Pour une fois, ce n’est pas Xavier Niel qui a de nouveau donné un coup dans la fourmilière mais Maxime Lombardini, le directeur général d’Illiad lors d’une rencontre organisée par l’ARCEP orientée vers la répartition de la valeur dans la filière des télécoms.

Maxime Lombardini Le directeur est ainsi resté sur ses positions et relancé le débat : «  Il faut qu’il y ait une égalité de traitement entre les grands acteurs, essentiellement Américains, et les opérateurs et éditeurs de chaines français. »

Voilà qui relance ainsi l’affaire qui oppose Google aux différents opérateurs français et plus généralement la chaine de valeur entre les opérateurs et les services Over The Top (OTT).

Maxime Lombardini poursuit : « A chaque fois qu’on lance un service, on se retrouve avec un décret des obligations réglementaires, des taxes, des quotas… Quant iTunes lance la même chose depuis le Luxembourg, on ne lui demande rien. »

En clair, les opérateurs français seraient perdants face aux OTT dans la mesure ou les engagements et mesures nécessaires à leur activités ne pèsent presque que du côté du fournisseur d’accès sans aucune contrepartie financière.

La situation est évidente pour Free, qui indique que ces acteurs «  qui rentrent sur nos réseaux avec des produits de qualité, viennent déséquilibrer toute l’économie. On a un flux asymétrique avec des volumes considérables. »

L’idée est alors relancée d’imposer «  une petite contribution » aux opérateurs pour la bande passante utilisée. Pas question pour autant de se servir de cette taxe pour limiter l’influence de ces OTT sur les marchés : «  Nos abonnés ne nous le permettraient pas et ne nous le pardonneraient pas. On a une stratégie qui n’exclue personne, dans une logique des partages des revenus ou d’achat d’un tarif en gros. »

« Quand on fait de la TV de rattrapage avec Canal +, on met en place une économie réciproque avec des flux et des serveurs cofinancés par le groupe Canal+ pour qu’il y ait un service de qualité. Il y a dont intérêt aux deux parties, pour que les abonnés aient au bout un accès parfait au réseau. »

Un exemple avancé qui appuie le propos de Free, mais qui, dans la logique est inadapté à la question particulière de YouTube puisque dans le cas de Canal + , les abonnés paient un accès au service en contrepartie duquel le prestataire s’engage à une certaine qualité de service et de résultats. Or la majorité des accès de Youtube sont gratuits et Google ne s’engage à aucun moment sur l’accessibilité du contenu stocké sur ses serveurs.

Malheureusement, l’issue du débat pourrait une nouvelle fois se répercuter sur les abonnés puisque le constat de Maxime Lombardini laisse peu de place aux négociations : «  Les opérateurs télécoms ne peuvent durablement financer ce trafic qui concerne des millions d’abonnés. » « On ne peut pas avoir une consommation sans limite de bande passante ou de flux sans avoir de conséquences pour l’opérateur qui produit le service. »

Une dernière phrase qui soulève alors une nouvelle question : Faut-il envisager la fin des accès à Internet en illimité si les services OTT ne contribuent pas financièrement auprès des opérateurs ? C’est l’une des solutions déjà abordées lors des premiers gros affrontements entre Free et Google l’année dernière.

Source : Univers Freebox