Annoncée au CES 2026, la technologie de la startup finlandaise Donut Lab semblait trop belle pour être vraie. Avec des promesses de recharge en 5 minutes et une durée de vie de 100 000 cycles, elle a suscité un immense espoir. Aujourd'hui, le retour de bâton est violent : le dirigeant de Svolt, un acteur majeur de l'industrie, qualifie publiquement l'innovation de supercherie, déclenchant une vague de scepticisme mondial.
Pourquoi les promesses de Donut Lab sont-elles remises en cause ?
La première salve d'accusations est purement technique. Selon Yang Hongxin, les chiffres avancés par la startup sont physiquement incohérents. Promettre une densité énergétique de 400 Wh/kg, une charge ultra-rapide équivalente à 12C et une durée de vie de 100 000 cycles relève de l'impossible avec les chimies connues. Ces paramètres sont jugés contradictoires, un point que tout expert du domaine pourrait, selon lui, identifier.
Au-delà de ces chiffres irréalistes, le manque de preuves tangibles alimente la méfiance. Donut Lab évoque une production de masse imminente sans qu'aucune usine ne soit visible. De plus, il n'existe aucune validation indépendante par un organisme certifié. Le seul client annoncé, Verge Motorcycles, est étroitement lié à la startup, créant un circuit fermé d'auto-validation qui sonne comme un immense signal d'alarme pour les observateurs.
L'argument chinois est-il purement géopolitique ?
L'attaque du patron de Svolt est aussi teintée d'une certaine arrogance géopolitique. En affirmant que la technologie chinoise est la plus avancée et que « si la Chine ne peut pas le produire, les entreprises d’autres pays ne le peuvent certainement pas non plus », il défend l'hégémonie chinoise sur le marché. Cet argument d'autorité, bien que discutable, s'appuie sur une réalité : la Chine contrôle près de 90 % de la chaîne de valeur de la batterie solide.
Voir une petite structure finlandaise réussir là où des géants comme CATL ou BYD investissent des milliards de dollars depuis une décennie a de quoi surprendre. L'écart de moyens est abyssal. Donut Lab fonctionnerait avec quelques millions d'euros de financement, un budget dérisoire pour mener à bien une telle percée technologique. La critique, bien que brutale, soulève donc des questions de fond sur la viabilité du projet.
Quels sont les risques si tout cela s'avère faux ?
Si les accusations sont fondées, les conséquences dépasseraient largement le cas de la startup. On assisterait à une répétition du syndrome Theranos, où des promesses technologiques impossibles servent à attirer des capitaux. Le premier dommage serait pour les clients des motos Verge, mais le véritable danger est ailleurs. La crédibilité de la filière européenne de la batterie serait sérieusement entachée.
Chaque euro investi dans une chimère est un euro qui n'ira pas à la recherche sérieuse et prometteuse. Une telle arnaque, si elle est avérée, décrédibiliserait l'effort industriel du continent face au rouleau compresseur asiatique. Jusqu'à preuve du contraire, la charge de la preuve repose désormais entièrement sur Donut Lab, qui doit rapidement présenter des données concrètes pour éviter le naufrage.
Foire Aux Questions (FAQ)
Quelles sont les performances annoncées pour la batterie de Donut Lab ?
La startup finlandaise promet des chiffres impressionnants : une capacité de 33,3 kWh, une autonomie allant jusqu'à 600 km, une recharge complète de 0 à 100 % en seulement 5 minutes et une durée de vie théorique de 100 000 cycles de charge et décharge.
Qui accuse ouvertement Donut Lab d'être une supercherie ?
L'accusation principale vient de Yang Hongxin, le PDG de Svolt, l'un des plus grands fabricants de batteries en Chine. Il qualifie publiquement le projet d'arnaque en se basant sur ce qu'il considère comme des impossibilités techniques et physiques.
Quand la vérité sur cette technologie éclatera-t-elle ?
Le dénouement pourrait être proche. Les premières motos électriques de la marque Verge Motorcycles, censées être équipées de cette nouvelle batterie, sont annoncées pour une livraison d'ici le mois de mars 2026. La livraison, ou non, de ces produits sera un premier élément de réponse concret.