son excellent travail sur la série Gabriel Knight, la réalisatrice propose une nouvelle fois ses talents pour proposer une histoire immersive, tel un bon roman.
Gray Matter nous immerge dans les contrées d'Angleterre, aux environs de la ville d'Oxford, en 2005. Le jeu débute sur une magnifique scène à la patte artistique finement travaillée, à l'instar d'une bande dessinée. Une nuit d'orage, une mystérieuse jeune fille baptisée Samantha Everett, tombe en panne alors qu'elle se rendait à Londres pour percer un secret autour d'un certain Deadelus Club. Venue des États-Unis, cette apprentie magicienne au look gothique et complètement fauchée, tombe sur un étrange manoir appelé Dread Hill House. L'atmosphère lourde de ces lieux est palpable, et la curiosité débordante de Sam lui permet de devenir l'assistance du maître des lieux, un certain docteur David Styles, le temps de récolter suffisamment d'argent pour réparer sa moto et poursuivre son objectif. Vous vous en doutez, le déroulement prévu subira quelques remous au fil de votre progression dans le jeu.
Visiblement très distant et reclus dans le laboratoire souterrain de son immense maison, le docteur Styles compte sur sa gouvernante, Mme Dalton, pour s'occuper des charges ménagères et de la bonne marche administrative. Sam, bien intriguée sur les motivations du scientifique, se voit confier une mission a priori simple : recruter six jeunes gens pour des expériences neurobiologiques rémunérées. Seulement, le docteur a très mauvaise réputation à Oxford et ses environs, obligeant Sam à user de ses facultés de négociation et d'autres tours de passe-passe pour parvenir à motiver quelques personnes. Il est clair que l'évocation de vagues expériences sur des cerveaux humains ne donnent guère envie de s'aventurer dans un étrange laboratoire tenu par un scientifique ermite. Seulement, l'histoire est si bien construite que les premiers avis sur la situation tendent à s'altérer bien rapidement, pour découler sur une perception bien différente.
En effet, nous apprendrons bien rapidement les raisons de l'enfermement de David Styles, à savoir la mort de sa femme, Laura, trois ans plus tôt. Ayant mis de côté sa vie professionnelle et personnelle, le scientifique ne jure que par ramener sa defunte épouse à la vie, ou tout du moins sentir sa présence. Et pour cela, il devra mener de nombreuses expériences qui lui permettront de revivre ses moments passés avec sa douce, en ne se souciant plus du moment présent. Ce sentiment très fort est palpable par le joueur, la mise en scène étant si élaborée que nous partageons son chagrin, sa lutte pour revivre les meilleurs moments de sa vie passés avec Laura, tout en subissant les regards critiques des gens à son égard. Aussi, le personnage gagne en profondeur, enrichissant de ce fait l'immersion dans le scénario. De son côté, Sam dispose également d'un lourd passé qui sera dévoilé au fil de l'histoire. Aussi, les deux personnages principaux formeront les rouages du scénario, avec des nouveaux détails et rebondissements filtrés de manière à nous tenir constamment en haleine.
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