L'annonce est tombée et elle va redessiner le quotidien de milliers d'élèves. Emmanuel Macron a acté l'extension de l'interdiction du téléphone portable au lycée dès septembre 2026. Si la mesure semble radicale, elle s'inscrit dans la continuité d'une loi déjà appliquée au collège depuis 2018 et d'une volonté politique plus large de "pause numérique" pour la jeunesse française.

Que dit la loi actuelle sur les portables à l'école ?

Contrairement à une idée reçue, l'interdiction de l'usage du téléphone portable n'est pas une nouveauté absolue. Depuis la loi du 3 août 2018, le Code de l'éducation est formel : son utilisation est proscrite dans l'enceinte des écoles et des collège. Concrètement, un élève peut posséder son appareil, mais ce dernier doit impérativement rester éteint et rangé dans son sac.

Ce cadre juridique prévoit bien sûr des exceptions, notamment pour les élèves en situation de handicap ou pour des usages pédagogiques stricts et encadrés par un enseignant. En cas d'infraction, les sanctions peuvent aller de la simple punition scolaire à la confiscation de l'appareil jusqu'à la fin de la journée d'école, avant sa restitution.

Pourquoi l'application reste-t-elle si compliquée sur le terrain ?

Sur le papier, la règle est claire. Dans les faits, sa mise en œuvre est une autre histoire. Le dispositif "Portable en pause", expérimenté dès 2024, visait à matérialiser cette interdiction via des casiers ou des pochettes verrouillées. Mais l'initiative se heurte à des obstacles majeurs et à une réalité complexe, car l'omniprésence du smartphone change la donne.

Une enquête du syndicat SNPDEN-Unsa a révélé un chiffre parlant : à peine 8,5% des établissements appliquaient réellement le dispositif. En cause : un coût exorbitant, estimé jusqu'à 15 000 euros par collège, et des contraintes logistiques (files d'attente, responsabilité en cas de casse) qui découragent fortement les personnels de direction.

Quels sont les vrais changements attendus pour 2026 ?

Le véritable tournant de 2026 est donc l'alignement du lycée sur le régime déjà en place pour les plus jeunes. Dès la rentrée scolaire de cette année-là, l'interdiction sera totale, "de la cloche à la cloche". Cette mesure s'intègre dans un projet de loi plus vaste qui ambitionne aussi d'instaurer une majorité numérique à 15 ans pour l'accès aux réseaux sociaux.

Le gouvernement justifie ce tour de vis par plusieurs objectifs clairs : la lutte contre le cyberharcèlement, la réduction des troubles du sommeil et la limitation de l'exposition des jeunes à des contenus inappropriés. En filigrane, il s'agit aussi de recentrer les élèves sur leurs études et de renforcer l'exigence en vue du baccalauréat.

Foire Aux Questions (FAQ)

L'interdiction du portable au lycée s'appliquera-t-elle aussi pendant les pauses ?

Oui, la déclaration d'Emmanuel Macron est sans équivoque : "De la cloche à la cloche". L'interdiction couvrira donc les salles de classe, mais aussi la cour de récréation, la cantine et tous les espaces de l'établissement durant le temps scolaire.

Qu'en est-il de l'accès aux réseaux sociaux ?

Le projet de loi vise à fixer une "majorité numérique" à 15 ans. Cela interdirait de fait l'inscription sur les plateformes comme TikTok ou Instagram pour les plus jeunes collégiens et les élèves de seconde n'ayant pas atteint cet âge.

Comment cette interdiction sera-t-elle contrôlée ?

Les modalités pratiques du contrôle des téléphones seront définies dans le règlement intérieur de chaque lycée. Pour ce qui est des réseaux sociaux, c'est l'Arcom (l'autorité de régulation) qui sera chargée de veiller à ce que les plateformes appliquent la loi.