Le Canada, sous l'impulsion du Premier ministre Mark Carney, a annoncé un accord majeur avec Pékin. En échange d'une baisse des taxes sur le canola canadien, Ottawa va réduire ses tarifs sur les voitures électriques chinoises de 100 % à environ 15 %, avec un quota initial. Cette décision stratégique isole Washington et provoque de vives réactions aux États-Unis.
Dirigé par le Premier ministre Mark Carney, le gouvernement libéral a choisi de s'écarter de la ligne dure adoptée par les États-Unis, son allié historique, en matière de commerce automobile.
Ce pacte, négocié à Pékin, marque une nouvelle ère dans les relations sino-canadiennes, après des années de tensions héritées du gouvernement précédent de Justin Trudeau.
Un accord donnant-donnant centré sur l'auto et l'agriculture
Le cœur de l'accord repose sur un échange pragmatique. Ottawa s'est engagé à réduire ses taxes sur les véhicules électriques chinois de 100 % à un taux avoisinant les 15 %.
En contrepartie, la Chine va alléger de manière significative ses propres barrières sur les graines de canola canadiennes (une sorte de colza), un secteur agricole majeur pour le pays, faisant passer les taxes de 84 % à environ 15 %.
Cet assouplissement n'est cependant pas sans limites. Un quota initial de 49 000 véhicules par an a été fixé, qui devrait atteindre 70 000 unités d'ici cinq ans. Mark Carney a justifié cette mesure en soulignant que ce volume représente une part modeste, environ 3 %, du marché automobile canadien.
L'objectif affiché est double : rendre les voitures plus abordables pour les Canadiens et attirer des investissements chinois dans l'industrie automobile nationale.
Washington voit rouge : la colère américaine ne se fait pas attendre
La réaction américaine a été immédiate et sans équivoque. Des hauts responsables de l'administration Trump ont publiquement critiqué la décision canadienne, affirmant qu'Ottawa « regrettera sûrement » cette ouverture.
Le secrétaire américain aux Transports, Sean Duffy, a exprimé son inquiétude depuis une usine Ford, craignant que cette initiative ne donne à la Chine un dangereux point d'entrée sur le marché nord-américain.
Pour les États-Unis, l'enjeu est de taille. Ils maintiennent des tarifs douaniers prohibitifs sur les voitures chinoises pour protéger leurs propres constructeurs et travailleurs.
Le représentant au Commerce, Jamieson Greer, a qualifié la décision de « problématique », tout en assurant que ces véhicules ne pourraient pas pénétrer le marché américain, notamment en raison de règles strictes sur la cybersécurité des systèmes embarqués.
La tension est palpable, et le sénateur de l'Ohio Bernie Moreno a même juré qu'« il n'y aura pas de véhicules chinois vendus aux États-Unis ».
Une nouvelle doctrine diplomatique pour le Canada ?
Ce revirement stratégique illustre la volonté du gouvernement Carney de se différencier de l'ère Trudeau, dont la politique envers la Chine était jugée plus belliqueuse, notamment sur la question des minéraux critiques.
En coulisses, cette décision est le fruit d'une révision discrète de la politique tarifaire, lancée en réponse aux taxes punitives chinoises qui avaient paralysé l'industrie du canola.
Mark Carney lui-même a décrit la Chine comme un partenaire « plus prévisible » que les États-Unis sous l'administration actuelle. Si le Premier ministre a rappelé que les deux pays ont des systèmes de valeurs différents, notamment sur les droits humains, il a insisté sur la nécessité de coopérer sur des intérêts communs.
Cette approche pragmatique pourrait signaler une nouvelle doctrine pour le Canada, cherchant à diversifier ses alliances économiques à une « époque de perturbation du commerce mondial ». L'avenir dira si ce pari s'avère gagnant ou s'il isole davantage le pays de son plus proche allié.