Coup d'arrêt pour Albert: l'expérimentation de l'intelligence artificielle générative développée par l'État français pour ses agents publics connaît un premier revers significatif. Testé dans 48 maisons France Services, cet outil devait aider les conseillers à répondre plus vite et mieux aux demandes des citoyens.

L'ambition était claire : un déploiement à grande échelle dès 2025. Mais la réalité du terrain a eu raison de cette première version.

Pourquoi l'expérimentation initiale a-t-elle été stoppée ?

La décision a été officialisée par la Dinum : l'outil ne sera pas généralisé "dans sa forme actuelle". Le verdict est tombé après une phase de test aux résultats contrastés. Plusieurs organisations syndicales ont rapidement tiré la sonnette d'alarme, pointant du doigt des dysfonctionnements techniques récurrents et, plus grave encore, des réponses tout simplement erronées.

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Le principe de l'assistant se voulait pourtant rassurant. L'agent posait une question, Albert cherchait la réponse dans une base documentaire jugée fiable, puis générait une proposition rédigée en citant ses sources. Mais lorsqu'il s'agit de droits sociaux ou de procédures administratives, la moindre approximation peut avoir des conséquences directes pour l'usager. Face à ces critiques sur la fiabilité, la prudence l'a emporté.

Le projet Albert est-il définitivement enterré ?

Loin de là. Cette marche arrière n'est pas un abandon, mais une réorientation stratégique. La Dinum insiste sur un point crucial : "la majorité des projets expérimentaux regroupés sous la marque Albert sont désormais pérennisés". En réalité, le projet mute. Le socle technique, Albert API, fonctionne comme une "multiprise" souveraine permettant aux administrations de se brancher à différents modèles de langage, notamment ceux du champion français Mistral.

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Cette évolution a déjà un nom : "Assistant IA". Il s'agit d'une version plus robuste, issue du projet "Albert Conversation", qui intègre désormais les technologies de Mistral. L'objectif est de fournir aux fonctionnaires une alternative sécurisée et française à des outils comme ChatGPT ou Gemini, limitant ainsi le recours à des solutions externes jugées moins protectrices des données.

Quelle est la nouvelle feuille de route pour l'IA de l'État ?

La nouvelle stratégie est déjà en marche: l' "Assistant IA" est actuellement en phase d'expérimentation auprès de 10 000 agents publics au sein de divers ministères, et ce jusqu'en juin 2026. Les cas d'usage sont concrets : fluidifier des procédures judiciaires, assister les enseignants-chercheurs dans leurs appels à projets, ou encore simplifier la gestion administrative. Cette nouvelle version se veut donc plus polyvalente que l'outil initialement testé en guichet.

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Un bilan complet de cette expérimentation à grande échelle est attendu pour l'été 2026. Il s'agira non seulement d'évaluer la performance de cette IA, mais aussi de chiffrer précisément le coût d'une généralisation à toute l'administration. En parallèle, la Dinum travaille déjà sur un nouvel outil spécifiquement pensé pour les besoins des maisons France Services, preuve que le faux départ d'Albert n'a fait que renforcer l'ambition de l'État en matière d'intelligence artificielle souveraine.

Foire Aux Questions (FAQ)

Qu'est-ce que l'assistant IA Albert ?

Albert est le nom donné à une série d'outils d'intelligence artificielle développés par l'administration française. La première version, "Albert France Services", visait à aider les agents de guichet. Après son échec, le projet a évolué vers "Assistant IA", une version plus polyvalente utilisant la technologie de Mistral et testée à plus grande échelle.

Pourquoi la première version d'Albert a-t-elle échoué ?

L'expérimentation a été stoppée en raison de problèmes de fiabilité. Des syndicats ont rapporté de nombreux dysfonctionnements techniques et, surtout, des réponses factuellement incorrectes fournies par l'IA, ce qui est inacceptable pour des démarches administratives officielles.

Quel est le rôle de Mistral dans ce projet ?

Mistral, leader français de l'intelligence artificielle, fournit les modèles de langage qui équipent la nouvelle version du projet, baptisée "Assistant IA". Ce partenariat vise à créer un outil plus performant, sécurisé et souverain pour les agents de l'État.