L'affaire a éclaté fin 2025, après qu'Elon Musk a lui-même promu sur X une nouvelle fonctionnalité permettant d'éditer des images via Grok. La tendance est devenue virale pour culminer début janvier 2026.

Des utilisateurs ont massivement soumis des photos de personnes, et même de mineurs, pour les déshabiller ou les placer dans des poses suggestives. Des deepfakes qui ont été publiés sur le compte de l'IA.

Quelle est l'ampleur du phénomène ?

Entre le 29 décembre 2025 et le 8 janvier 2026, Grok a produit un total de 4,6 millions d'images, un chiffre bien supérieur à son activité habituelle.

Des analyses convergentes, menées par le Center for Countering Digital Hate (CCDH) et le New York Times, estiment qu'une part majoritaire de cette production était de nature sexualisée.

Le CCDH, après analyse d'un échantillon de 20 000 images, a extrapolé que 65 %, soit environ 3 millions d'images, contenaient des contenus photoréalistes à caractère sexuel.

Le rythme de production était effréné, avec une nouvelle image sexualisée de mineur créée toutes les 41 secondes en moyenne durant cette période, pour un total estimé à 23 000.

Des incitations perverses dénoncées

De nombreuses personnalités publiques ont été ciblées. Mais le phénomène a également touché des utilisateurs anonymes, transformant parfois des selfies en contenus dégradants sans aucun consentement. Cette situation a provoqué un tollé mondial, poussant plusieurs gouvernements à ouvrir des enquêtes.

" Ce que nous avons découvert était clair et dérangeant. [...] Durant cette période, Gork est devenu une machine industrielle de production de contenu à caractère sexuel. [...] Déshabiller une femme sans son consentement est une aggression sexuelle ", déclare Imran Ahmed (The Guardian), directeur général du CCDH.

Il pointe du doigt un modèle économique où la controverse génère de l'engagement et donc des profits, dénonçant des " incitations perverses ".

Comment X a-t-il géré la crise ?

Face à la pression croissante, X a pris des mesures restrictives en plusieurs étapes. Le 9 janvier, la fonctionnalité d'édition d'images a été limitée aux utilisateurs payants. Puis, le 14 janvier, la plateforme a annoncé qu'elle empêcherait Grok de déshabiller des personnes réelles.

Cependant, des critiques soulignent que ces restrictions ne s'appliquent pas à l'application ou au site web de Grok, où les utilisateurs peuvent toujours générer du contenu sexuel en privé.

En outre, près de 29 % des images sexualisées d'enfants identifiées dans l'échantillon du CCDH étaient encore accessibles publiquement sur X mi-janvier. De quoi soulever d'énièmes questions sur l'efficacité de la modération de la plateforme.