Un développeur de Sysinternals s'est rendu compte que le fait de
lire certains CD audio sur son PC pouvait avoir des conséquences
inattendues.

Mark Russinovich est développeur, et exerce ses talents chez
Sysinternals. Un jour, en scannant son PC avec un des logiciels qu'il a contribué à élaborer,
RootkitRevealer, il s'est aperçu que sa machine était apparemment victime de l'un de ces poisons de l'informatique moderne que sont les
rootkits. Il s'est alors mis en tête de débusquer le coupable, et là, surprise!
Après de nombreuses étapes et analyses, dont il nous retrace la litanie
ici, Mark s'est rendu compte que le coupable était un logiciel de
DRM
(Digital Rights Management; protection de la propriété intellectuelle)
associé à un CD audio qu'il avait écouté quelques jours plus tôt.
Poussant
plus loin son enquête, Mark s'est également aperçu que ledit logiciel
s'était littéralement barricadé sur sa machine, et que son processus,
toujours actif après de nombreuses tentatives de l'éradiquer, examinait
plusieurs fois par seconde son PC à la recherche d'indications d'une
utilisation frauduleuse du contenu du CD susmentionné, et semblait
communiquer le fruit de ses recherches à un site Internet.
L'éditeur du logiciel espion --car il faut bien l'appeler ainsi-- s'appelle
XCP, et on peut trouver à son sujet quelques détails sur le site
www.first4internet.com;
XCP vend ses solutions à diverses compagnies du monde de
l'audio-visuel, mais dans le cas qui nous occupe ici, le "coupable"
était un CD édité par
Sony BMG, et équipé d'un lecteur
multimédia virtuel autorisant seulement trois copies du contenu, lequel
ne pouvait être lu au moyen d'un autre lecteur.
Au final, après
avoir effacé les pilotes du lecteur, Mark s'est rendu compte qu'il ne
pouvait plus du tout lire son CD. En d'autres termes, il aurait dû
accepter, soit de laisser un logiciel à l'origine doûteuse épier tous
ses faits et gestes, soit de faire l'impasse sur le contenu d'un CD
qu'il avait légalement acheté sur Amazon.com pour la modique somme de
14,99 dollars.
Mais le plus grave semble être le fait que le
logiciel de DRM, au lieu de s'afficher clairement pour ce qu'il est, ce
que tout un chacun pourrait comprendre, et accepter, se fait passer
pour une application signée Macromedia, et prétend entrer dans la
catégorie des programmes relevant du Plug and Play sous Windows. Un
petit détour par la rubrique "Installation et Suppression de
Programmes" du Panneau de Configuration ne permet pourtant pas de le
retrouver, rendant par conséquent sa désinstallation, disons...
délicate.
Qui plus est, l'
EULA
(End-User License Agreement; charte définissant les droits et devoirs
de l'utilisateur d'un logiciel propriétaire) prétend qu'à aucun moment
il ne sera collecté d'information personnelle concernant l'acheteur, ce
qui semble dans ce cas s'apparenter à un voeu pieux.
Enfin,
lorsqu'on voit avec quelle peine un développeur émérite comme Mark
Russinovich a enfin réussi à extirper la vilaine bestiole de sa
machine, on se dit que l'utilisateur moyen d'un PC, s'il parvient à la
localiser, devra s'en accomoder
ad vitam aeternam.
Et ça, ce n'est pas vraiment rassurant...