Le constructeur Ford annonce le lancement de sa technologie de conduite autonome de niveau 3 pour 2028. Prévu initialement sur un futur pick-up électrique à 30 000 dollars, ce système permettra aux conducteurs de quitter la route des yeux sur autoroute.
Une stratégie ambitieuse visant à démocratiser l'autonomie face à Tesla et aux constructeurs chinois, tout en intégrant une intelligence artificielle avancée.
Une démocratisation audacieuse de l'autonomie
Historiquement, les innovations de rupture dans l'automobile suivent une cascade descendante, débutant sur les modèles de prestige avant d'atteindre le grand public.
Ford a décidé de renverser cette table en annonçant que son futur système "eyes-off", permettant de ne plus regarder la route dans certaines conditions, ne sera pas réservé à une élite.
Le constructeur de Dearborn prévoit d'intégrer cette technologie directement sur sa prochaine plateforme de véhicule électrique à grand volume. Le premier modèle concerné devrait être un pick-up de taille moyenne, affiché autour de 30 000 dollars, dont la sortie est programmée pour 2027.
Cette approche tranche radicalement avec celle de concurrents comme Mercedes-Benz ou General Motors, qui réservent pour l'instant ces fonctionnalités à des modèles dépassant largement les 100 000 dollars.
Pour sa part, Ford entend mettre la technologie là où se trouve le volume pour rentabiliser les investissements colossaux consentis ces dernières années.
Le pari technique de l'équipe "Skunkworks"
Pour parvenir à ce résultat, Ford s'appuie sur une équipe spécialisée basée en Californie, fonctionnant en mode "skunkworks" pour développer une architecture totalement nouvelle, baptisée UEV (Universal EV Platform).
L'enjeu n'est pas seulement logiciel ; il s'agit de réduire drastiquement la complexité industrielle, avec 20 % de pièces en moins par rapport à un véhicule traditionnel.
Doug Field, transfuge d'Apple et de Tesla, pilote cette stratégie qui vise à commoditiser la conduite autonome de niveau 3. Contrairement à certaines approches purement basées sur des caméras, Ford compte utiliser des capteurs Lidar pour garantir la sécurité du système "eyes-off", tout en maîtrisant les coûts grâce à un développement interne.
C'est une course contre la montre qui s'engage face aux constructeurs chinois et à Tesla, où la capacité à proposer ces services sous forme d'abonnement ou d'option abordable sera déterminante pour la viabilité économique du projet.
Un cerveau numérique dopé à l'IA
Au-delà de la simple navigation, Ford entend transformer l'expérience utilisateur en intégrant un véritable assistant personnel au cœur de l'habitacle. Prévu pour 2026 sur mobile puis nativement dans les véhicules en 2027, cet assistant reposera sur une intelligence artificielle capable de comprendre le contexte spécifique du véhicule.
L'idée n'est pas d'avoir un simple chatbot générique, mais un outil capable, par exemple, d'analyser une photo de remorque pour confirmer sa compatibilité avec le camion ou d'estimer le volume de chargement disponible.
Cette centralisation des fonctions, regroupant l'infodivertissement et les aides à la conduite dans un module unique performant, promet des véhicules plus cohérents et évolutifs. Reste à voir si cette promesse technologique suffira à convaincre les marchés et les consommateurs d'ici l'échéance fatidique de 2028.