Surveillance des réseaux P2P, des sites de stockage ( direct download ), de streaming voire des échanges de la main à la main ( clé USB ou disque dur ). Pour certains internautes, c'est la psychose Hadopi. Ils imaginent que la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet est partout.

Ces internautes ne sont pas les plus nombreux, mais d'après une enquête du Groupement d'Intérêt Scientifique M@rsouin de l'Université de Rennes ( PDF ), les internautes interrogés " surestiment les pratiques surveillées par la Hadopi qui peuvent faire l'objet d'un avertissement ".

Pour preuve, 68 % d'entre eux pensent que le téléchargement sur des sites de stockage est actuellement surveillé par la Hadopi, alors qu'il ne s'agit que des technologies de P2P. Ils sont 12 % à penser que les échanges de la main à la main sont surveillés, tandis que 15 % avouent baigner dans l'ignorance.

Le mécanisme de réponse graduée ( expliqué sur le site Hadopi.fr ) est lui aussi relativement méconnu.

" Alors que 58 % des internautes français déclarent connaître le dispositif de la Hadopi, seulement 7 % en ont effectivement une connaissance parfaite ( c'est-à-dire qu'ils savent que seuls les échanges de pair à pair peuvent être détectés et que la sanction intervient au troisième avertissement ) "

, note l'étude.

Hadopi-reponse-gradueeQui plus est, la perception du risque d'être détecté en cas de téléchargement illégal est élevée, et va de pair avec la mauvaise connaissance de l'Hadopi.

En moyenne, les internautes interrogés évaluent à 36 % la probabilité de recevoir un avertissement de la Hadopi lorsqu'ils effectuent un téléchargement illégal. Dans le panel des internautes qui ont participé à l'étude, seulement 2,7 % d'entre eux ont toutefois reçu un avertissement.

Une conclusion se dégage : " les individus connaissant parfaitement le dispositif de la Hadopi estiment que le risque de détection est plus faible que ceux qui connaissent mal ce dispositif ".

Finalement, méconnaître la Hadopi est presqu'un atout pour cette dernière car cela amplifie la peur du gendarme.

L'étude a été réalisée en mai 2012 auprès d'un échantillon représentatif de 2 000 internautes français.