Plusieurs géants américains de la technologie, dont Intel, AMD et Texas Instruments, ainsi que le distributeur Mouser Electronics, sont visés par une série de cinq poursuites judiciaires déposées au Texas.

Initiées par des victimes ukrainiennes, ces actions en justice allèguent que les puces électroniques de ces entreprises se retrouvent au cœur de l'arsenal russe, guidant missiles et drones contre des cibles civiles.

Une négligence aux conséquences dramatiques

Les plaintes, portées par un collectif d'avocats mené par Mikal Watts, accusent les entreprises de « négligence grave » et de « dissimulation frauduleuse ».

Selon les plaignants, bien que les ventes directes à la Russie soient interdites par les sanctions américaines, ces sociétés auraient fait preuve d'une "ignorance délibérée" en laissant leurs produits être acheminés via des intermédiaires et des sociétés écrans.

Drone russe 02

Les conséquences de cette chaîne d'approvisionnement parallèle sont tragiques. Les actions en justice représentent des dizaines de victimes, tuées ou blessées dans des attaques précises, comme celle sur un hôpital pédiatrique à Kyiv.

Les débris d'armes russes, notamment des missiles de croisière KH-101 et des drones iraniens, ont révélé la présence systématique de composants fabriqués par les firmes américaines.

La défense des entreprises face aux accusations

Face à ces graves accusations, la position des entreprises reste ferme. Elles affirment se conformer scrupuleusement à toutes les sanctions et lois d'exportation en vigueur.

Dans des déclarations antérieures, elles ont souligné avoir cessé toute activité commerciale en Russie dès le début du conflit et mettre en place des politiques strictes pour garantir que leurs clients et distributeurs respectent ces mêmes règles.

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Texas Instruments, par exemple, a déjà déclaré au Congrès américain "s'opposer fermement à l'utilisation de ses puces dans du matériel militaire russe", qualifiant de tels acheminements d'"illicites et non autorisés".

Le distributeur Mouser Electronics, filiale de Berkshire Hathaway, a quant à lui indiqué qu'il répondrait aux allégations devant les tribunaux, respectant le processus judiciaire.

Quel avenir pour le contrôle des exportations ?

Cette affaire soulève une question cruciale : la responsabilité des fabricants s'arrête-t-elle à la vente initiale ? Les plaignants soutiennent que non, arguant que les entreprises ont le devoir de prendre des mesures raisonnables pour empêcher que leurs produits ne finissent entre de mauvaises mains.

L'avocat Mikal Watts a clairement indiqué que l'un des objectifs principaux est de « mettre dans l'embarras » ces sociétés pour les forcer à agir.

Le gouvernement américain a déjà averti les fabricants de puces qu'ils devaient en faire plus pour endiguer ce flux technologique. Ces poursuites, bien que basées sur le droit de l'État du Texas, pourraient créer un précédent et forcer l'industrie à repenser en profondeur la traçabilité et le contrôle de ses chaînes de distribution mondiales.