Quand Google a voulu racheter les brevets sur des technologies mobiles de l'équipementier canadien Nortel Networks pour étoffer la faible propriété intellectuelle protégeant alors sa plate-forme mobile Android, le consortium Rockstar (sans rapport avec l'éditeur de jeux vidéo) formé de sociétés comme Apple, Microsoft, BlackBerry, Ericsson ou Sony, lui a fait barrage en choisissant de les racheter à un prix exorbitant de 4,5 milliards de dollars.

Cet épisode a déclenché une frénésie d'acquisition de brevets mobiles alors que les plaintes pour violation de brevets continuaient de pleuvoir dans l'industrie mobile, et quelques mois plus tard, Google annonçait le rachat de Motorola Mobility et de ses brevets pour un peu plus de 12 milliards de dollars.

Android-logoDiscret depuis ce morceau de bravoure, le consortium Rockstar vient de lancer une vaste offensive en déposant aux Etats-Unis huit plaintes pour violation de brevets contre Google et sept fabricants de terminaux Android : Asus, HTC, Huawei, LG Electronics, Pantech, Samsung et ZTE.

Ars Technica rapporte que six brevets de la même famille sont utilisés dans la plainte contre Google, portant sur le fonctionnement du moteur de recherche et de l'affichage de publicités contextuelles, et dont le plus récent a été soumis en 2007 et validé en 2011. selon le consortium Rockstar, Google aurait été prêt à proposer 4,4 milliards de dollars pour les obtenir, sans succès, et les aurait depuis malgré tout utilisés frauduleusement.

Concernant les plaintes touchant les fabricants de terminaux, les brevets portent sur des éléments généraux des smartphones et des tablettes et contribuent à cibler divers produits mobiles chez les fabricants de terminaux Android. Ars Technica note cependant que Rockstar, avec ses experts du reverse-engineering, a un fonctionnement proche de ces patent trolls dont l'activité est assez sévèrement critiquée ces derniers temps, à la différence qu'il est contrôlé par de grands groupes qui n'auraient ainsi pas à se salir les mains directement.

Il semblerait bien que l'heure soit venue de faire quelque chose de ces brevets Nortel acquis chèrement et de mettre de nouveau des bâtons dans les roues de l'écosystème Android. Google a régulièrement dénoncé le comportement de ses concurrents, accusés d'alimenter la guerre des brevets en détournant ces derniers de leur objet premier (la défense de l'innovation) et a même directement porté plainte contre le groupe British Telecom en l'accusant de fournir des brevets aux patent trolls.

Source : Ars Technica