RSFComme nous vous en informions, RSF a organisé de mercredi à jeudi, une cybermanifestation dans le cadre de sa Journée pour la liberté sur Internet qui aurait dû être placée sous le patronage de l'Unesco*. Elle ne l'aura finalement pas été. L'institution a préféré se retirer, sans doute en désaccord avec le militantisme trop prononcé de RSF. D'accord sur le " principe de cette journée " mais moins sur les différentes manifestations organisées à cette occasion, a indiqué l'Unesco à RSF qui voit d'autres raisons à ce désistement de dernière minute.


RSF critique vertement l'Unesco
C'est la publication d'une liste de 15 Etats dits " ennemis d'Internet " qui aurait mis le feu aux poudres. Les pays pointés du doigt ont ainsi été : Arabie Saoudite, Bélarus, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Ethiopie, Iran, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan, Viêt-nam et Zimbabwe. Pour RSF, c'est sous la pression de ces pays que l'Unesco a fini par céder.

" L'Unesco a fait preuve d'une grande lâcheté à l'heure où les Etats qui ont obtenu qu'elle se déjuge ainsi continuent à emprisonner des dizaines d'internautes. (...) Il semble que nous soyons revenus vingt années en arrière, à l’époque où les régimes autoritaires faisaient la pluie et le beau temps. (...) Que l'Unesco se soit ainsi déculottée témoigne de l'importance de cette journée et de la mobilisation contre les Etats censeurs ", a déclaré Reporters sans frontières.

RSF a pris à partie le gouvernement français en lui demandant de " ne pas rester silencieux devant une mesure prise sous la pression de régimes autoritaires qui lui infligent un véritable camouflet ". C'est en effet sur proposition du gouvernement français que l'Unesco avait apporté son patronage. RSF rappelle enfin qu'au moins 62 cyberdissidents sont emprisonnés dans le monde et que plus de 2 600 sites Web, blogs ou forums de discussion ont été fermés ou rendus inaccessibles en 2007.

* Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture.